Le harcèlement en GN

Publié le jeudi 10 septembre 2015 dans Articles

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Dans le cadre de Labo-Gn 2015, je souhaitais proposer un espace réflexif sur la question du harcèlement et du GN. Au Knutepunkt de cette année, j’avais en effet participé à plusieurs espaces de discussions sur ce sujet et je me demandais comment était la situation en France, sans parler de la nécessité ressentie d’ouvrir la parole dans notre communauté à ce propos.

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J’ai organisé une table ronde à prise de parole participative et interactive avec une dizaine de personnes intéressées pendant 80 mn (temps qui n’a évidemment pas été suffisant, loin s’en faut). Le but de cet article est de présenter les différentes réflexions échangées lors de cette conversation à plusieurs, articulées autour de trois questions thématiques :

1/ Qu’est-ce que le harcèlement dans le monde du gn ?

2/ Comment prévenir le phénomène ?

3/ Comment gérer l’agression et le harcèlement dans le monde du gn ?

Avec la petite question caractéristique du milieu gnistique français (je ne dis pas que c’est le seul) : la rumeur, qui semble être la seule façon de (non)gérer ces problèmes dans notre communauté.

1/ Qu’est-ce que le harcèlement dans le monde du gn ?

Nous avons tous plus ou moins conscience que même au sein d’un mini-groupe gnistique, chaque personne se construit avec différentes barrières et différentes cultures. Nos façons de communiquer diffèrent, que ce soit sur la façon de parler d’un jeu, de communiquer sur ce jeu (avant, pendant, après le temps même du gn, en tant que joueur ou en tant qu’orga). Dans le moment du jeu et dans les moments de rencontre gnistique en dehors du jeu (fêtes post-gn, pots de gnistes), nous n’avons pas les mêmes interdits, les mêmes envies en ce qui concerne notre espace vital et celui d’autrui, le toucher physique (toucher, être touché, comment, par qui) et les propos verbaux (commentaires laudatifs ou dépréciatifs, voire insultes, des personnages entre eux).

Lors de la table-ronde, il est apparu que la majorité envisage l’agression et le harcèlement plutôt d’un homme vers une femme et plutôt avec un caractère sexuel. Pourtant n’importe qui peut être agressé ou harcelé, il n’y a pas de « victime » type : homme, femme, timide, grande gueule… Souvent l’agresseur/harceleur ne se rend pas compte qu’il agresse/harcèle, notamment parce qu’en jeu « c’est pour de faux » ou parce qu’en communauté « on se connaît, on est en sécurité, on peut être familier ».

Nous nous sommes ainsi accordés sur plusieurs caractéristiques définissant et différenciant l’agression du harcèlement :

agression : acte ou parole imposé sans demande préalable du donneur et sans accord du receveur, lequel le vit mal.

harcèlement : acte répété du donneur et non consenti par le receveur, caractérisé par l’insistance, la gêne et l’intrusion (et généralement c’est la répétition par une même personne qui crée la rumeur dans la communauté et entraîne des phénomènes d’exclusion et shaming1 collectif).

2/ Comment prévenir le phénomène ?

Encore une fois, oui = oui ; non = non ; peut-être = non ; silence et absence de réaction = non ; raidissement et fermeture corporelle = non. Mieux vaut s’abstenir ou vérifier que de courir le risque de se tromper et de faire du mal. Même infime. Personne n’est dans la tête d’autrui. Un câlin peut avoir un effet dévastateur sur quelqu’un qui n’en veut pas. Or, en gn comme dans la vie, avec un inconnu comme avec un proche, il semble primordial de toujours s’assurer du consentement de l’autre. Même si on s’est mis d’accord 2h avant. Même si ça « risque de briser l’immersion ». Même si pour soi, « c’est pas méchant ».

La question de la rupture immersive revient constamment dans les conversations portant sur les techniques pour « se mettre d’accord » avec son partenaire de jeu. La question du roleplay comporte souvent l’idée erronée d’une acceptation sans conditions, voire d’un prétexte à tout jouer, tout infliger, tout supporter. Nombreux sont les discours à base de « j’y vais que si je le sens », « je fais un clin d’œil pour voir si ça va sans casser le jeu »… Mais sommes-nous bien sûr que ça soit suffisant pour ne pas se blesser ? Surtout quand nous sommes tous finalement si différents et si individuels dans nos ressentis de ce qui nous convient ou non ? Quid, en outre, des moments où nous ne sommes pas en jeu – et où cette notion de roleplay immersif tombe à l’eau – où quelqu’un que vous connaissez vous sert d’un peu trop près à votre goût ou vous donne son avis sur vous sans que vous n’ayez rien demandé ?

Il ressort de cette table-ronde la nécessité cruciale de respecter autrui : si le ludisme est important, être responsable et vigilant en fait tout autant partie, ce qui se traduit entre autres par la vérification (constante?) du bien-être à jouer et à interagir de l’interlocuteur, l’acceptation de la variabilité du consentement. Face à cela, peut-on toujours considérer le safe-word2 et la « rupture temporaire de l’immersion »3 comme des gros mots ?

