Panorama du GN nordique – Partie 2

Publié le jeudi 21 juin 2012 dans Articles

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L’article original est disponible sur le blog d’Incarna.

Après avoir tenté de définir le GN nordique dans la première partie, nous vous invitons à découvrir dans cette partie et les suivantes quelques jeux parmi les plus intéressants ou singuliers de l’école nordique. Le tout aéré de digressions vers des concepts nordiques et autres créations septentrionales.

Et bien sûr on saupoudre généreusement le tout de liens hypertextes savoureux…

AmerikA

Photo : Britta Bergersen

Quelques caractéristiques d’AmerikA :

    • Les organisateurs sont un mélange de Gnistes et d’artistes
    • thème social et politique : le jeu parle du consumérisme, du capitalisme bâtisseur, du capitalisme exploiteur et de liberté
    • joué en public sur une place publique en plein coeur d’Oslo
    • scénographie : une décharge où vivent les déchus et les exilés de la société « normale »
    • les joueurs ont fait plusieurs week-ends de préparations théâtrales avant la partie

Photo : Britta Bergersen

 Sur le net :

‘Excavating AmerikA’ en français (article très complet sur le GN)
‘Excavating AmerikA’ en version originale anglaise

Site web d’Amerika
(en français, traduit du norvégien par GoogleTranslate)

Ground Zero

    • personnages sont des américains moyens
    • jeu reposant sur la psychologie
    • 24 heures de jeu dans un sous-sol simulant un abri antiatomique
    • les joueurs suivent l’approche des frappes nucléaires à la radio, puis explosion nucléaire au-dessus de leur ville (gros effet sonore) puis sont laissés seuls et dans le noir pendant plus de 12 heures
    • joueurs ont décrit une expérience très forte et immersive

 Sur le net :

24 Hours in a Bomb Shelter, article publié dans Playground Worlds (p187 et suivantes)
Video : Introduction to Nordic Larp (les premières minutes de la vidéo sont consacrées à Ground Zero)

À noter, le GN Doomsday’s Eve joué en Norvège en février 2011 sur un thème proche qui mettait aux prises 3 groupes :

    • un groupe de responsables américains
    • un groupe de responsables soviétiques
    • une famille norvégienne typique mais dysfonctionnelle qui se réunit pour le repas de Noël. Elle suit à la radio les informations sur l’escalade nucléaire dramatique qui est le résultat du jeu des deux premiers groupes.

Doomsday’s Eve a été subventionné par l’Ambassade américaine (5000 $) !

2ème parenthèse : Østerskov Efterskole

Photo : Stéphane Rigoni  (SR)

École danoise unique au monde. Fondée par un rôliste. Pour enfants de 15-16 ans. C’est un pensionnat. Tout l’enseignement est influencé par le GN.

 

Gaston, la mascotte de l’école (Photo : SR)

Un thème (et donc un jeu) différent par semaine est décliné dans les différentes classes. Les professeurs donnent les cours en costume. Quand j’ai visité cette école, le thème était : Meurtre à Whitechapel.

 

Chaque jour, un nouvel assassinat. Des infos utiles à l’enquête sont affichées près du lieu du crime (photo : SR)

Les élèves avaient une heure de GN par jour (de 14h à 15h) où ils interrogeaient les protagonistes de l’enquête, allant de salles en salles, décorées selon les besoins. Les profs jouaient les PNJ.

 

Le dernier jour, tout le monde se retrouve pour le dénouement ; l’homme en blanc et haut de forme est le directeur de l’école
(Photo : SR)

L’école a un stock énorme de costumes, d’armes, d’accessoires. Le soir on voit fréquemment des élèves et des professeurs s’entraîner à l’arme de GN.

