Jeu de rôle grandeur nature et Education (partie 1)

Publié le mercredi 20 mars 2013 dans Articles,Slide

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Le but de ces quelques lignes n’est pas de faire un exposé à mi-chemin entre la discussion de comptoir et les sciences de l’Éducation, mais de proposer des éclairages factuels sur notre loisir au regard des intentions ou des portées éducatives qu’on lui fait parfois lourdement porter à tort ou à raison.

Quelques définitions tout d’abord. Ou plutôt quelques éléments pour cerner au mieux les notions d’Éducation puis de jeu de rôle grandeur nature (GN).

Définir l’Éducation est un chantier que je ne souhaite pas entamer ici, d’autres et des plus compétents s’y sont cassé les dents depuis des siècles. Selon l’angle d’approche que l’on prend (Sciences de l’Éducation, Philosophie, Psychologie, Sociologie, Histoire, …) on peut y mettre à peu près tout et son contraire. De manière consensuelle et somme toute assez classique, je prendrai comme point de départ ce qui est proclamé dans la Déclaration Universelle des droits de l’homme : « l’Éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales…[1] ». Oui, certes, c’est un peu pompeux et cela ne fait pas avancer le schmilblick dans le sens où cela ne définit pas vraiment ce qu’est l’Éducation mais seulement ce vers quoi elle doit tendre.  Étant enseignant moi-même et pour avoir planché sur le sujet, définir le concept est assez « casse-gueule », je prendrai volontairement un début de réponse, incomplet certes, mais assez proche de l’idée que je me fais personnellement de l’Éducation, il est assez éloigné du champ éducatif et c’est au final très bien. « L’éducation n’est, pour Henry Bordeaux, en somme, que l’art de révéler à l’être humain le sens intime qui doit gouverner ses actes, préparer l’emploi de ses énergies et lui communiquer le goût et la force de vivre pleinement.[2] ». C’est à la fois assez vaste, très imprécis mais porteur de tant de possibles. L’idée qui me semble principale est que l’Éducation est un processus complexe destiné à préparer au mieux celui qui en profite pour vivre pleinement et le mieux possible l’ensemble des situations de la vie. Cela englobe donc un ensemble d’informations, des savoirs (être, faire, vivre) transmis à l’éduqué pour que celui-ci soit « outillé » pour choisir, façonner et vivre au mieux sa vie. Il est à noter et nous y reviendrons que ne sont spécifiés ni les temps que dure cette éducation, ni les méthodes employées, et encore moins les structures ou personnes en charge de celle-ci. Il est bien important de garder en tête ici le fait qu’un des éléments fondamentaux de ce processus est qu’il n’y a pas un temps fini pour la mettre en place ou en bénéficier. Michelet répondait à sa propre interrogation en ces termes  « Combien de temps l’éducation dure-t-elle ? Juste autant que la vie[3] ».

Quant à la définition du Jeu de rôle Grandeur Nature (GN), elle est, elle aussi, au final assez problématique au regard de la diversité des pratiques qu’elle rassemble non seulement au niveau national mais aussi au niveau international. Sous la bannière française de « GN » sont rassemblées des pratiques radicalement différentes au niveau de leurs formats de jeu, de styles de jeu, de type de public concerné, de mécanismes ludiques proposés et d’ambitions des organisateurs. Pour des raisons sentimentales et de complémentarité, j’ai pris l’habitude de combiner deux définitions plus ou moins « institutionnelles », j’ai volontairement mis en gras les éléments importants selon moi.

La première de ces définitions de toute façon imparfaites est celle de la web série humoristique « GN de merde » :

« Activité ludique organisée autour d’un scénario offrant à de grands enfants la possibilité d’incarner jedi, mages, pirates ou autres gobelins le temps d’un week-end. ».

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La seconde est celle de la très sérieuse et unanimement écoutée et vénérée Fédération Française de Jeu de rôle Grandeur Nature (FFJDRGN) :

« C’est un jeu : les participants sont là pour le plaisir, on distingue nettement les débuts et fins de parties, il existe des règles du jeu.

On y  joue un rôle : dans ce jeu, les participants incarnent des personnages définis, et improvisent dans un cadre préparé (le scénario).