Par ailleurs, d’autres techniques contournant la rupture immersive et aidant les joueurs « instinctifs » ont été évoquées, par exemple la technique des lanières, qui remplace de façon visuelle et silencieuse les safe-words comme « cut / brake / green ».

Variante 1 : un joueur choisit une lanière rouge / jaune / verte pour indiquer le degré d’intensité de jeu qu’il souhaite jouer ; au cours du jeu s’il veut changer, les orgas ont mis à disposition des lanières de rechange dans un endroit discret

Nous avons alors souligné que parfois, on veut bien jouer intensément avec certains (aller au contact, s’insulter), mais pas avec d’autres. Pour certains d’entre nous, c’est le jeu et il serait injuste de varier et adapter son implication dans le jeu suivant tel ou tel joueur alors que ce sont des interactions entre personnages. Est-ce que jouer la scène en retenue enlève quelque chose à une personne alors qu’on pourrait jouer la scène en intensité ? Oui, sans doute. Mais cela vaut-il la peine de se forcer ? On joue quand même la scène avec cette personne, on ne fait que moduler son intensité, il n’y a pas de refus de jeu, ce qui évacue quelque peu cette impression d’injustice. Dans la vraie vie, j’ai envie de faire la bise à certains de mes amis, d’autres non. Dois-je me forcer au nom du contrat social ? Chacun fait comme il veut au final mais il ne semble pas bénéfique de forcer toute une communauté en privant chacun de ses membres de ce choix.

Pour adapter la technique des lanières non pas aux variations suivant les moments du gn mais aux personnes avec lesquelles on joue :

variante 2 : un joueur porte une lanière rouge, une verte et une jaune ; quand une scène importante débute, il laisse dépasser la couleur qui lui convient pour indiquer son intention d’intensité de jeu à son partenaire et s’adapter à la sienne (la couleur la plus soft l’emporte).

3/ Comment gérer l’agression et le harcèlement dans le monde du gn ?

C’est là où les choses se compliquent. Nous pouvons effectivement, individuellement et collectivement décider de faire attention à soi et aux autres en gn et dans la communauté gnistique en dehors du temps du gn, que ce soit pendant les rencontres festives (soirées, bars, etc.) ou dans les moments post-gn où s’expriment le bleed-out4 et le gn-blues5.

Néanmoins, que se passe-t-il quand une personne se trouve agressée ou harcelée dans le milieu gnistique ? On peut black-lister quelqu’un d’un jeu ou d’une association mais pas dans la vie, par exemple lorsque nous nous retrouvons dans un bar qui est un espace public, et de toute façon est-ce une solution satisfaisante ?

Plusieurs questions plus ou moins graves se posent, avec, dans le désordre : le rapport à la justice de notre société, le développement de rumeurs, la diffamation, la vengeance, l’ostracisation, la marginalisation. En outre, pourquoi quand cela se produit, personne ne va parler à l’agresseur/harceleur ? Pourquoi les associations ne tentent pas des médiations ? Et pourquoi quand quelqu’un s’est conduit comme un con, il y a dix ans et plus depuis, n’a-t-il pas droit à une forme de rédemption ou de bénéfice du doute ? Où se place la présomption d’innocence ? La non-conscientisation ? La parole de la victime ? Le droit à l’erreur ?

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que si on peut mettre des règles (techniques du consentement variable, de signalisation des postures, ateliers de briefing et de debriefing, espaces de verbalisation) sur le temps du gn, il n’est guère possible d’en placer sur les temps de gnistes en dehors du gn car ce sont deux temps bien distincts : le « jouer ensemble » n’est pas le « vivre ensemble ».

Reprenons les sujets un par un :

La justice

Lorsqu’il y a crime/délit (avec témoins et preuves matérielles), il peut y avoir report à la justice. L’association peut accompagner la victime dans cette démarche de porter plainte si elle le souhaite et éventuellement prendre des mesures excluantes en assemblée générale après avertissement.

Tout n’est pas si simple, surtout sans preuves ni témoins, sans parler des éventuelles craintes face à la société mais aussi face à la communauté, la culpabilisation et la confusion du temps du jeu. La victime peut choisir de ne pas entamer cette démarche, d’autant que le préjugé policier (face au jeu de rôle et par exemple la délicatesse d’expliquer la situation hors jeu/en jeu) est potentiel.

Ne rien faire pourrait pourtant être perçu comme cautionner l’agresseur/harceleur. Et ce n’est peut-être pas à la communauté d’enquêter pour vérifier les dires de la victime. Entre décrédibilisation d’une personne et diffamation d’une autre, face aux souffrances que tout cela peut engendrer, notre table-ronde a eu du mal à décortiquer des solutions satisfaisantes pour tous. En parler semble la moindre des choses.

