Preview de GN : Pardonne-nous nos offenses
Titre du jeu de rôle Grandeur Nature : Pardonne-nous nos offenses
Le pitch : Maugué-sur-Indre, 1953. Les plaies de la guerre sont encore vives dans ce petit village après le massacre perpétré huit ans auparavant. Dans l’église, le père Joseph Canut attend sa plus fidèle paroissienne. Avant d’entrer dans le confessionnal, Aglaé de Rocancourt effectue son examen de conscience. Elle a quitté Maugué depuis la disparition de son frère, engagé dans la Milice. Elle vient confesser ses fautes et en demander pardon à Dieu ; elle vient surtout retrouver un confident et un ami cher. Personne d’autre n’attend dans l’église. Ils ont tout leur temps pour penser à ces années écoulées et aux offenses commises, envers Dieu et envers les hommes. Aglaé débute sa confession : “pardonnez-moi mon père parce que j’ai péché”.
Association organisatrice : 100 balles et 1 mars
Thèmes : la croyance, la guerre, la fidélité à ses valeurs, la justice, le pardon, l’amour
Inscriptions : à Bordeaux, ici https://forms.gle/UvkhohMSiBzK
Mais c’est jouable sans aucun orga : les documents de jeu sont disponibles ici : https://www.dropbox.com/scl/fi
PAF : Gratuit
Localisation : dans n’importe quelle pièce calme et sombre
Durée de jeu : 1 à 2 h
Nombre de PJ : 2
L’auteur : Victorien « Thren » Marchand
C’est quoi, un mini-GN ?
Imaginez. Vous êtes en GN et vous vous apprêtez à jouer LA scène la plus importante de votre personnage : il va revoir un proche à qui il n’a pas reparlé depuis dix ans, ou déclarer sa flamme à quelqu’un, ou encore confier un lourd secret. Tout vous amène à cette scène, seulement voilà : il faut que l’autre personnage soit disponible pour la jouer, trouver un endroit où vous ne serez pas dérangés et avoir assez de temps entre la réunion diplomatique de 17 h, la Fête de la Châtaigne à 20 heures et le fameux rituel de minuit. Cette scène que les orgas ont imaginée et que vous attendiez avec impatience, elle va durer dix minutes maximum entre le dessert et l’attaque de PNJ. Et si on enlevait tout le reste du GN, les autres PJ, les autres intrigues, et qu’on jouait uniquement cette scène à deux, en lui laissant une heure entière sans être dérangés ? C’est ça, un mini-GN.
Ce format permet de jouer avec un investissement (temps, argent, logistique) minimal, et est facile à organiser et ré-organiser. Il se prête particulièrement bien aux scènes intimistes entre deux personnages. L’intensité des émotions ressentie n’est pas différente, sur des durées plus courtes, de celle qu’on peut avoir en GN grand format. Mini GN et GN longs offrent des expériences complémentaires, alors jouons les deux. Du mini GN, pour un maxi plaisir !
Qu’est-ce que ce jeu est et qu’est-ce qu’il n’est pas ?
“Pardonne-nous nos offenses” est un GN romanesque pour deux personnages, une fresque sociale de la France de l’occupation et de l’après-guerre, de l’arrivée des Allemands à celle des Américains. Il parle aussi de l’attirance impossible entre deux êtres, du poids des normes sociales et du destin. Enfin, on y parle évidemment de religion et de Dieu, dans un des sacrements catholiques les plus singuliers : la confession, entre interrogatoire et divan du psy. C’est l’occasion de regarder en face ses péchés et de s’en ouvrir, sans rien cacher, à un confident qui en gardera le secret.
Pardonne-nous nos offenses est le dernier-né de mes mini-GN. L’ambition derrière est d’en faire le plus petit des grands GN romanesques. Les backgrounds des deux personnages sont donc particulièrement détaillés et aussi longs que pour un GN grand format. La mise en place nécessite un tout petit peu plus de préparation que des mini-GN minimalistes : lecture du rôle, costume, confessionnal (préparation qui reste tout de même beaucoup plus légère que pour un gros format). La volonté est de faire un mini-GN qui, pour une fois, ne se déroule pas de nos jours et qui parle de la période de l’après-guerre.
J’ai écrit ce jeu en tant qu’athée, mais ma volonté est de représenter deux personnes croyantes sans caricaturer leur foi. J’espère que ce jeu parlera à tous ceux, croyants ou non, intéressés par notre humanité. Le sujet n’est pas de dénoncer l’Église catholique ni de faire un quelconque prosélytisme, simplement d’incarner des individus d’une autre idéologie, ayant vécu d’autres événements, à une autre époque. La période de la seconde guerre mondiale est amplement traitée, de manière fictive : elle est décrite du point de vue de chacun des personnages, sans apologie ni jugement.