Dans un contexte Grandeur Nature : le jeu ne s’appuie pas exclusivement dans l’imaginaire, il est incarné par les joueurs et matérialisé par des costumes, décors et accessoires, le tout dans un environnement spécifique préparé pour l’activité. »

Le Jeu de rôle grandeur nature est à ranger dans le cadre des activités de loisir. Aujourd’hui, en France, il n’existe pas de joueurs professionnels de jeu de rôle grandeur nature et, à ma connaissance, les personnes ayant une activité professionnelle centrée uniquement autour du GN ne sont que de très rares exceptions. Ce qui s’est transformé pour certains en business dans d’autres pays Francophones (Belgique, Canada) reste et demeure majoritairement en France un loisir au même titre que le macramé ou les échecs. Ce temps libre est, comme le souligne Yonnet, « une quantité de temps libre affranchie du temps obligé[4] ».

S’il existe des moments et des lieux privilégiés où l’Éducation et plus précisément les apprentissages, sont le centre des relations entre les individus (l’Enfance, la famille, l’École) ; heureusement pour nous, il existe des lieux moins formels, moins attendus, où ce que nous vivons, ressentons, nous fait évoluer et nous transforme au moins tout autant. Que ce soit au travail, dans les transports en commun, à l’occasion des voyages[5] ou plus généralement durant nos loisirs, nous sommes tous amenés, quels que soient nos âges ou nos expériences personnelles, à nous enrichir. Reste à identifier la valence des transformations induites, des apprentissages réalisés quand il y en a. S’ils le sont dans le sens d’une meilleure adaptation du sujet à son environnement pour qu’il puisse « vivre pleinement », alors on peut dire qu’au regard de la société actuelle une certaine éducation a été mise en œuvre. Chacun remarquera bien évidement la subjectivité et la difficulté à définir la notion de « vivre pleinement ». C’est évolutif et très disparate non seulement dans le temps (il y a 10, 100, 1000 ans), mais aussi dans l’espace (en Papouasie Orientale, au Groenland, dans le Larzac, …).

Il est tout de même nécessaire de préciser que sous le vocable « GN » se cache, tout du moins dans l’esprit de cette réflexion, toute une palette d’activités « GNistiques » qui vont bien au-delà du « simple » temps passé entre le début du GN annoncé par les organisateur (le fameux « time in ») et la fin décrétée de celui-ci (le « time out »). Ces différents temps, ce qu’ils peuvent mettre en jeu du point de vue de l’Éducation et ce que cela implique, sont le sujet de la première partie de l’exposé.

I Le GN en tant que tranche de vie. / L’Education par le GN

Chacun d’entre nous participe à ce processus tour à tour en tant qu’initiateur ou en tant que bénéficiaire et ce, tout au long de notre vie. Qu’en est-il de ce temps particulier qui s’articule autour du GN ? Est-il de fait « éducatif » ? En quoi et comment peut-il participer à ce grand processus humaniste et humanisant. Pour paraphraser Maurice Baquet à propos du Sport[6], bon nombre de personnes pensent que le GN a des vertus et que ces vertus s’enseignent, le GN n’est pas éducatif en soit, il le devient.

Le « temps GN » est plus que ces quelques heures / jours passés en costumes à jouer. Il y a un avant et un après qui sont eux aussi, des temps où potentiellement, de « l’éducatif » peut apparaitre inopinément ou intentionnellement. L’exemple du projet de l’association Loisirs Jeunes en Créonnais qui a mis en place un grand chantier sur plusieurs mois (12) avec en ligne de mire, un GN créé et ayant pour vocation à être renouvelé annuellement (le premier a eu lieu durant l’été 2010). Cette initiative éducative sous tendue par un projet pédagogique argumenté et une solide expérience gnistique de la part des porteurs du projet a permis de mettre en lumière toutes les phases de la préparation d’un grandeur nature et de mettre à profit ces différentes phases pour permettre aux jeunes inscrits de s’impliquer dans tout un tas d’activités où savoirs (règles de jeu, formalisation ou reformulation écrite de l’univers mis en place, …), savoir-faire techniques (couture, bricolage, théâtre etc…) furent activés de concert avec des savoir-être permettant travail en groupe et respect de l’autre.

