Panorama du GN Nordique – partie 4

Publié le jeudi 27 septembre 2012 dans Articles

Par

Tags:

--

Cet article a été publié à l’origine sur le blog d’Incarna.

Après quelques mois de repos, la suite ! Et si vous cherchez le début, c’est ici ! Pour lire la partie 3 c’est ici !

Nous nous étions arrêtés à la notion de jeux pervasifs avec l’exemple de Momentum. On reprend avec un deuxième jeu qui témoigne de cette tendance. Il a déjà fait l’objet d’un article détaillé sur notre blog : la Route blanche.

La Route blanche

    • quelques heures de préparation seulement : création orale des personnages et recherche de matériel (landaus)
    • les joueurs sont des Knights Roads, une caste de vagabonds plutôt bien acceptés qui existe réellement au Danemark (code de conduite, vêtements reconnaissables)
    • les joueurs ont parcouru 40 km pour jeter les cendres d’un compagnon dans la mer.
    • règle d’interaction avec les gens rencontrés : ne pas dire qu’ils jouent, que la rencontre soit positive.

Sur le net :

Lien vers de nombreuses photos prises en jeu.

Walking the White Road : A Trip into the Hobo Dream, article dans Playground Worlds (p102 et suivantes)

Version française de cet article ici.

Livre :

Nordic Larp

6ème parenthèse : Ars Amandi

Technique développé par Emma Wieslander qui voulait créer des jeux avec des « intrigues » (drama) positives. Voulait que les joueurs puissent exprimer physiquement l’amour dans le jeu.

L’amour physique est simulé par le toucher (caresses et massages) en le limitant à certaines parties du corps : mains, bras et parfois nuque, bas du visage (sous les lobes d’oreille, hors bouche) et haut de la poitrine (hors seins). Peut être très sensuel. Joueurs peuvent rajouter sons (soupirs) mais le plus important est le regard. Ars Amandi peut aussi servir à figurer le sexe contraint (viol) de manière sécurisée et acceptable par les joueurs (de telles techniques sont toujours répétées avant la partie au cours d’ateliers de préparation).

Fonctionne mieux si utilisée diégétiquement : on pose que dans le monde où est joué le GN on fait l’amour en se caressant les bras (les organes génitaux servent pour faire des enfants mais cet acte ne procure aucun plaisir).

Sur le net :

Intro to Ars Amandi : interview de la créatrice de l’Ars Amandi

Ars Amandi 2.0 : conférence d’1 heure (dont démo rapide de la méthode à 4:00)

System Danmarc

Photo : Michel Winckler-Krog

    • thème politique : les joueurs sont des citoyens de basse caste (classe C) qui survivent dans des conditions dures (gangs, trafics, mal-logement) et se confrontent au Système (tout un bâtiment dévolu à la bureaucratie).
    • scénographie ambitieuse installée sur une place de Copenhague
    • À la fin du jeu : projection d’un documentaire sur la vie aujourd’hui des déclassés de la société danoise (prostituées, etc.).

Sur le net :

Video : System Danmarc-trailer (très professionnel)

Video : System Danmarc-End Film (le film projeté à la fin du GN)

Video : Behind System Danmarc (documentaire d’1/2 heure sur le GN)

Livre :

Nordic Larp

Luminescence :

 Photo : Juhana Pettersson

Photo : Juhana Pettersson

  • jeu proche du happening
  • joueurs sont des patients atteints de cancer qui suivent une thérapie pour supporter leur état
  • joueurs sont dans une pièce baignée de lumière verte + musique contemporaine minimaliste + 800 kg de farine
  • joueurs sont encouragés à utiliser la farine pour exprimer des émotions, à expérimenter le contact de la farine sur leur peau : les joueurs sont en sous-vêtements.
  • Règle de normalité : les joueurs utilisent la farine mais en même temps ne doivent pas en parler. La farine, la musique, la lumière sont des choses normales qui ne méritent pas plus qu’on en parle que la forme des poignées de porte.
  • Règle de contact : pour parler à quelqu’un, il faut le toucher.

Sur le net :

Site web de Luminescence

Video : 9mn du GN filmés (difficile de faire plus OVNIesque !)

Livre :

Nordic Larp

7ème parenthèse : jeepform

Forme de jeu entre le jeu de rôles sur table, le théâtre d’improvisation et le GN.

Pas de décor, pas de costume : l’important c’est l’interprétation et les relations humaines.

Souvent parties courtes (moins de 2-3 heures).

Thèmes non fantastiques et souvent difficiles (séparation, drames, etc.)

 

Sur le net :

All about Jeep, interview d’un des créateurs du Jeepform (bonne introduction au jeepform)

Jeepen, le site des créateurs du Jeepform

En particulier, la page des techniques et celle des scénarios

The Nuts and Bolts of Jeepform, article dans target= »_blank »>Playground Worlds (p125 et suivantes)

target= »_blank »>Quelques scénarios en français.

La suite et fin, très bientôt !

The following two tabs change content below.

Stéphane RIGONI

Derniers articles parStéphane RIGONI (voir tous)

5 réactions à Panorama du GN Nordique – partie 4

  1. La classe 🙂 Merci !

  2. Petite précision technique. La vidéo de Luminescence n’est pas une capture du GN mais une recréation de celui-ci immédiatement après qu’il ait fini (l’organisateur a demandé aux joueurs qui
    venaient de terminer de refaire le jeu pour la caméra).

    Le même auteur a écrit un autre jeu expérimental qui utilise le bris de tasses à café comme support pour exprimer des émotions. Le contexte est celui d’une vente aux enchères. Les joueurs
    interprètent leurs personnages normalement mais peuvent recourir aux tasses (200 à disposition) pour montrer leur colère, etc. Par exemple, un personnage peut se tenir silencieux et soudain
    briser sans mot dire une tasse à ses pieds.

    http://www.juhanapettersson.com/works/muovikuppi-the-plastic-cup/

    Et le jeu est téléchargeable ici : http://www.juhanapettersson.com/downloads/The_Plastic_Cup_Pack_2008.pdf

  3. Hmmm, soit. C’est fascinant mais qu’est ce qui fait de ces jeux/hapenning/trucs des GN’s ?

    Pas que je doute que cela puisse en être. Mais pour comprendre en quoi « La Route Blanche » et un jeu, il est indispensable de relire l’article déja publié sur ce blog (et surtout les commentaires
    qui soulignent bien que l’on n’a pas toutes les billes pour comprendre).

    Quand à Luminescence, rien de ce qui est présenté ici me laisse à penser que ce soit autre chose qu’un hapenning (au sens que ce terme a dans l’art depuis les années 50).

  4. Oui, la série d’articles est basée sur un plan de conférence donnée aux GNiales. Elle est insuffisante pour comprendre chaque jeu. Elle se veut surtout une mise en appétit et une ressource pour
    aller plus loin. Bref, suivez les liens !

    Luminescence est un happening et un GN tout à la fois à mon sens (à la condition de considérer qu’il y a GN dés que des personnes interagissent physiquement à travers des rôles dans un monde
    fictionnel et qu’ils le font pour eux-mêmes et pas pour un public ce qui est grosso modo la définition – large – proposées par les nordiques). Ils sont conscients de redécouvrir sur certains jeux
    des formes pré-existantes qu’ils réinventent ou s’approprient.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *