The Larpwriter summer school

Publié le mercredi 19 décembre 2012 dans Articles

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ou une semaine d’école d’été pour apprendre

à concevoir des jeux de rôles Grandeur Nature

à la sauce nordique.

Plantons le décor. La campagne lituanienne, une deuxième chaude semaine de juillet. Entre trente et quarante participants, un programme d’enfer, des intervenant(e)s calé(e)s, et des temps informels plus que chouettes (lac et sauna, des discussions nocturnes, une formidable fête de fin, …).

larp-jeu-de-role-grandeur-nature-1.jpg

J’étais à la première école d’été d’écriture de GN, produit d’une collaboration entre l’association norvégienne Fantasiforbundet et le centre d’éducation biélorusse POST. La moitié des participants était biélorusse et l’autre internationale (européenne surtout, mais il y avait également deux palestiniens – Fantasiforbundet participait à un autre projet de GN à Jérusalem un mois plus tard), et parmi les biélorusses, la plupart n’avait jamais fait de GN. Un des objectifs, « caché », des orgas, était que les participant(e)s conçoivent par la suite des GNs « éducatifs », mais le sujet s’est fait assez discret, ce n’était pas évident au vu du programme.

Ledit programme comportait :

  • Point essentiel, les explications concernant les faders ou « curseurs ».Le programme était construit autour d’un nouveau concept pour penser la conception de GN : celui d’une table de mixage comprenant différents curseurs qui correspondent à des caractéristiques à ajuster quand on réfléchit à son projet (voir article table de mixage du GN).
  • Des présentations de GN nordiques (Kapo, 1942, Prisoner for a day, Skymningsland, Project System).
  • Des jeux et des jeux-exercices. On peut retenir « The boring family dinner » (Le repas de famille ennuyeux), jeu-exercice très court que l’on a joué, joué et re-joué avec le même groupe tout au long de la semaine, après chaque nouvelle présentation d’un réglage de la table de mixage, de façon à tester ce dont on venait de parler.
  • Des conférences diverses et variées, par exemple « Qu’est-ce qu’un personnage jouable », ou encore « Cibler votre public », « Concevoir des GN qui pourront être rejoués », « La sécurité en jeu » (Playing it safe), « GN éducatifs : quand apprenons-nous », un atelier sur les ateliers pré-GN, …

larp-jeu-de-role-grandeur-nature-2.jpg Eirik Fatland faisant une conférence sur « Le coût de la complexité ». « Less is more », parait-il.

  • Des pauses création (design break), pendant lesquelles on pouvait travailler sur une idée, seul(e) ou en groupe.
  • Un « pitch forum », où nous étions en cercle : qui le voulait pouvait se lever pour présenter une idée de GN en deux minutes.
  • Une jam session de GN : à la fin de la semaine nous avons travaillé en un cours laps de temps (2h) sur plusieurs projets de GN : celles et ceux qui voulaient que ce soit fait sur leur projet le disaient et les groupes se formaient ensuite par intérêt pour la présentation du concept du jeu. Le tempo était très rapide, les organisateurs de la jam session nous imposant des tâches à un rythme endiablé, à grand renfort de post-its pour organiser nos idées.On arrive pas à un projet fini en deux heures, mais on avance. Clairement.

larp-jeu-de-role-grandeur-nature-3.jpg Ici on travaille sur le projet de Frida (avec la robe à carreaux)

En plus du programme à proprement parler, nous devions – choix très nordique me semble-t-il- retrouver à la fin de chaque journée les personnes qui habitaient dans la même cabine que nous pour un court débrief : dire comment on se sentait à l’instant présent, parler de ce qui avait été le point le plus important de notre journée, et-euh-j’ai oublié le dernier truc.

Quelles améliorations à apporter ?

Plusieurs critiques ont été formulées, au long de la semaine et lors du débrief final.

La nourriture était sans conteste LE mauvais point de la semaine – même si ce n’est qu’un dégât collatéral qui ne dépendait pas vraiment des orgas, ça joue sur le moral, surtout des gens fatigués.

Le programme était trop dense pour la majorité, plusieurs personnes ont dit ne pas pouvoir intégrer toutes les informations et avoir besoin de plus de temps libre. Conséquence de cette surcharge (même si je l’ai personnellement bien vécue) : les pauses création n’ont pas été exploitées comme elles auraient pu l’être, car pendant les temps impartis, les gens avaient tout simplement besoin d’une vraie pause.

Est-ce que ça a marché ?

C’est trop récent pour avoir une idée des résultats, mais je suis certaine que les orgas vont suivre de près ce qu’il en est (ils nous ont d’ailleurs fait écrire une lettre à nous-mêmes à la fin de la semaine, qui nous sera envoyée on ne sait quand, pour nous rappeler à nos projets). Mais il me semble que cette semaine a permis un beau déploiement d’énergie qui n’était pas voué à mourir immédiatement, et a révélé des motivations cachées – à commencer par la mienne. Avant l’école d’été je n’imaginais pas pouvoir être porteuse d’un projet, seulement me joindre à ceux d’autrui ; j’ai changé d’avis.

Pour les intéressé(e)s : une grande partie des ressources est accessible en ligne.

http://larpschool.blogspot.no/p/resources.html

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Leïla TETEAU-SUREL

Leïla TETEAU-SUREL

Curieuse de tout, mais avec un goût plus prononcé pour l'expérimental et le contemporain, Leïla est membre active de l’association eXpérience. Elle joue en France et ailleurs et partage le reste de son temps entre l'organisation de jeux et d'événements liés au GN et la traduction et l'écriture d'articles et de jeux.

2 réactions à The Larpwriter summer school

  1. Intéressant, merci !

  2. Merci de nous faire partager cette superbe expérience! De la matière à intégrer pour le plus grand profit du GN.

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