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Si au détour du projet éducatif[7] de la structure il est facile d’identifier les thèmes chers à l’Éducation populaire[8], la découverte de centres d’intérêts en dehors des activités classiques de consommation, l’accès à l’autonomie et la mise en pratique d’une véritable activité citoyenne (qui sont en soit des éléments éducatifs fort à mon sens et en lien direct avec les définitions de l’introduction) ; ceux-ci sont non seulement intégrés avec pertinence dans la mise en place et la réalisation de ce projet spécifique autour du GN, mais ils sont complétés par des ateliers ou des activités propédeutiques à la pratique du GN. « L’univers du GN » a servi de base, de prétexte, à tout un tas de mises en situation où les adolescents furent à la fois acteurs, spectateurs et ce collectivement. L’enjeu éducatif prôné par l’association se situe ici bien au-delà du GN lui-même.[9]

Dans une démarche d’éducation plus institutionnalisée. Des expériences scandinaves tentent de  placer « l’activité GN » au cœur même du système éducatif institutionnel et d’en faire une méthode pédagogique à part entière. C’est évidemment tentant lorsque l’on est professionnel de l’éducation et pratiquant de GN, d’essayer de mettre en place des ponts entre ces deux activités. De telles mises en œuvre pédagogiques sont pour le moment impensables en France, les propositions de Dewey[10] et de Rogers[11] ont déjà bien du mal à passer.

En regardant de plus près l’exemple donné par l’école Østerskov Efterskole au Danemark, on note que les instigateurs du projet précisent bien que cet aménagement pédagogique et didactique sous forme d’unités narrées (narratives units) fonctionne dans un certain cadre (typologies d’élèves, lieu, appétences de l’équipe enseignante, …) et qu’il serait possible mais difficile de le reproduire à l’identique ailleurs. L’utilisation de jeux (games) et de techniques d’enseignement jouées (role playing teaching) permet non seulement d’emporter l’adhésion des élèves au processus d’apprentissage, d’entretenir la motivation tout au long de celui-ci, mais aussi de donner une grande marge d’adaptabilité à l’équipe enseignante. Les apprentissages formels réalisés dans ce cadre à la fois original mais nécessairement régi académiquement par les exigences d’acquisitions formalisées par le ministère de l’Éducation danois sont soumis à des évaluations régulières comme dans toute structure scolaire classique. Les modalités et les formes de ces évaluations sont thématisées et immergées dans le « Grand Tout » que constitue cette méthode pédagogique. Il ne faut pas se leurrer, « s’inspirer » de ce qui se passe dans les GN n’est qu’une ruse pédagogique dans la grande majorité des cas pour arriver à faire passer des contenus disciplinaires ou des notions académiques qui, avec les méthodes « classiques », butent sur la démotivation des élèves. Ces « méthodes pédagogiques[12] » trouvent un écho favorable dans les pays scandinaves non seulement à cause de l’investissement réflexif et de l’engagement militant des gnistes locaux mais aussi, et peut être surtout, à cause de la très forte sensibilisation et à l’engouement des scandinaves (des finlandais en particulier) pour les méthodes actives[13].

Si par contre on fait fi de la dimension « morale » éminemment subjective mais fondamentale selon moi. On peut alors considérer le fait que le GN (tout comme d’autres activités) propose à tout individu y participant des situations diverses que ce soit dans leurs natures, intensités et leurs mécanismes ludiques amenant les joueurs à, en permanence, devoir s’adapter (au sens piagétien[14] du terme) à ces petits « challenges ». Ceux-ci faisant écho, mais de manière déguisée, à des problématiques qu’ils peuvent rencontrer dans la vie de tous les jours. C’est aussi partir du postulat que le joueur saura, une fois remisé son habit de lumière, identifier dans son quotidien les passerelles avec ce qu’il a vécu, ressenti, mis en œuvre lors de son expérience ludique pour réinvestir, utiliser au mieux cette expérience. Cela implique aussi que le joueur ait eut l’envie, le temps, l’énergie et la capacité de réfléchir sur ce qu’il a fait durant les deux jours qu’a duré son GN.

