Un p’tit coin de Paradis – Le Paradis Carmin (Partie 3 et fin)

Publié le lundi 3 décembre 2012 dans Articles

Par

Tags: ,

--

Lire la partie précédente

Le Paradis Carmin Cabaret au Kandorya 2011 : Débriefing, enseignements, conclusion, morale de l’histoire, la suite… ?

Jour J, Heure H : c’est parti !

 

Ce qui s’est passé pendant le jeu est très difficile à retranscrire sans tomber dans l’anecdote, la private joke ou le souvenir d’ancien combattant. De toute façon, cela ne rendrait pas honneur aux événements, mais surtout, dévaloriserait la formidable sensation d’unité, de plaisir partagé, voire, pour reprendre les termes de l’une des éminentes employées du Paradis Carmin, « d’épiphanie ». Rien de moins. Tout ne fut pourtant pas rose.

La-Patronne-et-les-filles.jpg
La Patronne et les filles

Cabaretier, c’est (vraiment) un métier

Pendant le jeu, le groupe a fait face à son lot d’imprévus, de problèmes, de conflits, à l’intérieur de l’équipe comme avec d’autres personnes extérieures à l’établissement. Au trac du départ se sont ajoutés la tension, la fatigue nerveuse et physique, le stress entraîné par le travail bien réel que représente un établissement comme celui-ci. L’expérience professionnelle de plusieurs membres du personnel fut heureusement mise à profit pour gérer le Paradis Carmin de la même façon qu’un véritable bar/cabaret. Ceci incluant l’accueil et la sécurité, le débit d’alcool, les jeux d’argent, les spectacles, la régie technique, et notre propre intendance des repas, notre équipe de pourtant 15 personnes fut souvent à la limite de ses moyens et de son endurance, et même parfois au-delà. Sans vouloir dissuader ceux qui voudraient à leur tour se lancer dans une entreprise similaire, il faut quand même être conscient des incidents qui peuvent survenir, et savoir y faire face. Les incidents cités ci-dessous demeurent inévitables quand on rassemble, au même endroit, un grand nombre de personnes, qui ne se connaissent pas, de l’alcool, la nuit, la fatigue, et une ambiance grivoise.

 

Nous ne rentrerons pas inutilement dans les détails, mais parmi les moments les plus « chauds » à vivre, notons toutefois :

 

(sur un air bien connu) J’crois que ça va pas être possible (non pas être…)

 

  1. les conflits éventuels avec les clients en cas de refus d’entrée (alcoolisation excessive, énervement excessif, incivilité ou établissement déjà complet)
  2. la surveillance du niveau d’alcoolisation des clients déjà présents et son corollaire, l’arrêt du service quand nous estimons qu’il suffit
  3. le rappel à l’ordre, voire l’exclusion des personnes dont le comportement outrepasse les limites de la courtoisie

   

Ne noircissons pas exagérément le tableau : comparés à un public normal, c’est-à-dire les clients habituels d’un cabaret un soir en fin de semaine, les joueurs du Kandorya 2011 furent une clientèle très agréable, infiniment plus polie, plus patiente voire plus docile que la moyenne. La violence physique réelle fut, par exemple, totalement absente là où un vrai videur doit parfois sévir plusieurs fois par nuit. Le fait d’être en GN permet de relativiser énormément les tensions éventuelles, parce que tout ceci demeure un jeu.

 

Mais pas toujours. Si la violence physique réelle fut, heureusement, complètement exclue, nous avons vécu plusieurs épisodes de violence verbale assez intense. Pas de quoi gâcher la fête, mais suffisamment pour le signaler.

 

En résumé : il faut être préparé et capable de gérer des moments de tension et de conflit, sans recourir à la violence physique, donc faire preuve de sang-froid. Sans sombrer dans la méfiance excessive : un accueil courtois, un sourire franc, une explication honnête et une poignée de main seront toujours plus efficaces pour préserver une bonne ambiance, donc encourager les bons comportements, que rouler des mécaniques et se prendre pour une caricature de videur. Et il faut être plusieurs à savoir faire ça : même un professionnel expérimenté peut s’énerver quand il est fatigué, et partir inutilement au conflit. Il est alors important d’avoir quelqu’un pour relayer le fatigué, lui permettre de faire une pause, proposer une lecture différente du problème rencontré et le résoudre calmement.