 

Photo : SR

 

Photo : SR

 

Photo : SR

Sur le net :


Site web de Østerskov Efterskole
(page en anglais)

Site web de Østerskov Efterskole (traduit en français par GoogleTranslate)
Article sur Østerskov Efterskole en anglais (pages 15/16 du pdf)
‘Elements of Harry Potter, Deconstructing an edu-larp’ : article en anglais sur un des jeux organisés à l’école
The Role-Player’s School : Østerskov Efterskole dans Playground Worlds (p12 et suivantes)

Europa

Photo : Britta Bergersen

    • thème politique : le sort des migrants (les joueurs jouent des migrants échoués dans un pays imaginaire des Balkans : Orsinia)
    • conditions de jeu assez dures :
      • logements glacés,
      • nourriture étrange (oignons cuits mangés comme des pommes) pour insister sur le déracinement,
      • exercices physiques dans la neige (parce qu’un vrai Orsinien n’a pas peur du froid!)

Photo : Britta Bergersen

 Sur le net :

Site web en anglais d’Europa (des documents intéressants à télécharger)

 Livre :

Nordic Larp

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Stéphane RIGONI

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21 réactions à Panorama du GN nordique – Partie 2

  1. Ça fait envie… Surtout « Ground Zero » !

  2. Et faisable ! Ground zero est plus facile à écrire je suppose que la plupart des murders à intrigues échevélées.

  3. En fait, j’ai deux questions :

    – Est ce que ce type de GN coexiste avec des GNs plus classiques genre Med-Fan, ou est-ce que c’est vraiment l’essence du GN « nordique » dans sa majorité ?

    – Que recherchent les joueurs en participant à ce type de GN ? Parce que clairement, ce n’est pas faire du camping costumé avec des potes et des bières. Est-ce que c’est la recherche de
    sensations différentes, une immersion originale, la participation à un mouvement d’idée et/ou artistique ? Parce que c’est souvent montré du côté orgas, mais assez peu du côté joueur, je
    trouve…

  4. Moz : 

    issu du chapitre 1

     

    Attention : GN nordique ≠ GN scandinave. En Pologne, en Tchéquie, en Italie, des gens se reconnaissent dans ce «
    label » et font du GN nordique. La grande majorité des pratiquants restent toutefois des scandinaves. Inversement, beaucoup de GN joués en Scandinavie sont des GN
    classiques de style médiéval-fantastique et ne sont pas des GN nordiques
    .

    Pour tes autres questions, je ne suis pas dans la tête des joueurs. Mais je serais prêt à parier
    que leurs motivations ne sont pas éloignées des joueurs des autres pays, finalement. Seulement elles s’expriment et s’accomplissent à l’intérieur de limites moins rigides. 

  5. D’accord, donc c’est comme en France : les orgas de GNs expérimentaux s’accaparent l’image du GN français !

  6. c’est pas faux 

    en même temps, quand on va faire un barbecue chez les voisins, on oublie vite les merguez. par contre, les brochettes maison si parfumées, à la sauce « recette secrète », ça, on s’en rappelle. et
    on en parle dans les autres barbecues. même si c’était du chien et des algues, au final. 

  7. j’aimerais bien mais c’est pas gagné

  8. FLGN for ever ! Mais pour continuer dans l’analogie estivalo-culinaire, ce n’est pas parce que mon voisin m’annonce qu’il va essayer une recette de brochette saumon-fraise que je trouverai ça
    tout de suite très excitant.

  9. « D’accord, donc c’est comme en France : les orgas de GNs expérimentaux s’accaparent l’image du GN français ! »

    … sauf que bientôt on dira simplement d’eux qu’ils font du GN Nordique !

    C’est la question de la définition de cette pratique qui se pose, importante surtout si les scandinaves veulent en faire un « label » :  qu’est-ce que le GN Nordique, qu’est-ce qui en fait sa
    spécificité, en regard de quelles autres pratiques ?

    Parce-que, même si j’apprécie l’intention de l’auteur de ces articles (offrir un panorama de la pratique du GN dans les pays scandinaves), je n’ai pas réussit à répondre à cette question en
    lisant le précédent chapitre.
    Je trouve que la définition proposée « ratisse » trop large (GN nordiques = GN ambitieux, ah ?), emploie des termes trop vagues ou généralistes et ne donne pas d’éléments réels de comparaisons avec
    d’autres pays et d’autres pratiques (c’est quoi que l’on est supposer croire immuable en GN, par exemple ? et dans quel pays ?).
    Et si je rassemble toutes les caractéristiques proposées, je reste tout de même dans la confusion. Surtout avec la contradiction « Dragonbane » qu’engendre la note d’avertissement à la fin du
    chapitre (celle que vient de citer Bross).