Panneau-dormir grandeur nature

Et, in fine, c’est aussi et peut être surtout, considérer que le transfert entre activité, émotions, réflexions vécues dans le cadre d’un jeu et la vie de tous les jours se fasse naturellement et de manière automatique. Non seulement, comme je l’ai dit, il faut que le joueur ait réfléchi sur sa pratique, mais de fait, il y a des choses qui ne peuvent pas être transférables. Un exemple sur les habiletés motrices[15], se battre avec une épée de GN n’a rien à voir avec l’escrime olympique, les transferts dans un sens comme dans l’autre sont plus que hasardeux (pas le même poids, pas la même longueur, tactiques différentes, lieux de pratique, …), de la même manière prendre la parole devant son groupe d’amis pour les haranguer et les pousser à aller au combat est totalement différent de la prise de parole devant ses collègues de boulot lors d’un séminaire professionnel. On peut aussi s’interroger sur l’intérêt dans sa vie de tous les jours de savoir re-latexer une épée à deux mains de GN. Peu importe au fond, c’est tout ce qu’il y a autour de cette compétence spécifique qui est important, la patience et l’attention nécessaires mises en œuvre, la dextérité et l’application obligatoires, etc. Qui a vraiment réutilisé le théorème de Pythagore, appris dans les cours de mathématiques au collège, dans son travail de tous les jours, une part infime de la population au final. C’est tout ce qui en découle comme fonctionnement intellectuel et démarche scientifique qui est important. Quelle que soit l’expérience accumulée, lorsque l’on fait un GN, il est impossible de ressortir de ce moment ludique partagé sans avoir appris quoi que ce soit. L’expérience vécue, cette tranche de vie nous a transformés tous autant que nous sommes, à des degrés différents. Nous ne sommes pas les mêmes personnes avant et après un GN. C’est au travers des situations vécues en jeu, des challenges relevés et des personnes rencontrées, qu’on peaufine son jeu, qu’on apprend à mieux se connaître et en cela, quelque part, une part du processus d’éducation est à l’œuvre. Pour résumer, non seulement c’est en GNisant qu’on devient GNiste, mais surtout c’est en jouant qu’on devient autre et un peu plus soi-même.

S’il n’y a pas d’ambiguïtés sur la haute valeur humaniste et éducative de ces projets, il faut être précis sur ce qui est en jeu en termes d’activité proposée au sujet, de moyens mis en œuvre et d’effets escomptés. Le jeu en général est bien trop souvent dénaturé et des ersatz sont utilisés comme ruses pédagogiques[16]. Le GN n’y fait pas exception. Certains de ces éléments constitutifs forts comme l’immersion dans des univers et situations inhabituelles, la mise en activité, les interactions entre les participants sont des variables pédagogiques intéressantes à travailler que ce soit dans le cadre associatif ou scolaire.

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[1] Déclaration Universelle des droits de l’homme, article 26, 1948.

[2] BORDEAUX H., cité par VIVIEN R.A., 1ère séance du 29 octobre 1968, Archives de l’Assemblée Nationale,  3674, 1968

[3] MICHELET J., Le Peuple, chap. IX, Dieu en la patrie. La jeune patri de l’avenir, La politique identique à l’Education, p310.

[4] YONNET P., Travail, loisir – Temps libre et lien social, 1999, p77.

[5] BROUGERE G. et Fabbiano G. (dir.), Tourisme et apprentissages, Actes du colloque de Villetaneuse (16-17 mai 2011).

[6] « Le sport a des vertus et ces vertus s’enseignent, le Sport n’est pas éducatif en soit, il le devient. » in BAQUET M., Education sportive, Initiation, Entrainement, Editions Gordin, Paris, 1942.

[13] ROBERT P., La Finlande, un modèle éducatif pour la France ? Les secrets de la réussite,  2009.

[14] PIAGET J., La psychologie de l’Intelligence, Amand Collin, Paris, 1947.

[15] SCHMIDT R.A, Apprentissage moteur et performance, Editions Vigot, 1993.

[16] BROUGERE G., Jeu et Education, l’Harmattan, Paris, 1995.

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David Arzailler

David Arzailler

Sévit en tant que joueur depuis une quinzaine d'années en France et en Navarre. S'est essayé modestement à l'organisation récemment et est toujours vivant. Enseignant dans la vie de tous les jours, pas toujours d'accord avec ses petits copains d'Electro-GN, ses thèmes de prédilection sont l’Éducation, les loisirs et plus spécifiquement le Jeu en tant qu'objet et pratique culturelle. Phrase favorite : " Et dire qu'il y en a qui pense qu'on s'amuse..." Aime dans le GN : Jouer quelqu'un d'autre ailleurs et se dire que le prochain GN sera celui qui me coupera le souffle. N'aime pas dans le GN : Les messages politiques et une proximité trop importante avec la vie de tous les jours.
David Arzailler

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11 réactions à Jeu de rôle grandeur nature et Education (partie 1)

  1. Merci pour cet article printanier qui donne envie de retourner en cours de maths 😉

    Plus sérieusement, la question sous tendue par cet excellent article me semble être : le GN peut il sortir d’une valeur éducative inhérente à sa pratique pour atteindre des objectifs éducatifs précis ? (ex : prévention des risques (tabac, alcool, sexualité, drogues…), prévention des violences faites aux femmes…