La rumeur

Et c’est l’une des façons par lesquelles on tombe dans la rumeur. Comme dans toutes les communautés, la nôtre parle. Nous parlons de nous, nous parlons des autres ; des histoires circulent, des anecdotes plus ou moins positives, plus ou moins malveillantes. Sans quasiment jamais la sécurité de vérifier quoi que ce soit mais, il faut l’avouer, la sécurité n’est pas vraiment le but premier de la rumeur même si parfois elle se cache derrière : « tu ne devrais pas faire jouer cette personne parce que… », « telle personne a les mains baladeuses », « il est arrivé tel truc à telle personne », etc, etc.

Quasiment rien n’est mis à plat, débriefé entre protagonistes avec ou sans médiation, d’ailleurs. Tout se (non)gère souvent à la rumeur. Il est très compliqué d’aller dire à quelqu’un qui a eu un comportement/propos déplacé qu’il nous a blessé et qu’on voudrait qu’il ne recommence pas. C’est une réaction à laquelle il est souvent difficile – émotionnellement notamment – de se résoudre : c’est pour l’instant la seule que j’ai trouvée qui m’ait fait me sentir mieux (et si la personne en face persiste, il est possible de revenir au point justice et d’en parler à des personnes médiatrices).

Le problème est de différencier parler et faire circuler une rumeur : à mon sens, vouloir protéger d’autres victimes potentielles en répandant des bruits / en racontant ce qui nous est arrivé ne protège personne (même si nous sommes bien d’accord qu’il est cathartique de parler), cela ostracise et fait souffrir à terme tous les protagonistes de l’histoire. S’appuyer sur le cadre associatif pour entamer une communication qui sensibiliserait l’agresseur permet d’enclencher le processus de pardon et de guérison de soi et du rapport à autrui. Enfin, faire des activités gnistiques de sensibilisation à ces problèmes pourrait aider à les prévenir.

Pour conclure cet article un peu casse-gueule (mais il fallait bien essuyer les plâtres et lancer le débat. Je n’ai aucune prétention de ne pas me tromper, je m’excuse si j’ai offensé des personnes et je vous prie de ne pas m’en vouloir si vous ne partagez pas les avis énoncés ici), nous avons fini notre discussion en réaffirmant quelques principes simples mais importants :

  • l’éducation/la sensibilisation de la communauté
  • ne pas citer de noms (et s’excuser) lorsqu’on lance / relaie une rumeur
  • renoncer à ses privilèges
  • communiquer
  • généraliser l’usage des safe-words à tous les jeux

 

Pour aller plus loin dans cette réflexion (attention, je ne suis pas d’accord avec tout)…

Une association canadienne s’est pourvue d’une charte anti-agression et harcèlement basée sur celle de la commission des droits de l’homme de l’Ontario : http://www.underworldralinwood.ca/harassment-policy/

Un article sur le phénomène en Suède qui a entraîné pas mal de discussions au Knutepunkt 2015 (et qui mentionne le mouvement Larp Women Unite) : http://geekfeminism.org/2014/11/26/a-tsunami-of-testimonies-assaults-in-the-swedish-larp-community/

Série de témoignages : http://spelkult.se/testimonies/

Le sujet a par ailleurs été abordé sur le portail du huis clos : http://www.murder-party.org/forums/topic/des-comportements-inappropries-en-gn/

 

 

 


 

1Quand une partie d’une communauté tente de faire honte ou d’humilier un ou des individus précis.

2Mot dit de sécurité, convenu à l’avance (avant le jeu le plus souvent) entre joueurs ou indiqué par les orgas pour tous, afin de signifier en jeu qu’on ne veut pas jouer une scène ou recevoir certaines remarques, certains contacts.

3Par exemple prendre quelques secondes de hors-jeu pour se mettre d’accord entre joueurs sur les modalités de comment on va jouer une scène.

4Quand on emporte un peu de son personnage dans sa vie à soi, des émotions, des gestes, des réactions. Par exemple, mon personnage a vécu des moments difficiles et après le jeu, moi joueur je me sens mal.

5Quand plusieurs jours, voire plusieurs semaines après, je reste (plus ou moins volontairement) dans l’esprit d’un jeu qui m’a marqué, j’en parle beaucoup, je communique avec mes co-joueurs mi-en jeu mi-hors jeu, j’écoute les musiques associées, j’écris des textes en jeu comme des lettres pour continuer à être un peu dans le jeu.

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Marianne

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25 réactions à Le harcèlement en GN

  1. Les safe-words, ça devrait être obligatoire.

  2. 100pct d accord avec Hoog, les safeword devraient devenir aussi connus que le terme « hors jeu ». Ah petite remarque, qu’est ce que le ludisme a avoir la dedans. Serait ce devenu un terme fourre tout péjoratif ?

  3. Très bon article, très intéressante réflexion.
    Une remarque concernant le safe-word : je déteste l’utilisation de mots ouvertement hors-jeu, a fortiori quand ils sont issus d’un jargon scandinavo-anglais. Je préconiserais plutôt l’utilisation d’un code qui peut passer pour une phrase anodine mais qui déclenche un réflexe méta-jeu de recul. Par exemple, sur le jeu « Leçons de Séduction », l’évocation d’une odeur de jasmin tenait lieu de safe-word : c’était assez spécifique pour fonctionner.

