Comment s’amuser dans un Mass-LARP

Publié le vendredi 4 mai 2012 dans Articles

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Un « mass larp », ou GN de masse en français, est un GN qui regroupe un très grand nombre de joueurs.

Les modèles les plus connus sont les suivants :

  • Conquest of Mythodea (Allemagne, 5000 participants)
  • Drachenfest
  • The Gathering (Royaume-uni, 4000 participants)
  • Bicolline (Québec, 2000 participants)
  • Avatar (Belgique, 1500 participants, entièrement au bénévolat)
  • La Faille (qui n’existe plus) (France, 700 participants)
  • Berry Champ de bataille (BCB) (France, 750 participants, entièrement au bénévolat)
  • Kandorya (France, 1000 participants)

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Nous allons voir dans cet article comment fonctionne l’économie d’un mass-LARP, ce qu’on y trouve facilement et surtout ce qu’on peut y trouver si on sait comment s’y prendre. En effet, on ne joue pas un Mass-LARP comme on joue n’importe quel autre GN. Bonne lecture !

Le cas  Kandorya (litiges, rumeurs et partie de cache-cache)

Les organisateurs du Kandorya nous ont contactés il y a peu. Après la première édition, l’année dernière, ils voulaient s’adresser à la communauté des GNistes et parler des points forts et des points faibles de leur jeu, mais également répondre à quelques vilaines rumeurs qui traînaient ici et là. Nous avons donc mené l’enquête et consigné toutes les questions des joueurs et des bénévoles. Malgré de nombreuses relances, nous sommes sans réponse des organisateurs depuis que nous avons mentionné plusieurs litiges non réglés. Nous consacrerons donc un article spécifique au Kandorya d’ici peu…


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La gestion d’un mass larp

La France a mis du temps avant de se pencher sur l’idée de la création d’un très très gros GN. La Faille, organisé par l’association Anachrone a longtemps été l’un des plus gros GN français. Pourtant, le travail scénaristique des personnages, le rythme de jeu (tous les 4 ans si on oublie les « interfailles ») en faisait une sorte d’exception dans le panorama du Mass-LARP mondial.

Mais c’est surtout la gestion associative et la taille – relativement modeste comparé aux voisins – qui faisait de la Faille un alien. En effet, le modèle allemand est, par exemple, géré par une entreprise. Même si cette dernière s’appuie énormément sur des bénévoles, le jeu annuel dégage quelques salaires et on imagine mal une autre façon de faire vu l’énorme travail de gestion que cela demande.

Le modèle économique est complexe. Les joueurs payent leur place sur le jeu, c’est une base, mais il y a également d’autres éléments à prendre en compte. Les vendeurs de matériel de GN et les auberges peuvent payer leurs emplacements et faire du commerce sur place. Les tentes médiévales achetées par l’organisation sont revendues aux joueurs à 60 % de leur prix d’origine, à la fin du jeu. Il suffit de la démonter et elle est à vous !

Selon les pays, le modèle peut varier mais on retiendra une constante, l’aspect semi-professionnel. Je pense d’ailleurs que la professionnalisation du GN en France a longtemps été un tabou, ce qui explique que nous commencions seulement à nous intéresser à ce modèle.


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De la baston !

La France possède quelques gros GNs essentiellement guerriers (toujours uniquement associatifs). Ces jeux réunissent de 200 à 400 personnes, ce qui reste relativement modeste. Ils proposent des affrontements à l’arme en latex et des systèmes de règles permettant de gérer le tout.

On raconte qu’il vaut mieux aimer se friter pour apprécier la plupart des Mass-LARP, mais nous allons voir que ce n’est pas la seule chose qu’on peut y trouver. D’aucuns vantent la qualité du roleplay d’Avatar. Encore faut-il savoir comment s’y prendre ! Car on ne joue pas dans un Mass-LARP comme dans n’importe quel GN.

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Je ne veux pas être un numéro

« Les Mass-LARP, c’est bien pour chanter avec les copains et manger des saucisses ! » Inutile de chercher à s’attaquer à cet affirmation, c’est absolument vrai. Mais il est possible de faire des GN de masse pour des raisons tout à fait différentes. Et si je vous disais qu’il y a des gens qui font du mass-LARP parce qu’ils y trouvent un excellent roleplay, que leur immersion est facilitée dans ce genre de jeu, qu’ils y vont pour la qualité de l’histoire voire du scénario…

Pour ceux d’entre vous qui ne pratiquent pas ce genre de GN, ou qui y vont une fois de temps en temps pour manger gras et boire du lourd, ça peut sembler impossible. En effet, les GN de ce type sont souvent très peu scénarisés. Les organisateurs s’occupent en priorité de la logistique, d’un peu d’événementiel, mais sont loin de consacrer des jours à l’élaboration d’un personnage. Dès lors, comment peut-on imaginer y trouver une histoire satisfaisante et un roleplay soutenu ?