    Comme cité dans l’article, certains pays ont déjà franchi le pas d’intégrer le GN à l’institution. L’alternative se présente forcément comme une action politique provocatrice qui ne manquera pas de faire le buzz et de s’attirer les foudres de l’establishment. Pour reprendre l’exemple sur la prévention, imaginez un GN où les joueurs incarnent des personnes dans leur parcours d’addiction (quelle qu’elle soit) avec un temps diégétique leur imposant de se fournir toutes les x mn, de consommer, tout en continuant à gérer leur vie sociale et professionnelle (le parti pris du jeu étant bien sûr l’impossibilité d’y parvenir), élever un enfant, faire les courses, le ménage…

    Si en plus je dis que je pense à cette forme pour des ados, je suis sûr de me faire fusiller et de provoquer la levée de boucliers habituelle quant au contenu immoral du GN.

  2. Chiche? 🙂

  3. en réponse à flyingbard, il existe déjà des applications du GN (ou dérivé) à but éducatif précis dans différents domaines.

    pour le mien : mise en situation avec un patient (interprété par un enseignant) pour jauger (et certaines fois, approfondir) la relation médecin/malade. On sort à ce moment là du domaine « ludique » (examen…), et le temps de pratique est très court (une vingtaine de minutes), mais il y reste le but éducatif, l’immersion dans un rôle des différents protagonistes, avec des règles et un univers implicites (milieu hospitalier, cabinet de consultation, « vie de tous les jours ») minimalistes. A noter que les enseignants que j’ai eu en face de moi sur ces séances sont dans un état d’esprit joueur, et de temps en temps s’en donnent à coeur joie ^^.

    de plus, les applications de GN existent aussi en thérapeutique, et ont là aussi un aspect éducatif (certaines thérapies comportementales). (je crois qu’un article avait déjà été écrit au sujet du jeu de rôle en grandeur nature et de son possible aspect thérapeutique sur les joueurs)

  4. Merci Maël, c’est vrai que j’ai zappé de ma formulation le Jeu de rôle thérapeutique ou RH. Le vrai défi au final est de s’emparer de notions soumises à une autorité qui fait force de loi ou à un tabou, et à les démocratiser un brin.

  5. @ David : bien sûr chiche ! Si j’en parle c’est que ça me trotte depuis un moment dans le ciboulot 😉

  6. Je ne perçois aucun caractère immoral au projet de jeu pour ados mettant en scène l’addiction décrit ci-dessus. Au contraire. Pour une fois qu’une démarche de prévention passe par un média un peu plus futé et efficace que « le message choc – qui ne choque plus personne » ou dont la cible se fout pas mal…

    D’une manière plus large, le caractère simulé du jeu permet quand même un éventail de mises en situation, donc d’expériences, presque illimité. Ce serait quand même idiot de ne pas puiser régulièrement dans cette forme pour que des jeunes esprits s’imprègnent, d’une façon intense, personnelle, mais aussi critique et constructive, d’expérience sans pour autant en payer le prix parfois douloureux.

  7. Et merci à David pour cet article. La suite avec impatience.

  8. Le temps du jeu (tout jeu, pas seulement GN), parceque deconnecté de la réalité, permet effectivment d’experimenté sans danger.

    Par contre, comme le dit David « Le jeu en général est bien trop souvent dénaturé et des ersatz sont utilisés comme ruses pédagogiques ». A mon avis un « Jeu Educatif » n’est plus un jeu, mais un outil pédagogique. Si le jeu n’est plus une activité libre (c’est à dire qui n’a que seul but que le jeu lui-même), ce n’est plus un jeu. Ceci dit, cela peut quand même faire de trés bons outils pédagogiques et c’est d’autant plus vrai, je penses, avec le Jdr ou le Gn.

  9. Je tiens à préciser que je cautionne absolument la mise en image de l’article… 🙂
    (sauf le gros encart de la fédégn…) mais bon j’ai bien compris que politiquement c’était obligé 😀

  10. @David : J’ajoute que la définition donnée par la FédéGN n’a pas vocation à être exhaustive, mais cadre les activités qu’elle couvre, et auxquelles elle s’intéresse. (on exclut de notre champ les jeux en réalité alternée par exemple)
    Quant au « politiquement obligé », c’est la faute à l’ancien prez et à l’actuel administrateur qui tiennent les rênes du blog. Mais ils font bien ce qu’ils veulent, hein…

    Pour revenir au sujet, excellent article, merci ! 🙂

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