    Je dirais que le safe-word a une autre utilité : celui de ne pas être utilisé ! De ce que j’ai remarqué, l’existence de ce code rassure les gens, qui sont donc enclins à aller plus loin, en toute sécurité.

  4. Parfaitement d’accord avec le MoZ, les « Safe Word » ne sont pas à mes yeux la solution à ce genre de problème. Vouloir rendre obligatoire la chose me fait frissonner…
    Et bien que je souscrive à certains constats de Marianne, je crois que le sujet est encore plus sensible qu’il n’y parait : à trop vouloir cadrer, protéger, sécuriser, rassurer on peut vider de sa substance le GN. L’intensité des propos, l’immersion émotionnelle, le lyrisme de certains rôle-play pouvant devenir les dommages collatéraux de mesures destinées à prévenir ces dérapages. C’est ce qui rend le sujet complexe. Nous allons jouer en GN pour être surpris, vivre des choses fortes, être parcourus d’émotions intenses, voir même, pour certains, sortir de notre zone de confort. Autant d’éléments pouvant être le terreau de certaines dérives malsaines et/ou de sentiments de persécution.
    Annoncer avec des lanières ou autres accessoires de notre degré d’intensité de jeu est pour moi le début de la fin. Quid de la surprise ? C’est baigner dans du méta-jeu qui est, à mes yeux, particulièrement stérilisant.
    Je crois que les réponses les plus simples et les plus directes sont les meilleurs : communiquer sur l’instant. Que la personne qui est « victime » s’exprime au plus vite et directement à son « agresseur ». Si la peur l’en empêche, en parler à un orga qui se chargera de communiquer avec celui qui est montré du doigt. Le pire étant, comme le dit Marianne, de ne rien dire, puis de se venger plus ou moins consciemment par le mécanisme de la rumeur (qui ne s’est jamais aussi bien porté depuis les réseaux sociaux…).

  5. D’abord, merci Marianne pour ce bon travail sur ce nécessaire sujet.

    @MoZ: malheureusement, le safe-word « diégétique », c’est sympa sur le papier, en pratique ça a ses limites. Puisque tu mentionnes le leçon de Séductions, j’ai eu un moment où j’ai dû mettre fin à ce qui constituait un dépassement de mes limites. La phrase EJ, je l’ai complètement oubliée, je suis passée Hors Jeu pour dire clairement non, et un vrai safe-word aurait sans doute été pour moi plus efficace. On peut vouloir un système moins intrusif (perso j’aime bien le « double-tap » qui vient de la lutte), mais il ne se suffit pas à lui-même à mon sens.

    Pour ceux que la notion de safeword, d’anglicisme si peu immersif, ou de sécurisation des relations dérangent, je demande qu’on fasse une comparaison avec les règles de combat. On utilise bien des armes, factices, qui, même si elles ont gagné en esthétisme depuis le temps glorieux des épées boudins, restent non réalistes et représentent une composante méta-jeu (c’est le phénomène qui permet de faire « semblant » qu’une arme en mousse est réelle). Et même avec ça, on prend le temps de faire un brief combat, dire de faire attention aux parties sensibles, on ferme les zones dangereuses, on ne se bat pas de nuit sans une source de lumière sécurisée, etc.

    Là, on parle de sécuriser d’autres formes d’interactions physiques et toutes interactions mentales. Pourquoi est-ce pour certains si difficile là où tout le monde admet qu’il faut des règles de combat? Je m’étonne toujours qu’il paraisse si évident de sécuriser le fait de se faire la guerre ou de se tuer, mais de trouver des réticences dès qu’on parle d’interpréter les sentiments, la violence psychologique ou la sexualité et de le sécuriser. En situation de gêne il n’est pas toujours possible de mettre les mots sur son ressenti ou de dépasser les préjugés sociaux qui culpabilisent les victimes. J’ai plus d’un exemple du fait. De ce fait, pour moi, annoncer clairement les règles de sécurité sur l’agression ou le harcèlement, c’est aussi permettre cette parole, et garantir une pratique plus sûre qui n’en sera pas moins intense, bien au contraire. Comme l’a écrit MoZ, l’existence de safewords permet bien souvent de dépasser plus aisément ses limites parce que l’on sait qu’on aura toujours la possibilité de freiner quand on le souhaite.

  6. Rho la vache comme ça va loin… Bientôt il va falloir demander aux joueur juste avant de les « surprendre » si l’on peut leur faire peur lors d’une embuscade ou d’un linéaire en jeu… Les Gn de genre et de style horreur ou autre demandant une ambiance dite « obscure » vont en prendre un coup.

    Bientôt il n’y aura plus que des petit poney en Gn ……… triste d’en arriver là émoticône :/

    Chacun est responsable de son comportement en jeu et si la personne dite « borderline » n’arrive pas à faire comprendre son interprétation de jeu, c’est qu’il n’a rien compris lui même de ce qu’est un Gn…

    D’autre part, et cela était déjà une discussion vieille de 20ans, si un joueur et trop « impressionnable » ou « influençable » il faut lui faire comprendre qu’un travail émotionnel sur sa personne doit être fait avant de se retrouver devant des joueurs aguerris qui ne désirent qu’une chose… jouer et s’amuser.