Exterieur-nuit--la-queue-devant-l-entree-du-Cabaret.JPG Extérieur nuit, la queue devant l’entrée du Cabaret

L’Agence Tous Risques

    4. tous les problèmes techniques inhérents à un établissement comme celui-là, éphémère, en plein champ

 

Pas d’eau courante, pas d’évacuation, des pannes sur les tireuses à bière, des fûts mal conditionnés, la cohabitation de matériel sono-lumière et d’un public parfois survolté à l’intérieur d’un chapiteau en pente douce, le joint de gouttière défait qui laisse tomber la pluie, etc. Autant que possible, ces problèmes avaient heureusement été anticipés. Le point d’eau et les toilettes n’étaient pas loin, nous avons exigé du brasseur une brève formation technique à la bonne utilisation de ses tireuses, le chapiteau fut exploité au mieux pour arrimer solidement tout le matériel susceptible de tomber, etc.

 

Pour tout le reste, il y a Alex alias Mouhamar et ses faux airs de Barracuda suédois, son camion magique, qui contient toujours le bon outil. Alex, promis, la prochaine fois on casse un gros truc en métal, rien que pour te donner le plaisir de sortir ton poste à souder.

 

En jeu, mais pas que

  5. la bonne gestion d’une foule de malentendus qui peuvent survenir parce que nous avions décidé de maintenir le plus possible le cabaret « en jeu ».

 

En jeu, oui, mais pas sans règles de bonne conduite, notamment au niveau de la bagarre, du vol, de l’utilisation du mobilier, etc. Ce n’est pas parce que le cabaret demeurait un lieu de jeu que les joueurs étaient autorisés à faire n’importe quoi avec le mobilier mis à leur disposition, par exemple. Il paraît évident qu’on ne casse vraiment pas le mobilier, à priori. Ou qu’on ne s’enfuit pas avec la caisse quand elle contient de vrais €. Ou qu’on ne déclenche pas une bagarre en tapant sur les clients avec une vraie guitare, gracieusement prêtée par les artistes résidents. Après quelques jours de GN, peu de sommeil et plus d’alcool, nous avons constaté que la distinction entre « action en jeu » et « bonne conduite hors jeu » n’était plus si évidente que ça, pour une partie non négligeable du public. Dans la même logique, quelques joueurs un peu trop enthousiastes ont du être recadrés avant d’être autorisés à entrer dans le cabaret. Le décalage entre le jeu et la réalité prête alors à sourire. Exemple avec Kevin, 19 ans, 1,68m, 62 kilos, joue Duroc, le barbare sanguinaire. En se présentant à l’entrée, Kevin (qui est chaud bouillant) joue son perso, et vante donc les exploits de Duroc. Le videur aussi, joue son perso de videur. Le présent exemple est parfaitement authentique, sauf pour les prénoms employés, les vrais ont été oubliés depuis.

 

Kevin/Duroc, excité : Je suis Duroc, le barbare sanguinaire, je n’ai peur de rien ni de personne, je viole les filles, je bois comme un trou, je casse tout et je pars sans payer !

 

Videur (35 ans, 1,90m, 110 kilos) : Duroc, il se calme, sinon il n’entre pas.

 

Kevin/Duroc, brandissant sa hache : Ah oui ? Et qui va m’empêcher d’entrer et de tout saccager ici ?

 

Videur (désarmé) : Moi.

 

Kevin/Duroc, prêt à combattre : Je suis prêt, viens te battre !

 

Videur (désarmé) : Je n’ai pas trop le temps là, et surtout, je ne vais pas passer mes journées à me battre avec tout le monde. Donc tu te calmes, tu entres, tu bois un verre, tu profites du moment, et tout va bien. Sinon, tu t’excites, mais tu restes dehors.

 

Kevin/Duroc, prêt à combattre : Tu as peur, lâche. Je vais donc entrer et faire ce que je veux, Aha !

 

Videur (désarmé) : Je pense que tu ne comprends pas, en fait. Si tu entres et que tu casses tout, ou que tu essaies de partir sans payer, ça va vraiment très très mal se passer. 

 

Kevin/Duroc, prêt à combattre : Tu es un lâche, tu n’oses même pas m’affronter !

 

Videur (désarmé) : Là, non, je n’ai aucune bonne raison de te casser la gueule. Sauf si tu insistes à vouloir entrer pour tout casser. Et pour entrer, il faudra me pousser du passage.

 

Kevin/Duroc (dévisage le videur, puis fait mentalement l’inventaire des armes du videur (aucune), puis considère le gabarit du videur)

 

Soudaine étincelle de compréhension dans le regard de Kevin/Duroc :

 

Si Duroc casse vraiment le vrai mobilier ou essaie de vraiment pousser le vrai gros videur, c’est Kevin qui va avoir de vraies emmerdes avec le vrai gros videur…

 

Kevin/Duroc, rangeant sa hache au vestiaire, avec un clin d’œil appuyé : Tu es courageux, l’ami, pour me tenir tête. Pour la peine, je me tiendrais correctement.