Enfin, ma volonté n’est pas d’aboutir à tout prix à un “happy end” selon les critères d’aujourd’hui : les personnages sont les produits des normes sociales de leur époque, où tout envoyer balader est une décision lourde, et rarissime.
Une confession, mais pourquoi ?
A la base, je cherchais à créer un GN asymétrique où l’on joue un interrogatoire, comme Entretien avec un tueur, de Jul Jndo, avant de me rendre compte que la confession catholique offre des parallèles intéressants. Le pêcheur doit confesser au prêtre tous ses péchés : tous ceux qui ne seront pas dits ne seront pas pardonnés, sachant que la définition d’un péché est quand même très large et inclut même ceux qui ne sont commis qu’en pensées, ce qui revient à étaler tous les aspects les moins reluisants de sa vie. Le prêtre est là pour s’enquérir des circonstances dans lesquelles ces péchés ont été commis ;comme il est le confident de tous, il sait tout, mais n’a rien le droit de dire. Ce sacrement a lieu dans la langue de tous les jours avec un rite peu formalisé : c’est bien plus une discussion qu’un enchaînement de prières en latin. Enfin, dans un confessionnal, tout contact physique est impossible, la lumière ne passe presque pas, on se distingue à peine et on chuchote à travers une cloison. Ces contraintes permettent de se livrer beaucoup plus facilement sans jamais craindre d’aller trop loin.
L’attirance impossible entre un prêtre et sa paroissienne n’a rien de nouveau et je suis loin d’être le premier à traiter ce sujet. J’ai trouvé pour les dialogues une inspiration dans l’étonnant film Léon Morin, prêtre” (1961) de Jean-Pierre Melville avec Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva.
En quoi la logique d’organisation d’un mini-GN est particulière ?
Faire un mini-GN est simple et ne nécessite que de faire coïncider le planning de 3 personnes (2 PJ+ 1 orga), sans lieu particulier à réserver. L’organisation traditionnelle, de fixer une date très en amont, n’est pas adaptée. J’ai donc pris le parti de constituer une base de données de joueurs intéressés et de les contacter au fur et à mesure, en cours d’année, dès qu’il me prend l’envie d’organiser.
Pour consulter tous les jeux au catalogue et vous inscrire, c’est ici : https://forms.gle/UvkhohMSiBzK
J’habite à Bordeaux, il m’arrive de pouvoir en faire jouer ailleurs, mais c’est moins probable.
Ce jeu nécessite-t-il la présence d’un orga ?
Non. Après avoir joué Plus vite que la mémoire, de Steve Jakoubovitch, j’ai été convaincu : il n’y a pas vraiment besoin d’orga / PNJ pour un mini-GN, autant donc s’affranchir de sa présence. Sur les 4 premières sessions, jouées à Bordeaux, j’étais présent, mais pas du tout indispensable.
Pour jouer, vous avez donc juste besoin d’être deux ! En attendant qu’il soit mis en ligne sur la Scénariothèque, tout le matériel de jeu est disponible ici : https://www.dropbox.com/scl/fi
Et après, tu vas écrire encore d’autres mini-GN ?
Je ne pense pas, en tout cas pas pour l’instant. Après en avoir écrit quatre (Agent Double, En Attendant Dieu, Puisque tu pars et Pardonne-nous nos offenses), je pense avoir été au bout des idées que j’avais et je me concentre désormais sur des formats plus classiques. Je ne peux que conseiller à tout le monde de se lancer dans l’écriture et l’organisation de ces mini-GN : c’est simple, ça permet de tester rapidement des idées et c’est extrêmement gratifiant !
Et toi, l’auteur, qui es-tu ?
Moi, c’est Victorien. Comme tout le monde, j’ai commencé le GN par “Dieu est mort” et ça fait bien vingt ans déjà. Je me suis spécialisé dans les formats à peu de joueurs, facilement rejouables et réorganisables, ce qui convient très bien à mon côté paresseux. En tant qu’auteur, j’ai co-écrit la soirée-enquête Bordel de merde, le GN d’espionnage pour un joueur Agent double, le GN soirée littéraire Le paradoxe du caméléon et le GN itinérant sur la dune du Pyla Sixty Miles to Benghazi.