    Je comprends que certain sont émotionnellement fragile pour certaine situation, et que d’autre à l’inverse sont trop con pour faire la part des choses entre jeu et harcèlement, mais de là a interrompre une situation de jeu, que ce soit en combat, en rp ou tout autre situation pour « heu s’cuse moi mais, je peu te prendre par la main pour te montrer que mon personnage affectionne l’aide que tu lui porte? »…………. au secours……

    On rentre dans l’ère des bisounours (voir plus haut)….

  7. Sur la condamnation de la rumeur, désolée, mais je ne m’associerai pas à la condamnation, et je vais garder ma black-liste (qui touche surtout le harcèlement à connotation sexuelle mais pas que)

    Explication sur le premier, puisque c’est celui que je connais le mieux. On a dans ce pays à mon sens, un vrai problème vis-à-vis de la séduction et de la manière très pernicieuse dont on accepte de considérer comme « drague » des comportement proches du harcèlement, qui sont exacerbés en GN puisque l’alibi du personnage permet de se justifier par le RP. En parler directement avec les personnes concernées? On a tenté. Déni et culpabilisation des victimes. Et parfois, aussi, on décide de faire confiance malgré la rumeur, et on apprend ensuite d’une joueuse qu’elle a été très mal à l’aise, et a vu son jeu gâché à cause de ça (pour compléter mes propos antérieurs, je ne l’ai su que 6 mois après. Sur le coup, elle n’a pas osé déranger ou rompre l’immersion. CQFD)

    La plupart des problèmes n’ont pas de portée juridique, c’est la main un peu trop baladeuse, le toucher trop insistant, la scène qui « dérape », des choses impossibles à prouver, et des situations pour lesquelles il y a beaucoup de déni. Donc sensibiliser en amont, et assurer la sécurité par des workshops, safewords et autres, oui, mais il y a un sacré à faire sur la notion de consentement, et on se heurte vraiment à beaucoup de résistances en la matière. Autant le dire, quand on supporte en plus une charge d’orga, parfois, on n’a pas envie de perdre son temps à éduquer des participants qui ne veulent parfois rien entendre, quand on a en face 90% de gens bien plus agréables et à l’écoute, qui savent jouer dans le respect des autres, et qu’on aura bien plus envie de laisser s’inscrire.

    Ne pas écouter la rumeur, c’est prendre la responsabilité de laisser une situation de harcèlement se produire par sa propre faute. On peut comprendre que certains orgas n’en aient pas envie. A titre personnel, je ne le recommande pas.

  8. Au risque de choquer, j’ai une expérience opposée. Lors du dernier GN que j’ai organisé, deux joueuses m’ont avoué, à la fin du jeu, qu’elles regrettaient que les joueurs n’aient pas plus joué et assumé les rôle play de séduction. Pour ces scènes si spéciales et sensibles j’ai certes mis dans mes règles un safeword (grrr je déteste ce mot) juste dédié à cette dimension du jeu. Du coup j’ai rajouté un autre mot opposé qui indique à l’autre joueur qu’il y a franchement de la marge et qu’il peut, s’il le souhaite, appuyer davantage son rôle play en la matière.
    Du coup je me rapproche de l’avis de Thierry. Je n’ai pas envie moi non plus que le GN entre dans l’aire des bisounours. J’ai déjà choqué en la matière sur le forum lié à ce site en disant que le GN n’est pas une activité adaptée pour tous… Cela n’excuse en rien les dérapages de certains et je trouve dommage que l’on puisse considérer comme Muriel que traiter directement un dérapage soit vain.

  9. Un traitement ça se fait à tous les niveaux, en amont, sur place, en aval. On peut traiter un problème sur le coup, ET anticiper pour éviter qu’il ne se produise. J’attirais simplement l’attention sur le fait que gérer sur place et au coup par coup, c’est parfois compliqué. Parce que la victime n’osera pas parler sur le coup de peur de casser le jeu ou ruiner l’immersion, parce que trouver les mots ce n’est pas facile, etc.

    Après rien n’a de vocation à être systématique. Règle numéro 1 de l’orga, chacun fait ce qu’il veut avec les règles qui lui conviennent. Utiliser des safewords ou non est un choix. On présente l’outil et les problématiques afférentes. Libre à chacun d’en faire ce qu’il veut.

    @Cire : dans ton exemple, c’est peut être les joueurs qui n’avaient pas envie de faire une scène plus intense? Peut-être que ce sont eux qui étaient mal à l’aise, ou ne voulaient pas aller plus loin, par affinité, choix personnel (certains joueurs ne jouent pas intensément les scènes de séduction pour des raisons HJ, parfois liées à leur couple IRL)? Le niveau d’intensité d’une scène est par défaut le niveau minimum de celui des joueurs impliqués, sinon ça devient de l’abus.