 

Videur, accueillant : Si Monsieur Duroc veut bien se donner la peine d’entrer…

 

95% des cas similaires se sont réglés comme ça, sans sortir du jeu, par un sourire, un clin d’œil, un rappel discret. Pour les 5% restants, il faut rester vigilant, et ne pas hésiter (même si c’est contre ses convictions) à recourir à une situation de hors-jeu manifeste pour clarifier les règles de bonne conduite. Ce qui débouche généralement sur un mea culpa immédiat du joueur, qui s’excuse de n’avoir pas compris tout de suite que le lieu est soumis à des règles différentes de celles en vigueur sur le champ de bataille. Si au terme de la mise au point hors-jeu, la personne s’obstine à ne pas respecter ni le lieu, ni son personnel, n’ayez aucun doute : c’est un con. En la matière, les statistiques persistent à plaider en faveur des GNistes : sur Kandorya 2011, pour des cons qui se comptent sur moins que les doigts d’une main, 1200 personnes sympathiques.

 

Le-Clown-Boris-et-son-numero-de-catapulte-de-rue.jpgLe Clown Boris et son numéro de catapulte de rue

Un commerce pas comme les autres

 

Relevons toutefois que si, à l’accueil du cabaret, des mises au point étaient parfois requises, ce n’était pas le cas chez les autres exposants (à moins que les intéressés ne signalent le contraire). Leur fonction de commerçants réels était certes plus évidente. Nos voisins d’en face, Cortax cuir et associés (que nous saluons fraternellement), n’ont par exemple jamais eu besoin de préciser à des joueurs que s’ils se faisaient la malle avec le stock d’articles en cuir, ça occasionnerait des poursuites bien réelles. Peut-être est-ce dû à l’habitude qu’ont les joueurs d’avoir des auberges totalement en jeu, avec de la monnaie factice et des bénévoles en guise de personnel ?

 

De fait, le Paradis Carmin n’était pas qu’un commerce, mais un lieu de jeu, voire un lieu de vie, dans la mesure où ce qui s’y passait n’était que rarement connecté au scénario, au jeu en général. Certains retours flatteurs reçus par la troupe après le GN parlent même de l’établissement comme du « cœur et l’âme de la ville ». C’est pour nous une immense satisfaction. En effet, nous avions deux préoccupations très différentes, en arrivant sur place : nous amuser, et limiter les frais, donc faire du chiffre d’affaires. Cet objectif-là était intellectuellement inconfortable pour nous tous, car il nous paraissait en opposition avec le caractère sincèrement désintéressé de l’entreprise. Finalement, c’est le rôleplay qui a apporté la solution : nous avons joué nos rôles de cabaretiers, tour à tour commerçants, véreux, pingres, obsédés par le chiffre d’affaires, mais aussi généreux, serviables (sans jamais être serviles), créatifs, hauts en couleur, divertissants, accueillants, et par dessus tout, humains. Nous reviendrons sur ce point à la fin, car cela rejoint l’enseignement principal à retirer de l’expérience.

 

L-interieur-vide-du-cabaret--quelques-minutes-avant-la-pre.JPGL’intérieur vide du cabaret, quelques minutes avant la première ouverture

Des inimitiés internes et de la synergie spontanée

 

Pour ce qui relève des conflits à l’intérieur de l’équipe, ils s’expliquent le plus souvent par le côté empirique de la répartition des tâches et la sensation très humaine d’avoir, pour soi, plus de travail / moins d’amusement que les autres. Quelques tensions ont pu exister au début, mais chacun trouvant naturellement sa place, et s’amusant sincèrement dans son métier temporaire, les tensions se sont dissipées. De la même manière, d’authentiques affinités se sont révélées, débouchant sur d’aussi authentiques amitiés nouvelles. Au sein de ce groupe très hétéroclite, chacun s’est naturellement focalisé sur ce qui pouvait le rapprocher des autres personnes plutôt que sur les divergences – bien réelles – de point de vue, de maturité ou de centres d’intérêt qui auraient pu fâcher. Au final, quelles que soient les préférences individuelles de chacun vis-à-vis des autres, le groupe est né et demeure, authentique, soudé, une entité à part entière. Phénomène bien connu, le groupe s’est ainsi construit dans l’adversité : le projet était risqué, l’environnement inconnu voire hostile, la hiérarchie, les responsabilités et l’autorité indéfinies, mais les objectifs avaient préalablement fait l’objet d’une adhésion consciente et volontaire. Chacun était prêt à entrer dans le cercle magique ainsi défini. Chacun a apporté à l’intérieur de ce cercle magique son talent particulier, la vérité de son engagement, sa bonne volonté, et obtenu la reconnaissance des autres à l’intérieur du cercle. Quand bien même il existerait des inimitiés entre les personnes qui composent le groupe, quand ce groupe est réuni, il transcende les liens individuels.

 

Les bons comptes font les bons amis

 

Autre écueil rencontré : les comptes de fin de GN. Avant et pendant le début du jeu, nous avons fait preuve d’une rigueur et d’une prudence drastiques, en matière de gestion et de trésorerie, notamment au niveau de notre consommation personnelle ou de nos frais sur place. Plus tard, quand le succès était probant, un peu pris par la folie du moment, nous avons ouvert les vannes (au sens propre comme au sens figuré) un peu plus que de raison. Ceci s’ajoutant à des frais imprévus au retour (remorque cassée, entre autres), et avec un calendrier peu propice (vacances), la clôture des comptes a traîné, puis posé problème. Par rapport au volume des ventes, nous aurions dû rentrer intégralement dans nos frais. Une fois les comptes réalisés, et les frais imprévus imputés, il ne restait qu’une petite somme à répartir entre les participants. Nous avons évoqué plusieurs solutions, mais aucune n’a réussi à faire l’unanimité, le débat a traîné en longueur… jusqu’à l’adoption d’une solution très imparfaite et sans doute inéquitable. Plutôt que de trouver un consensus positif, nous avons retenu une solution par élimination. Voilà un enseignement à conserver : il faut chiffrer la contribution individuelle de chacun, surtout quand les participants à un projet similaire contribuent de façon très différente. Par exemple, au sein du groupe, certaines personnes ont engagé des dépenses très supérieures à d’autres, notamment sur le volet transport. Initialement, le transport avait été exclu de l’équation. C’était confortable, mais c’était un tort. L’esprit d’équité qui préside à ce genre de projet doit intégrer le fait que ceux qui viennent de (très) loin soient mieux remboursés que les plus proches. De même pour le matériel personnel mis à disposition du projet, surtout quand il comporte des consommables, ou représente un volume tel qu’il impacte sérieusement le coût du transport, en empêchant le covoiturage. Bref, si le business plan s’est avéré solide, et la gestion comptable bien pensée en amont, elle aurait méritée d’être mieux pensée en aval du jeu. Ce qui restera mon seul regret au sujet de cette belle aventure humaine. Mais nous amène également à l’enseignement principal de cette expérience, qui demeure très largement positive.

 

Un-personnel-entierement-devoue-a-l-accueil.jpg Un personnel entièrement dévoué à l’accueil

Une aventure humaine

 

Comme expliqué dans les précédents chapitres, nous étions très loin de nous imaginer l’importance que revêtirait cette expérience pour chacun d’entre nous. Nous nous sommes contentés de concrétiser le mieux possible une envie partagée. Cette envie était un peu folle, aussi avons-nous essayé d’être les plus rigoureux, les plus prudents, pour éviter que le coup de folie ne se transforme en grosse galère. Nous avons accumulé les prévisions et les solutions pour aller vers le plus de certitudes possibles. Une part de risque demeura néanmoins jusqu’à la moitié du jeu, en même temps que la prudence et la rigueur. Une fois atteint le chiffre d’affaires au-delà duquel nous avions la certitude que le projet ne nous coûterait pas plus d’argent que les frais déjà engagés, nous avons clairement lâché les chevaux, et laissé libre cours à toutes nos envies, notre créativité, notre folie jusque-là encadrée. Nous avons pris un risque, nous avons travaillé durement pour faire en sorte qu’il paie, donné le meilleur de nous-mêmes, nous avons savouré ensemble une incroyable sensation d’émerveillement, de liberté, et goûté sans retenue les fruits de notre réussite. Ces fruits, ce n’était pas la rentabilité, ni même le remboursement de l’intégralité des frais engagés.

 

C’était la joie. Et elle fut largement partagée avec l’ensemble de nos clients.