    On pourrait peut-être proposer cette question pour  une QDM d’un forum voisin, quoiqu’il en soit mon interrogation est sincère : qu’est-ce que le GN Nordique ?

    Je pense qu’avec les kilomètres d’écrits, « thèses », livres, et autres, les conférences et tout ça, on devrait arriver a une définition claire de cette pratique (enfin vous ou eux, parce-que moi
    je ne lis pas l’anglais !).

  10. pour ceux que ça interesse, on parle du forum de http://www.murder-party.org

    best forum ever pour parler de GN !

     

     

    pas simple la définition d’un loisir.

    C’est comme la question « qu’est ce que l’art ? » on peut bien mettre ce qu’on veut dedans. (si si je vous assure). Le GN nordique obéit sans doute aux mêmes règles. Sont nordiques ceux qui se
    revendiquent nordiques. Et à mon sens ça vaut le coup, pour se démarquer de la culture geek un peu mainstream des « autres » GN. Et ça ne fourre pourtant pas tous les autres dans le même sac.

     

    Mieux vaut se définir soi même avec une appelation quelconque que de cataloguer les autres à la va-vite pour se démarquer. (je pense un peu à une certaine appelation du GN med-fan )

  11. Revenons aux saucisses : « oh, j’essaie une brochette saumon-fraise » et « tiens, goûte ma recette secrète et sa sauce mystérieuse », c’est singulièrement différent.

    Dans le premier cas, tu connais tes propres goûts, on t’indique les ingrédients, tu es largement à même de (pré)juger de si ça va te plaire ou pas. Peut-être n’aimes tu que le saumon, ou que la
    fraise, que le mélange t’effraie, ou t’attire. Ca te plaît, tu goûtes, tu es content (ou pas). Ca ne te plaît pas, tu goûtes pas. L’art du barbecue ne s’en trouve pas altéré, les conversations
    avec ton voisinage non plus. 

    Dans le second cas, faute d’éléments de comparaison, et à moins de n’avoir aucune curiosité gastronomique, tu peux légitimement davantage t’exciter. Dans tous les cas, c’est mystérieux, pas
    forcément compréhensible, difficile à identifier et à définir (moi je n’ai jamais mangé de chien aux algues, je ne saurais pas le reconnaître si on m’en donnait à l’insu de mon plein gré), c’est
    seulement une fois l’expérience faite, que je pourrais dire si j’ai trouvé ça bon ou pas. Ensuite, il est possible de soulever quelques questions d’éthique autour de la consommation de chien, sur
    les vertus des algues mais la difficulté d’en trouver de fraîches, bref parler d’autres chose que les sempiternelles merguez. Pour éventuellement remettre en question, modifier, perfectionner ou
    conforter ta propre façon de faire le barbecue, pour le plus grand plaisir de tes voisins. 

    Ceux-ci fréquentant d’autres cercles d’amateurs de bidoche grillée, et tout le monde s’entendant à peu près sur les éléments de base du barbecue, il paraît inévitable que seules les erreurs
    manifestes (on ne démarre pas à l’essence), les ratages (en novembre sur la côte bercquoise), les démarches contestables (DLC épuisée) mais aussi les innovations (un barbecue solaire ?),
    l’originalité (saumon-fraise, recette mystère) ou les démarches atypiques (vegan BBQ) ressortent du lot dans les conversations, autour d’un rosé bien frais. 

  12. Plus sérieusement, pour répondre aussi à N°6 : 

    Sur la base de mes propres connaissances, pas aussi étendues que je le souhaiterais, je retiens 2/3 petits trucs qui pourraient définir le label Nordique.

    1) l’expression « scène » Nordique

    Ca a l’air anodin comme ça, mais pas tant. J’ai l’impression que derrière le terme se revendique une volonté de création, allons-y soyons fous, de création artistique. Pas d’une oeuvre d’art,
    finie, déterminée. Plutôt une création collective, expérimentale, relevant pour beaucoup du happening, dont la finalité assummée ne soit pas QUE du divertissement.

    2) Corollaire du 1), l’importance donnée, à travers tous ces projets, à l’expérience vécue IRL par les joueurs.

    Au sorti de l’un ou l’autre des ces GNs Nordiques, j’imagine sans difficulté que les joueurs n’évoqueront pas necéssairement « leur perso » ni la façon dont ils l’ont joué. Mais bien l’expérience
    qu’eux-mêmes, joueurs, acteurs, protagonistes du jeu, auront vécu. Eux-mêmes, pas leurs personnages. Parce que, clairement, les projets de GN Nordique exposés ici ne se « contentent » pas de mettre
    en scène une histoire, de fournir du divertissement à un public ciblé. Il s’agirait de bousculer, de prendre des risques, de ressentir des émotions éventuellement inconfortables.

    3) en conclusion : vers un coming-out ? 

    Le GN Nordique peut peut-être, finalement, se réduire à cette définition : un type de GN où le choix est assumé par tous les acteurs (orgas, joueurs) de ne plus seulement vivre des moments
    purement fictionnels / narratifs à travers un personnage-filtre, mais de créer volontairement des situations d’exposition / de vulnérabilité du joueur. Parce que la fiction c’est quand même bien
    pratique pour ne pas trop morfler, intellectuellement, émotionnellement, ou moralement. Ce qui sans doute limite aussi sa prégnance sur le ressenti. 

    Je souligne que si cette définition se vérifiait, il y a sans doute un paquet de gens, dans plein de pays, qui font du GN Nordique sans même le savoir  – Ce qui ne remet pas en cause l’existence même du label : comme dit Baptiste, si des gens se reconnaissent dans ce label, à eux de
    se revendiquer comme tels. 

  13. Tiens, puisque Bross parle de différence sémantique, j’ai remarqué que les tenants du Nordic Larp disaient « to design a LARP » alors qu’on dit « écrire un GN ». Et ils écrivent parfois/souvent très
    peu (pas de personnage écrits par les orgas, notamment). Ca me semble assez révélateur de la différence de conception qu’il y a entre Nordic Larp et GN « à la français » (ça aussi c’est un label
    ?).

  14. D’accord avec ta conclusion, Bross : l’important est le rosé bien frais ! Ce que je reprochais, en fait, n’a rien à voir avec la nature du GN nordique, mais plutôt avec l’admiration béate qu’il
    semble susciter en nos contrées. Parce que c’est original, parce que c’est décalé, c’est forcément intéressant, voire génial. Bon, au delà de ça, je dirais que la différence avec « nos » GNs ne se
    situe pas dans l’immersion et le ressenti IRL, mais plus dans la démarche de sensibilisation artistique et politique. Je pourrais ajouter d’ailleurs la tendance à se prendre très (trop) au
    sérieux…

  15. S’entendre dire  (car c’est à peine sous entendu) que l’on est comme des idiots béats devant un truc lointain qu’on ne connait pas, juste parce que c’est « décalé », c’est un peu vexant, du
    coup je vais prendre la défense de l’auteur…

    …qui a joué en France, y joue encore et organise également. A cherché autre chose et a découvert le GN nordique, s’est rendu sur place pour tester, jouer et discuter… Et est revenu en disant
    : « il faut voir ça parce que c’est vraiment différent et riche ».

    Juste décalé et différent ? Allons… c’est un peu court. On parle de pays comme le danemark où, d’après les derniers chiffres que j’ai vu, il y aurait plus de 100 000 GNistes
    pour une population de 5 millions de personnes. On parle de GN avec des budgets par participants 10 fois supérieur aux notres et parfois subventionnés, de jeux organisés sur des places publiques
    au centre des grandes villes avec un objectif éducatif.

    Prétentieux ? Ils ont une grosse production d’écrits et de conventions, je te l’accorde. Et ils ont conscience de produire des jeux dont d’autres pays ne peuvent que rêver. En
    revanche, la scène est loin d’etre dénuée d’humour et n’hésite pas à se tourner elle même en dérision. La conférence du solmukohta de cette année sur la façon d’organiser comme une rockstar est
    un bon exemple.

    Trop sérieux ? Je ne sais pas… La première fois que j’ai entendu un organisateur dire que son propre jeu avait copieusement merdé, c’était un Finlandais. Et la tendance n’est
    pas vraiment à se congratuler sans fin sur tout, mais plutôt à revenir sur tout et à analyser les résultats.

    Si c’est ça « se prendre trop au sérieux », ta remarque, moz, me fait un peu l’effet que me font les gens qui regardent de travers ceux qui lisent un livre plutôt que de regarder le foot. J’imagine
    que ce n’était pas le but, mais comme l’auteur de cet article, loin de tacler ce qu’on fait ici se contente de proposer une fenêtre sur  (sans vraiment de contestation) la scène la plus
    active du GN dans le monde, je trouve ça un peu sec

     

  16. On peut être béat sans être idiot, je pense, non ? Mais si mon propos te choque, c’est peut-être qu’il touche assez juste, en fait… Prend, et avec toi pas mal des auteurs de ce blog, un peu de
    recul sur le message éditorial d’Electro-GN et tu pourras percevoir combien vous présentez le GN « nordique » comme la terre promise du GN. « avant-garde », « ambitieux », « des jeux dont d’autres pays
    ne peuvent que rêver » ne sont que quelques termes qui frisent, je le confirme, l’admiration béate.

    Après, juste « différents » ? Oui, simple question d’échelle. Ce n’est pas parce qu’un loisir touche plus de monde dans un endroit que dans un autre que c’est gage de qualité, et je reprends avec
    délice ton allusion au football…

     

    « Prétentieux » Ca doit être une réaction latine à la tendance nordique à théoriser sur tout, catégoriser, étiquetter, dogmatiser… Ce que les pages de se blog essayent de reproduire, d’ailleurs.
    On pourrait débattre des plombes, aussi, de la notion d’art, mais pour moi elle est plus dans la vision des autres de ma création que dans ma propre considération.

     

    « Trop sérieux » Euh, j’avoue que je n’ai pas saisi ton analogie avec le fait d’avoir une vision critique de son propre travail. Disons qu’on peut être sérieux, selon moi, dans la manière dont on
    organise un GN, mais si on l’est trop dans sa manière de parler du GN en général, de le modéliser, ça devient, très vite, pompeux.

  17. Ce blog est un blog de critiques, d’analyse et de théorie du GN, ça c’est un fait. J’ajouterais que les auteurs de ce blog s’intéressaient à ces sujets avant de le lancer, et même avant de savoir
    que les nordiques faisaient du GN « autrement ».

    Ce blog étant dédié au GN, il me semble donc assez logique d’y parler de ceux qui ont les mêmes préoccupations ailleurs pour présenter différentes façons de voir les choses. Il se trouve que sur
    ce plan-là les nordiques sont particulièrement actifs et écrivent beaucoup. Il est donc assez naturel qu’on en parle régulièrement.

    Mais je pense que si demain la communauté brésilienne se met à créer son propre mouvement de GN et le documente, on en parlera autant. En fait n’importe quelle réflexion nouvelle sur le GN, d’où
    qu’elle vienne, trouvera toujours écho ici, c’est une évidence.

  18. Sans rentrer dans des considérations culinaires, il me semble qu’on peut assez facilement comparer ça avec le cinéma. Le cinéma français a la réputation d’être plus intellectuel et artistique que
    le cinéma américain plutôt commercial. Pour autant, on trouve aussi des films d’action en France. Avec le temps et la diffusion de la culture, les réalisateurs s’inspirent les uns les autres et
    nous voyons se développer des films novateurs un peu partout dans le monde

    Comme le GN dans les pays du nord, le cinéma français bénéficiait lui d’un contexte particulier. Les budets accordés à la culture favorisent le développement de pratiques moins populaires.

    La différence, c’est qu’on ne parle pas forcement de cinéma « français ». Eventuellement, on pourrait faire le parallèle avec « la nouvelle vague » des années 60-70. je ne suis pas assez cinéphile
    pour m’aventurer plus loin dans la comparaison.

  19. Le cinéma est en effet une bonne comparaison puisque son image véhicule les mêmes poncifs et préjugés approximatifs (ciné américain réduit aux blockbusters alors que le cinéma indépendant est
    très vivace, ciné français « artistique et intello « alors que la production hexagonale oscille principalement entre la comédie lourdingue et le drame psychologique de comptoir tout aussi
    lourdingue).

    Et pour couronner le tout on retrouve le snobisme du cinéphile de la côte ouest qui ne jure que par le cinéma français, bloqué sur l’icône poussiéreuse de la Nouvelle Vague, ou sur la production
    Dogma, l’originale… 🙂

  20.  

    Bonjour,

    Je suis l’auteur du panorama. Quelques remarques et précisions :

    • Cette série d’articles est directement issu d’une conférence donnée aux GNiales l’an dernier. C’est un document écrit à la demande des organisateurs pour garder une trace de la conférence et
      aussi pour offrir aux personnes qui y avaient assisté une liste de liens que je leur avais promises. Ce n’est pas un article pleinement rédigé d’où son aspect lacunaire. Prenez-le comme une
      entrée en matière et surtout une ressource pour aller plus loin si le sujet vous intéresse (la partie la plus importante ce sont les liens!).

    • La source de cette conférence est à la fois livresque (j’ai beaucoup pioché dans le livre Nordic Larp) et réelle. J’ai assisté à 2 conférences Knutepunkt, ai passé une semaine invité à
      l’école décrite dans la partie 2 et j’ai participé à 2 GN nordiques (KAPO en 2011 et Just a little lovin’ en 2012).

    • Je ne suis pas un théoricien et le sujet est très riche. Je ne suis pas en capacité de donner une définition définitive. Et à la limite on s’en fiche. La série d’articles s’appelle ‘panorama’
      et c’est le terme le plus important. Ma seule ambition est de rapporter ce qui se fait d’intéressant et de novateur dans ce mouvement et de l’illustrer par une série de jeux dont j’ai voulu
      mettre en avant les aspects les plus exotiques par rapport à nos productions.

    • Clairement je suis admiratif, enthousiaste et à titre perso je veux bien confesser que l’originalité attire mon oeil mais je donne rendez-vous sur le pré à tout personne qui me qualifierait
      de béate ! 😉

    2-3 réponses à N°6 :

    • je suis d’accord, la définition est imparfaite. Pour les éléments de comparaison, je t’engage à surtout regarder parmi les points que je mets en avant dans chaque jeu (il y aura au total une
      12aine de jeux évoqués) ceux qui te semblent les plus éloignés de ton expérience personnelle (française a priori).

    • Quand j’écrivais « Le grand mérite des scandinaves est de briser à peu près tout ce que l’on croit immuable en GN » je pensais à ces quelques points :

      • Les joueurs ne connaissent au départ du jeu que ce que leur personnage sait (je simplifie). Sur des GN nordiques il n’est pas rare que le jeu se fasse en totale transparence (tous les
        backs sont accessibles librement) et que l’on se concerte avec d’autres joueurs sur des scènes à venir ou sur une dynamique d’histoire.

      • Le GN est un divertissement inoffensif qui ne doit pas interférer profondément avec les émotions du joueur (en dehors de quelques conséquences acceptables comme le fait d’avoir un joueur
        content et amusé). Certains jeux nordiques évoquent des thèmes durs, ont pour ambition de modifier le joueur (le faire évoluer ou l’éduquer) , le toucher émotionnellement (le bouleverser,
        l’exciter sexuellement, etc.)

      • Les orgas connaissent les backs des PJs (et en général ils les ont écrits). Sur le GN KAPO, les joueurs créaient leurs persos durant les 2 jours d’ateliers précédant la partie et les
        orgas ne savaient quasiment rien à leur sujet.

  21. Ah, je précise un truc concernant le passage sur les sources de cette conf’. Mon but n’est pas de me prévaloir de l’argument d’autorité. J’avais mis ces infos dans le pdf original parce qu’il me
    semblait important de dire ce qui m’autorisait à parler du GN nordique mais aussi mettre en avant les limites éventuelles de mes connaissances (je n’ai joué que 2 GN). Fin de la parenthèse !

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