    Avoir un code pour monter l’intensité d’une scène est une bonne solution à ça. La plupart des safewords intègrent d’ailleurs un code opposé que les joueurs peuvent utiliser pour demander à jouer plus intense.

  10. C’est quoi un linéaire Thierry ?

  11. Oui Muriel, cela aurait pu être le cas. Je me suis donc entretenu avec 2 des joueurs « concernés ». Tous les deux sont très aguerris et n’étaient nullement mal à l’aise. Ils sont connectés avec la communauté, sur des forums ou Facebook et sont actifs dans le « milieu ». Et ils sont justement très sensibilisés sur ces questions de harcèlement ou de dépassement intempestif de limite de jeu chez autrui. Je trouve ça super bien. Mais du coup ils rôle-playent (je me met à conjuguer l’anglais avec le français…) à minima sur certaines dimensions de jeu sensibles (combat, séduction, sexe…). Ceci afin d’éviter tout malentendu et ils m’ont chacun cité une mauvaise expérience personnelle lors d’un jeu. Dans l’idéal ils devraient pouvoir s’entretenir avec chaque joueur de ses « limites » connues avant le début du jeu. Un atelier pourrait traiter plus ou moins longuement de ces choses là. Certes ce serait bien imparfait mais je conviens que ce serait un exercice utile. Perso je bloque un peu sur les ateliers mais je suis prêt à évoluer.
    Donc oui prendre conscience des problèmes de harcèlement c’est bien. Mais parfois à réfléchir sur tout, à jouer le principe de précaution, on se bloque. Voilà pourquoi j’ai crée un « opposé » du safeword : un mot qui autorise l’autre, sans l’y contraindre, à pouvoir amplifier l’intensité d’une scène particulière.

    Bref, cet article est donc utile. Il sensibilise, pose des questions et c’est très bien. C’est juste sur certains aspects des pistes proposées pour limiter des dérapages malvenus que je reste très interrogatif.

  12. @Thierry : entrer dans l’ère des bisounours est une réaction épidermique normal au regard du fait que l’on sort de l’ère des gros lourds. 😛

    Si nous n’avions pas traité, trop souvent, les relations hommes-femmes de nos personnages de méd-fan à l’emporte pièce et aux stéréotypes vaseux, je ne pense pas que le sujet du safe word serait sur la table. La culture de jeu d’une majorité d’associations française n’a jamais été de se préoccuper de la sécurité affective et mentale de ses joueurs/ses. Non qu’elles ne se soient positionnées sur la question, c’est juste une situation qui s’est créé par absence de réflexion sur le sujet.

    Je pense de surcroit que ce sont les jeux les plus lointains de ces thèmes(séduction, charme, émotion, etc…) qui sont prioritairement les plus à risque. Parce qu’elle n’a pas forcément prévu de méthodes et de moyens pour gérer le problème / l’incident, l’association lambda ne saura pas quoi faire et ne fera pas grand chose.

    Je serais, personnellement, totalement affirmatif sur la question de la responsabilité. Les orgas sont responsables. En tant qu’orga, je dois être à l’écoute de ce type de situation et surtout je dois intervenir. Surtout si mon jeu ne prévoit pas d’outils pour gérer ce pan du jeu.

    Si quelqu’un se pète une jambe sur le site, je ne vais pas dire « c’est pas de ma faute, démerde toi ». Je me ferais mettre au pilori par la communauté et à juste titre. Pour l’agression, le harcèlement, et même l’absence de savoir vivre, je suis responsable de la situation qui se produit sur mon évènement. Je dois la gérer : 1. pour informer les parties que ce n’est pas normal et que la situation n’est pas justifié par le jeu ; 2. pour la circonscrire rapidement pour ne pas que ça se reproduise (remarque aimable, avertissement ferme, fin de jeu pour le/les joueurs concernées).

    C’est sans conteste une attitude paternaliste, mais personne n’a envie de voir les joueurs (émotionnellement) concernés faire justice eux-mêmes par des biais discutables : rumeur, vengeance, délation, etc.

  13. Merci Marianne pour cette piste de réflexion.

    Si jamais quelque chose se monte autour de ce sujet aux GNiales, je serais ravi d’y prendre part 🙂

  14. Assez d’accord avec Pink. J’irais un peu loin.
    Pour moi, le safeword ne répond pas à la préoccupation du harcèlement. Il est un outil qui permet de régler les niveaux d’intensité du jeu, pour lesquels nous n’avons pas tous les mêmes attentes. Il est le témoin de l’investissement du GN dans des types de jeu pour lesquels l’intimité du joueur peut être bousculée et a sa place dans ce type de GN. Mais que faire dans les autres GNs, où on pense ne pas prendre de risque avec l’intimité ?

    Le harcèlement, c’est souvent une action qui dépasse le simple jeu. Le harceleur (au sens d’une personne qui rentre profondément dans la sphère d’intimité de chacun) en GN l’est également dans la vie de tous les jours. Du coup, la réponse à ces abus doit se faire HJ. Un « lâche-moi », « me touche pas », « ne joue plus avec moi », pourras, selon le ton avec lequel il est employé, être clairement identifié comme un NON « HorsJeu ». Je vois pas pourquoi la réaction à un harcèlement devrait passer derrière un souci d’immersion … alors même qu’on accepte volontiers de faire une exception au « En jeu » pour gérer des situations de danger physique en combat. Le harcèlement est une situation de danger aussi sérieuse que celle de battre au bord d’un muret.