 

Voilà l’enseignement principal de cette expérience : nous sommes devenus, le temps de quelques folles nuits de fête, véritablement acteurs d’une tranche de « vraie vie » dont les enjeux dépassaient quelque peu le strict cadre du GN. La conduite collective de ce projet a permis à chacun de faire don de soi, à sa façon : sur scène pour les artistes, plus discrètement pour le reste du personnel. Qu’importe : s’ouvrir aux autres, se confronter à une adversité inconnue, mobiliser des ressources insoupçonnées, se révéler à soi, grandir. Faire tout ça grâce à, et avec, des amis ou des inconnus, qui deviennent aussi des amis. Par ailleurs, l’accueil et l’ambiance de notre établissement nous ont permis de rencontrer un grand nombre de personnes hors de toute convention sociale, professionnelle, de considérations superficielles telles que le statut supposé, les convenances ou plus généralement le paraître. Comme indiqué plus haut, c’est parfois tendu. Mais pour de rares couillons et quelques moments laborieux, combien de rencontres enrichissantes, de personnes attachantes, de fous rires, de surprises, d’émotions fortes, d’amitiés nouvelles !

 

On associe souvent au GN l’illusion, le masque, le déguisement, la fiction, l’irréalité. L’aventure du Paradis Carmin démontre qu’au-delà de la mise en scène, du divertissement plaisant, le GN peut aussi être un accès à une forme de grâce, un moment de vérité, une épiphanie. D’autant plus forte quand elle est partagée. En guise de morale à cette histoire, je ne peux qu’humblement vous encourager, à votre tour, à trouver un projet un peu fou, une envie jusque-là gardée muette, éventuellement les renforts bienveillants pour concrétiser tout ça. Qu’il s’agisse de GN ou d’un autre domaine, d’ailleurs. À l’heure où chaque individu est volontiers réduit à ce qu’il possède et/ou consomme, le GN, comme l’investissement associatif, l’action humanitaire, le sport, et sans doute d’autres domaines, nous permet de redevenir créateur et acteur de notre existence, fût-ce le temps d’un week-end. Il suffit parfois de se demander « comment puis-je contribuer ? » au lieu de « qu’est-ce que ça me rapporte ? ».

 

Le Paradis Carmin rouvrira-t-il ses portes un jour ?

 

Pour conclure, et répondre à cette question fréquente : impossible de vous répondre avec certitude. Nous sommes plusieurs à en avoir très envie, donc c’est très possible. Nous n’avons pas pu participer au Kandorya 2012 pour des raisons essentiellement liées à nos emplois du temps respectifs. À l’heure actuelle, la recette Paradis Carmin ne peut fonctionner qu’avec des événements de la taille de Kandorya, et qui permettent la présence d’exposants vendant des produits en monnaie réelle. En relisant les articles précédents, vous aurez une idée assez précise de ce que coûte une telle expédition. À moins que l’un d’entre nous ne gagne à la loterie, le financement demeure une contrainte lourde, qui doit être prise au sérieux. Par ailleurs, si nous avons envie de relancer un projet de ce type, auberge, cabaret ou autre lieu d’accueil et de divertissement, nous craignons un peu d’être attendus. Ce qui nous a beaucoup plu lors du Kandorya 2011, c’est justement cet effet de surprise autour de notre établissement, pour les joueurs comme pour nous ! En l’état, nous avons un peu peur de faire du réchauffé, et qu’une réédition ne soit pas à la hauteur de la première fois. Il faudra donc vraisemblablement renouveler le défi.

 

Oui, notre joyeuse bande d’amis remontera sans doute un projet similaire dans un futur plus moins lointain. Est-ce que ce sera sous la forme du Paradis Carmin, de retour à Kandorya ? Comme souvent au Paradis Carmin, rien n’est interdit, donc tout est possible !

 

Surtout pour les clients Rubis 😉

 

The following two tabs change content below.
Bross

Bross

Je joue et organise depuis 1994, avec un souhait militant de variété et de renouvellement des expériences ludiques.
Bross

Derniers articles parBross (voir tous)

2 réactions à Un p’tit coin de Paradis – Le Paradis Carmin (Partie 3 et fin)

  1. …on voit/sent bien toutes les difficultés à éviter (et il y en a beaucoup), mais en même temps ça donne envie…

  2. GN de Merde nous a exaucé ! 

    http://youtu.be/VkFfm14Ui48

    Merci aux techos, vivement la suite

    @Michel : C’est l’idée de cet article, transmettre une expérience et, pourquoi pas, encourager des envies, comme expliqué en conclusion. Je ne retrouve pas la formulation exacte, mais je repense
    à une phrase que je crois de Paul-Emile Victor (je peux me tromper !) : « Ce qui fait l’amitié entre les hommes, c’est ce qu’ils réalisent ensemble ». Réaliser, rendre concret, et partager,
    généreusement. C’est vraiment la clé de voûte de cette expérience. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *