Scénario vs Backstory

Publié le vendredi 4 mars 2011 dans Articles

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Scénario vs Backstory : les vieilles méthodes sont mauvaises – L’article suivant est issu d’une conférence des GNiales 2010.

 

Scénario Vs Backstory

 

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Pour les besoins de la conférence, lors des GNiales 2010, j’ai eu besoin de redéfinir ce que j’allais entendre par « scénario ». En GN quand je parle du scénario, je parle de ce qui se passe en jeu. Le scénario dont je parle est l’histoire à multiples facettes que vont vivre les personnages. Il commence donc à T0, début de mon GN et s’arrête avec la fin du GN.

Oui mais alors, qu’en est-il de tout ce qui est arrivé aux personnages avant T0 ? Ce n’est pas du scénario ? Si, bien sûr, mais pour différencier les deux nous allons appeler cela la « backstory », un terme emprunté au cinéma. On a donc d’un côté le scénario, qui intervient après T0 et de l’autre la backstory, qui intervient avant.

Le scénario de mon GN a de nombreux embranchements possibles et est donc variable. Tout ce qui constitue la chronologie des événements passés, qui bien souvent constituent l’essentiel des fiches de personnages, c’est ce qu’en cinéma on appelle la backstory. C’est de la matière pour alimenter mon scénario.

 

En GN, on parle souvent de « background ». Si au cinéma on considère dans les formations de scénariste que l’écriture de la backstory est une étape extrêmement importante, en GN, c’est le moyen le plus utilisé (parfois le seul) pour générer du jeu par la suite.

 

Les vieilles méthodes sont mauvaises !

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D’où vient cette pratique du GN qui consiste à penser d’abord la backstory ? Pourquoi ces méthodes d’écriture qui permettent de s’y retrouver dans 500 intrigues complexes et passées entre 60 personnages alors que le but d’un GN est de vivre une histoire et non pas d’en raconter une dans les fiches ?

Je crois que, pour comprendre d’où vient cette pratique, il faut partir des origines. Le jeu de rôle grandeur nature vient du jdr sur table. Le jdr sur table est pensé pour le jeu en campagne, avec une progression par les points d’expérience. La procédure consiste à créer un personnage, seul dans son coin, ou avec l’aval du Maître de jeu (MJ), puis à lui faire vivre une série d’aventures.

Le GN a commencé sur ce même schéma avant que le besoin d’interaction entre joueurs ne prenne le pas. Ce qui n’est pas arrivé tout de suite. Au départ du GN, les personnages étaient de simples archétypes et les organisateurs s’occupaient d’écrire uniquement le scénario sans se soucier de la backstory. Les informations nécessaires à la progression du scénario étaient détenues par les pnjs et les organisateurs.

La naissance de l’idée géniale consistant à donner une part de ces informations aux pjs a tout modifié. Les personnages ont commencé à détenir eux aussi les clefs du scénario à l’instar des pnjs et autres orgas. Dès lors, les éléments censés faire avancer l’histoire ont été remis aux pjs. À eux de les échanger entre eux pour faire avancer l’histoire. L’aspect qui consistait à penser un scénario de GN comme un scénario de jdr ou de jeu vidéo est peu à peu passé au second plan. Aujourd’hui, je me lasse d’aller jouer des jeux où seule la backstory a été pensée.

Dans cette suite d’articles, nous allons parler de scénario et de la façon dont on peut écrire des « backgrounds » et des fiches de personnages sans oublier qu’un GN n’est pas une histoire à lire mais une histoire à vivre.   

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Baptiste CAZES
Baptiste est Gniste depuis maintenant 15 ans, et a commencé par jouer des scénarios maison avec des amis sans vraiment avoir idée de ce qui se faisait autour. C'est plus tard qu'il a pu découvrir ce qui se faisait un peu partout dans le monde et continuer sans cesse de découvrir de nouveaux horizons. Il aime écrire des scénarios et vous pourrez en découvrir certains sur le site www.murder-party.org (Silence on meurt, Plan social). Persuadé que le GN est un art à part entière, Il a écrit un mémoire sur les jeux Grandeur Nature et veut promouvoir les partenariats inter-associatifs pour que notre loisir trouve un jour la place qu'il mérite. Il a l'honneur d'avoir été le Président de la glorieuse FédéGN.

8 réactions à Scénario vs Backstory

  1. Ca s’annonce intéressant…
    Comme Baptiste parle d’une série d’articles, on pourrait être tenté de ne pas intervenir, histoire de le laisser aller au bout de son idée. D’un autre coté, il n’avait qu’à tout lâcher d’un coup
    !

    Donc une première remarque terminologique : pourquoi parler de backstory alors que le terme background existe et fonctionne très bien ? Pour faire comme au cinéma ? Mouaif, ce parallèle avec le
    cinéma me semble d’autant plus dangereux qu’un scénario de ciné peut effectivement se limiter à la seule histoire qui se déroule sous nos yeux sans qu’on ait besoin d’en savoir plus sur ce qui
    s’est passé avant. En GN c’est quand même autre chose, on peut difficilement s’habiller d’un personnage sans en comprendre la matière ; pour le coup ne pas connaître son passé peut vite devenir un
    gros handicap.

    Ca me conduit à ma deuxième remarque : dans la comparaison avec le cinéma, le joueur de GN fait figure de spectateur ou d’acteur ? Parce que dans le premier cas on peut se passer de
    backstory/background alors que dans le second c’est plus dur. Encore une fois, l’absence de back est un sacré handicap pour incarner un personnage.

  2. Hâte de voir la suite ! Car si la backStory est primordiale, il m’apparaît difficile de ne pas définir les lignes directrices du scénario, permettant ainsi de convenir de l’intrigue générale.

  3. Pour répondre à Pascal en ce qui concerne le terme de Backstory vs Background, pour moi la différenciation est utile parce que Background est utilisé principalement en GN pour parler d’une fiche de
    personnage, alors que la Backstory est plus générale, c’est l’ensemble du scénario antérieur au T0 du GN.

  4. Je vais rejoindre vincent sur la dichotomie entre background et backstory. Le but de cet article et probablement du suivant est de poser quelques définitions, de façon à mieux appréhender la suite.
    Cela me semble utile donc de revenir dessus autant de fois que nécessaire.

    Le terme de background semble effectivement s’imposer quand on parle de ce qui arrive avant T0. Mais pour beaucoup il signifie « fiche de personnage ».

    La proposition ici est de différencier : Fiche de personnage / Background et Backstory.

    Fiche de personnage : Une fiche qui contient des informations sur le personnage
    Background : L’histoire passée de mon personnage (un élément de ma fiche)
    Backstory : Toute l’histoire qui a eu lieu avant T0

    Merci pour vos encouragements (la suite très vite)

  5. Ca ressemble à ma différenciation entre les approches globales et terminales.

    La globale : l’auteur pense une backstory (une histoire) dont découlera en jeu un scénario, un peu par le hasard de ce que génère la backstory écrite.

    La terminale : l’auteur pense un scénario pour chaque joueur (ce qu’il veut lui faire vivre), détermine ensuite la backstory qui devra générer ce jeu là. Lors du jeu, le déroulement du scénario
    découle toujours de la backstory, mais il est bien plus maitrisé.

    La seconde est l’inverse de la première, et donne de bien meilleur résultat. La backstory y résulte de ce que l’on veut que soit le scénario.

  6. Chouette article !

    Pour ma part je pense qu’il faut toujours penser les choses côté joueur. Au niveau de l’abstraction le joueur connait son personnage, a une idée du scénario et possèdes quelques informations très
    parcellaires sur l’univers.

    Afin de créer des scénars cohérents, je préfère partire de l’abstrait au concret, c’est à dire écrire le cadre du GN, c’est à dire Backstory, puis le Scénario, puis les rôles. Cependant, le tout
    doit être homogène et lors de la conception il faut faire de nombreux allers-retours entre ces trois éléments.

    Cependant, une fois que le terrain est suffisamment dégagé j’écris toujours le background, puis les intrigues pour finir par les personnages. Cela permet d’avoir un ensemble plus dense et surtout
    plus cohérent. Ceci étant primordial quand on connaît l’imprévisibilité des joueurs !

    Bon courage pour les autres articles !

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