    Dans un GN récent, les orgas avaient introduits, plutôt qu’un safeword, un mot diégétique signalant des informations « hors jeu ». Du fait de la forte intensité du jeu, ce mot a pu être utilisé comme safeword. Mais, comme les orgas l’utilisaient également pour de la gestion du jeu, il était facile à « invoquer ».

    Enfin, oui, l’orga est responsable. Le président de l’association (quand on est en milieu associatif) encore plus. Souvent, il peut intervenir comme acteur neutre dans une situation vécue comme un harcèlement. Quand, je suis orga, je n’en veut jamais à un joueur qui vient me confier l’inconfort qu’il a eu à jouer avec tel ou tel autre. Et, je n’ai aucune difficulté à aller gérer la situation, informer que des comportements indélicats ont été observés, demander qu’une attention spécifique soit portée à l’intimité des autres. Ce genre de médiation permet de couper la rumeur avant qu’elle n’apparaisse quitte à passer au blacklistage (assumé et affirmé) si la personne n’adapte pas son comportement.

  15. A noter que quand on parle de safeword, je pense que la plupart d’entre nous ne parlent pas d’un mot mais de plusieurs mots permettant de metacommuniquer, coupant toute ambiguité entre le ti et la to. Des termes tel que :

    Brake
    Kutt/cut
    Check-in

    Le souci étant qu’ils sont généralement utilisés en anglais ou en norvégien mais je suppose que certaines orga les ont déja abordé (perso je m’en fous et au moins ils sont internationaux de cette manière) Peut être qu’il serait intéressant d’en rajouter d’autre (ça doit surement exister sous diverses manières)

    Évidemment, ce sont des outils de communications et cela ne règle pas directement le souci du harcèlement et des abus. Pour moi, plus tot l’orga sera au courant des comportements inapproprié, plus vite il pourra recadrer (ou exclure dans les cas plus grave) le ou les joueurs incriminés. D’ou l’importance d’avoir des sources de feedback continu des joueurs. Et plus le cadre sera clairement défini avant le gn (Vive les workshop et les briefing), plus il sera facile pour l’orga de souligner les transgressions.
    Hélas dans la pratique, c’est plus difficile à dire qu’a faire car la victime peut être sujette à la sidération ou à l’accommodation. (Ce qui restent des réactions de défense « normales », il faut éviter à tout prix le victim blaming)

  16. Ps: l’exclusion d’un joueur n’empêche évidemment pas le dépôt de plainte.

  17. On peut aussi voir les choses par l’autre bout de la lorgnette.
    Harcèlements voir agressions, minimisation des faits, blâme des victimes…. existent dans notre société. Pourquoi le GN issu de cette même société en serait exempt ?
    Alors on peut faire l’autruche… dire que ce n’est pas si grave (!) ou dire que, non dans le GN il n’y a pas…
    Merci à l’article (et aux coms) de soulever le sujet et de proposer des pistes.

  18. Je pense que la notion de fragilité ou autre de la victime ne peut en aucun cas être utilisée.
    D’un point de vue d’organisateur, nous sommes responsables, certes du plaisir de jeu de nos joueurs, mais en premier lieu de leur sécurité. Qu’elle soit physique ou psychique. Et quelque soit l’événement, il est pour moi important de vérifier si celui ou celle en face de nous est toujours En Jeu ou non.
    Cela peut passer juste des fois par un clin d’œil, pour valider.
    Je pense même que lorsqu’une scène est prévue difficile, de valider avec l’autre si c’est ok avant de lancer la scène.
    Les rubans peuvent être une méthode de protection.

    J’ai malheureusement trop vu de PNJ profiter du coté « méchant » de leur personnage pour oublier que dans un jeu on est sensé s’amuser des deux cotés… sans même parler de la différence PJ/PNJ

    Concernant les rumeurs, j’en ai entendu et c’est vrai que cela peut casser du joueur ou du pneuj. Donc, au risque de planter une scène parce que vous réagirez un peu violemment à ce que vous vivez, n’oubliez pas que si vous ne vous amusez plus (même si vous jouez un drame) et que vous avez le sentiment de ne plus être dans le jeu, il est temps stopper le jeu. Le temps de remettre les choses dans leurs contextes.

    Et les joueurs qui ne savent s’amuser que dans ce type de relation de prise de pouvoir sur les autres, sans être attentif aux autres, tant pis pour eux si ils sont black listés.
    Cela leur donnera une raison de réfléchir à leur comportements…

  19. Pour mes jeux, j’ai décidé d’éviter un maximum ce genre de situation : les relations sexuelles et leur simulation, ainsi que tout se qui s’y rattache ( viol torture ) sont interdites de facto : pas besoin de safe word ou de ruban.
    Je conçois mes jeux et mes personnages pour éviter que cela arrive .
    Quand au comportement autre ( la main au cul par exemple), je sensibilise mes orga sont pour intervenir et éviter que des gens se fassent justice eux même. Je pense même à mettre en place une véritable équipe de sécurité ( qui garantissent les règles par exemple ). J’ai vu ce genre de chose sur les Gn allemands avec des orgas portant différents tee shirt.