La réponse est à chercher du côté des joueurs les plus investis dans ces jeux. À l’inverse du joueur occasionnel venu manger de la saucisse, il y a le joueur régulier. Celui qui revient tous les ans et qui vient avec son clan, son groupe, son peuple.

Dans un Mass-LARP, vous pouvez souvent écrire vous-même votre personnage. Mais écrire sur un morceau de papier que vous êtes le roi d’un peuple nomade ne suffira pas à faire de vous quelqu’un de connu. Personne ne vous remarquera. Personne ne saura qui vous êtes. En fait, roi ou pas, vous serez à égalité avec Jo le clodo si vous ne faites pas d’effort.

Si vous voulez être le roi d’un peuple nomade, il va juste falloir fabriquer un peuple nomade. Et c’est là que l’on comprend pourquoi des joueurs se réunissent en association uniquement pour gérer leur clan sur un mass-LARP.


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Jouer dans une association de joueurs

Votre association de joueurs n’est pas forcément une véritable association loi 1901, mais il s’agit de joueurs qui décident de s’épauler pour créer leur jeu au sein d’un GN gigantesque. Dès lors qu’un thème est défini, le travail n’est pas tellement différent de celui d’un organisateur de GN classique. Le but est de se créer des personnages, une cosmogonie propre, des règles de vie… et de capitaliser. En effet, certaines réalisations de campement ressemblent à de véritables petites villes et on peut voir des armées portant le même code couleur. Cela ne s’est pas fait en six mois.

Il est tout à fait possible de rejoindre ces associations en tant que joueur débutant. Il suffit en général de leur demander ce qu’ils recherchent. Parfois, il vous faudra un parrain, parfois la promesse d’un investissement particulier, parfois rien d’autre qu’un mot gentil.

Au sein d’un clan de joueurs, vous pourrez trouver un jeu à taille humaine et des joueurs prêt à tenir compte de votre existence. Les discussions par forum avant le jeu vous auront permis de vous faire connaître.

Pour faire simple, vous trouverez dans un GN de masse ce que vous voudrez bien y amener. Si votre truc, c’est les jeux pirates romantiques, il vous suffit de créer votre propre espace de jeu pour ça. Oui, c’est du boulot.

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L’artisanat et les modèles économiques qui gravitent autour d’un mass-LARP

 

Je voudrais conclure cet article avec un mot tout particulier pour ces gens qui montent des stands professionnels sur ces jeux géants. Beaucoup sont des artisans, des entrepreneurs qui ont monté leur business par passion et par envie. Les Mass-LARP sont probablement la voie la plus sûre de faire connaître le GN au plus grand nombre et une véritable aubaine pour nombre d’artisans.

Aussi, je vous encourage à faire vivre cette économie lorsque vous vous déplacerez sur ces jeux. N’hésitez pas à entamer le dialogue avec eux, à leur passer des commandes. Leur savoir-faire leur permet souvent de proposer bien plus que ce qu’il y a sur l’étal.

Plus d’images d’Avatar ici : http://www.larp.be/fr/

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Baptiste est Gniste depuis maintenant 15 ans, et a commencé par jouer des scénarios maison avec des amis sans vraiment avoir idée de ce qui se faisait autour. C'est plus tard qu'il a pu découvrir ce qui se faisait un peu partout dans le monde et continuer sans cesse de découvrir de nouveaux horizons. Il aime écrire des scénarios et vous pourrez en découvrir certains sur le site www.murder-party.org (Silence on meurt, Plan social). Persuadé que le GN est un art à part entière, Il a écrit un mémoire sur les jeux Grandeur Nature et veut promouvoir les partenariats inter-associatifs pour que notre loisir trouve un jour la place qu'il mérite. Il a l'honneur d'avoir été le Président de la glorieuse FédéGN.

12 réactions à Comment s’amuser dans un Mass-LARP

  1. Jolies photos 😉

    Pour compléter, je signale qu’AVATAR est un mass larp 12 ans d’âge exclusivement animé par des bénévoles.

    (Et qu’en Belgique, on compte depuis 2011 le GN Ragnarok dans la catégorie).

  2. Pour continuer, on se place : Berry Champ de Bataille (BCB), wargame GN, fêtera sa 10è édition l’année prochaine, plus de 750 joueurs (volontairement restreint) sur 1000 hectares en 2
    camps/armées. Full bénévolat, 2 jours pour 40 euros chaque fin aout dans le Berry bien sur…

  3. olivier_Espigoule

    Dommage que les défenseurs de Kandorya qui s’excitent sur le post voisin n’aient pas vus que le présent post est un moyen de sortir par le haut en expliquant ce qui est bon dans un mass-Larp et
    ce qu’ils cherchent à faire.

    Les GN regroupant plus de 100 personnes m’ont toujours déçu (mais je continue à tenter le daible -Kando l’an dernier-). J’aurais du mal à défendre le concept.

    Par contre, il me semble que Baptiste soit loin d’avoir fait le tour des sources d’amusement offertes par le mass-Larp :

    – les bastons de masse, les mouvements de troupe, les masses humaines qui s’entrechoquent,

    – la diversité des costumes dans laquelle on trouve toujours des perles et idées géniales,

    – la concentration extraordinaire de joueurs hors du commun qui arrivent à transformer le monde d’une manière géniale (je pense au Paradis Carmin au Kandoria 2011), toujours ouverts à échanger
    des moments de plaisir intense sous forme de role-play autour de quelques verres,  

    – le dépaysement indéniable (plutôt que l’immersion),

    – l’aventure humaine consistant à traverser la France ou l’Europe avec une bande de potes,

    – ou encore la drague (un ami fait du mass-Larp en partie pour ça).

    .. et pourtant, j’aime pas ça …

  4. J’ajoute BCB dans la liste en haut de l’article…

  5. @olivier Espigoule : “Client rOOOUUUbis ? CLIENT ROUBIS !!” 



  6. @olivier_Espigoule, je suis moi-même un « défenseur » de Kandorya (simple joueur) mais loin de m’exciter sur le post voisin, j’ai bien lu cet article avant (comme tout bon abonné, je les lis
    tous…).
     Je laisse volontiers à d’autres le genre de polémique, si malheureusement courantes dans notre milieu, créée sans doute par un titre d’article un peu cavalier (et le reste), et sans vouloir
    prendre parti, espère qu’entre personnes responsables la communication constructive reprendra le dessus. Oui, je suis du genre optimiste, en plus d’être bon public…

    Bref, pour en revenir à l’article présent, je rejoins Olivier sur le fond : « Baptiste [est] loin d’avoir fait le tour des sources d’amusement offertes par le mass-Larp ». Je suis entièrement
    d’accord avec les raisons exposées par Baptiste et Olivier, mais je trouve que, justement, elles auraient méritées d’être plus approfondies.
    Non pas que l’article ne parle pas des bonnes choses, mais j’aimerais enfoncer le clou. J’ai toujours eu du mal à faire venir mes amis GNistes dits « classiques » dans du Mass. « Trop cher », «
    trop loin », « pas assez construit/rp » (pour ne pas dire « med-bourre »), et j’en passe… sont les principales critiques que j’entends en général. Et bien Baptiste (non, on ne se connait pas,
    mais m’en veux pas, j’te tutoie), je m’attendais à ce que ton article (d’après son titre) démonte un peu plus ces préjugés.

    Chers lecteurs, sachez qu’il existe aussi des différences entre les MassLarp comme dans les GN classiques. Vous savez qu’entre « Etrange disparition au  repas de l’ambassadeur, 1896 »* et «
    Le retour de Morgoth en colère »*, vous aurez deux jeux totalement différents. *nom aléatoires !
    De même, entre un BCB (baston à plus de 700) et un Prisme (RP à plus de 400) vous allez à des jeux différents. (perso, connaissant les deux, l’année dernière j’ai préféré la nouveauté…).

    D’un autre côté, faire du +/- aurait aussi été intéressant. Genre :
    C’est loin :
     – : Les frais et la fatigue, j’y vais pas.
    + : Plus qu’un GN dit « normal », tu vas enfin rencontrer de nouvelles têtes. Fini les figures classiques, les potes de potes, toujours les même ; place au sang neuf (même si c’est des vieux
    croutons…). Mais pas 50 où 100… de quoi carrément te refaire un compte FB !

    C’est cher :
    – : Trop cher pour moi, j’y vais pas.
    + : Obligé de mettre les moyens en communs. Ha ben merde, ça m’oblige à faire confiance, à créer un réseau, et à renforcer la cohérence du groupe…

    Je cherche du RP et des trucs à faire :
    – J’me fais chier dans mon coin
    +/- Je fais du camping RP (yen a qui aiment…)
    + J’me sors les doigts du cul… et je suis vite débordé… (sans mauvais jeux de mots… juste des images)

    Bon. Naturellement, avec une telle description, ça ne donne pas forcement envie non plus…
    Mais… c’est aussi ce qui manque un peu dans les articles d’Electro-GN. Il y a certes une ligne éditoriale qui note ne pas dire du mal d’un GN, mais là on ne parle que du Mass en général non
    ?…

    En tout cas, moi j’y retourne cet année, même si ce n’est que pour le Paradis Carmin…

    Et pour retrouver les Espigoule… 🙂


    Et de même, je ne sais pourquoi les post vides précédents…

  7. Nous sommes bien désolés, mais le Paradis Carmin ne sera pas au Kandorya 2012. Cher (& Fidèle) Berger, notre coeur se déchire de revoir ton inimitable béret. 

  8. NNNOOOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNnnnnnnnnnnwwwwwwww……..

    [cri du Beret abandonné…]

  9. Bonjour,

    nous avons quelques articles en cours pour compléter, mais les idées données plus haut sont bonnes, si vous voulez écrire un article sur ces sujets n’hésitez pas à nous contacter pour mettre cela
    en place : contact@electro-gn.com

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