  20. J’ai l’impression que deux choses très différentes sont mélangées dans la plupart des interventions, qui s’efforcent de leur chercher une solution unique.

    – La question de l’intensité du jeu émotionnel (de séduction ou de sexe, en gros, mais ça doit se décliner pour de la torture ou autre). Si une personne souhaite une intensité raisonnable (ce qui est légitime et ne saurait être remis en question), cela va gâcher son plaisir de jeu si celle d’en face est « trop ». Dont acte, on peut trouver des système de méta jeu pour essayer de maximiser l’expérience de jeu de chacun (rubans, mot-clefs, etc.).

    – Le harcèlement, ou le gros lourd. C’est un problème hors-jeu, du au caractère hors-jeu du joueur. Vu l’exposé, la réponse est logiquement de régler ça hors-jeu ; l’immersion n’est pas en débat (elle est déjà brisée pour la victime).

    Il ne me semble pas pertinent de chercher une solution unique à ces deux problèmes différents… Et dans le second cas, la gestion à long terme est une vrai question : le shaming et la rumeur fonctionnent, certes, mais on pourrait espérer mieux d’une communauté mature (tant par son âge, que son ancienneté et sa réflexivité sur ses propres pratiques).

  21. JY, je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi. Les safe-words, qui solutionnent généralement les problèmes de ta première catégorie, gèrent aussi une partie de ceux de la seconde.
    En effet, certains profitent de l’alibi que procure le jeu de rôle pour aller (volontairement) trop loin. Genre je te mets une main au cul parce que c’est logique pour nos personnages dans cette situation. Dans un tel cas, la pression de ne pas passer hors-jeu pèse sur la « victime ».
    Face à un tel comportement, cette dernière peut utiliser un safe-word pour recadrer la situation, en s’appuyant sur la légitimité d’une règle du jeu, sans avoir à recourir à l’ambiguïté en-jeu/hors-jeu (qui peut être aisément ignorée par la personne en face) ou à passer carrément hors-jeu (« Lâche-moi t’es chiant(e). »).
    Après, si le comportement persiste, on n’a effectivement pas le choix que de passer totalement hors-jeu. Mais toute la zone grise, créée par l’ambiguïté du fait de jouer un rôle, est couverte par le safe-word.

  22. Le GN est à la fois un risque et une chance.
    Un risque parce qu’il met en scène des situations potentiellement intimes, et donc gênantes. Ce sont des brèches desquelles peuvent profiter certaines personnes, sous couvert d’un semblant de jeu.
    Mais c’est aussi une chance, parce que le GN est toujours encadré par des règles, des consignes. Pour peu que celles-ci soient adaptées, je crois sincèrement qu’elles peuvent créer une zone extrêmement sûre pour ses participants.
    Et pour ça, je crois aussi que la sensation de sécurité est au moins aussi importante que la sécurité en elle-même.

  23. Je ne vois pas ce que ce safe word apporterait.

    Quand une personne vas trop loin on trouve une porte de sortie en jeu sinon hors jeu.

    Si une personne revient a la charge on trouve une solution entre quatre yeux sinon on cherche de l’aide.
    Si une personne n’est pas capable de le faire sans safe words ,elle ne sera pas capable non plus de le faire avec.

    Malheureusement bien souvent je lis des personnes qui confondent un personnage odieux avec un joueur odieux. Et qui prennent des propos ou des actes en leur encontre comme personnel alors que ce n’est que du jeu. Et je ne parle ici de rien de sexué.

    Il est clair que rappeler le bon sens, rappeler à tous que le jeu s’arrête la ou l’autre le décides est une condition sine qua non du gn. Et que les orgas peuvent être là en cas de problèmes mais de la à les tenir responsables pour les agissements de l’un ou l’autre imbécile…

  24. Je pense qu’il est dangereux de dire « tout ceci est inutile, ce que nous avons fonctionne déjà très bien, ou le devrait ». Il y a clairement des personnes qui ressentent un besoin de cadrage plus important, je pense qu’il faut les écouter et chercher des solutions (puisque visiblement, celles qui existent ne sont pas suffisantes) au lieu de dire que tout va bien et que c’est dans leur tête.

  25. Momo, le principe de la porte de sortie en jeu me semble nuisible. Elle pénalise le joueur « victime », alors qu’il ne devrait pas l’être. A l’inverse, l’utilisation d’un safe-word demande à « l’agresseur » de changer de conduite, avec toute la légitimité du réglement du GN.
    Après, si « l’agresseur » persévère, seul le hors-jeu peut régler le problème. Mais ça signifie qu’il aura enfreint le réglement du GN, et pas juste « mal compris » un signal en jeu (et donc ambigu).

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