Drague & Harcèlement en GN II

Publié le lundi 22 mai 2017 dans Articles

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L’été dernier, à Labo-GN, j’ai voulu poursuivre mon travail de réflexion en groupe sur les phénomènes et les effets de la drague et du harcèlement dans la vie et le GN, l’espace-temps du jeu et la communauté gnistique (c’est l’universitaire qui cause).

Avec ma pote Lila, on s’est retrouvées à essayer d’expliquer vainement la différence entre drague et harcèlement à un garçon qui demandait. Et puis, l’épiphanie alcoolique de la soirée nous a poussées à montrer plutôt que dire et nous avons improvisé deux scénettes, l’une démontrant la drague et l’autre le harcèlement, de notre point de vue.

    

On s’est dit qu’il fallait continuer à travailler là-dessus et nous avons écrit un atelier que nous avons mis en place à Labo-GN 2016.

Voici comme cet article aborde ce récit : La première partie raconte l’introduction de l’atelier, entrecoupée de quelques réflexions sur le sujet de l’article au fil de l’eau ; la seconde partie fait le lien avec la table ronde de 2015 pour rappeler quelques idées autour de la sécurité et les propositions de solutions auxquelles nous étions arrivé.e.s ; la troisième partie présente la méthode de l’atelier que nous avons réalisé.

L’introduction de l’atelier

Lila et moi avons commencé par jouer quatre scénettes :

  • Scénette Drague dans la vie : Je suis à l’arrêt de bus et quelle originalité ! j’attends mon bus, en pianotant sur mon téléphone / écoutant de la musique / lisant un livre / regardant bovinement la rue. Quelqu’un.e me remarque, se place dans mon champ de vision et essaye d’établir un contact visuel puis engage la conversation : « Bonjour, beau temps pour la journée, ça vous dirait de discuter en attendant le bus ? ». Quand je dis « non merci je ne suis pas intéressée », la personne sourit, dit au revoir et s’éloigne pour attendre le bus plus loin.
  • Scénette Harcèlement dans la vie : La même scène mais quand je dis « non merci je ne suis pas intéressée », la personne force le rapport : il.elle se rapproche et/ou reste dans mon axe de vision et/ou essaye de maintenir le contact visuel, puis fait des commentaires sur mon physique et/ou mon comportement, me donne des injonctions (au sourire, au dialogue, à la réaction), finit par m’insulter et/ou faire des remarques désobligeantes, envahit mon espace vital, me touche sans me demander mon avis, etc.

***

Quand on en arrive à jouer les mêmes scènes – ou approchantes – dans le cadre d’un Jeu de Rôle Grandeur Nature, les choses se corsent : la réflexion la plus courante étant « est-ce le joueur ou le personnage qui me drague / me harcèle ? ». Il se peut que le personnage soit écrit pour être un prédateur / agresseur ; il se peut aussi que le joueur en-dessous s’en serve comme prétexte pour se comporter d’une façon qui n’est ni normale ni tolérable, à notre avis, car – est-il utile encore de le rappeler ? – la sécurité des joueurs passe avant la qualité d’un jeu et aucun scénario ne justifie l’inconfort physique ou émotionnel non consenti d’un joueur. Nous pensons que la question n’est pas tant d’arriver à savoir si on se trouve dans l’un ou l’autre cas de figure mais bien plutôt de faire attention à autrui et de vérifier (même au prix de la sacro-sainte immersion – et c’est ce que Lila et moi tentons de mettre en place sur nos jeux, une posture d’orga qui n’engage que nous, encore une fois) que notre partenaire de jeu va bien, notamment dans une scène où notre personnage brutalise le sien.

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Voici donc deux scènes-exemples de drague / harcèlement pendant un jeu, où clairement le jeu est un prétexte pour autre chose :

  • Scénette Drague pendant un GN : Je joue une jeune personne innocente qui va à son premier bal XIXe siècle et l’intérêt amoureux de mon personnage est là, j’espère qu’il va m’inviter à danser. Le joueur qui joue cet intérêt amoureux vient me trouver et invite mon personnage : au cours de la danse, il me propose de nous éclipser pour une promenade romantique sous les étoiles, je refuse, par la voix de mon personnage ; nous continuons à danser et à jouer l’interaction amoureuse victorienne classique.
  • Scénette Harcèlement pendant un GN : La même scène mais lorsque je refuse, par la voix de mon personnage, mon partenaire de jeu me serre de plus près, ses mains descendent sur mes fesses et il me coince par la danse dans un espace de plus en plus restreint (des chaises, une table).

 

Certaines personnes ne voient pas ou refusent de voir un malaise facilement palpable :

  • regard fuyant
  • tentative de s’éloigner physiquement
  • corps tout raide
  • peu ou pas de paroles (parfois confuses ou mal assurées)
  • tentative de se rapprocher d’autrui ou d’inclure un tiers dans une conversation

Nous partons du principe que si la personne en face de nous, ou quelqu’un de l’autre côté de la pièce semble dans cet état, il faut au moins vérifier (avec par exemple les outils de sécurité mentionnés ici et ici – discrètement pour ne pas foutre le jeu en l’air des autres – mais vérifier : le but n’est pas de jouer au chevalier blanc mais que tout le monde se sente à l’aise, surtout pour jouer des scènes où nos personnages passent un sale moment. Proposer son aide à quelqu’un ou sortir quelqu’un d’un mauvais pas ne donne pas pour autant de droit à imposer quelque chose de similaire à cette personne.

ex : demander le numéro de quelqu’un qu’on vient d’aider face à un frotteur dans le métro n’est vraiment pas la meilleure idée du siècle.

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Quelques rappels simples et importants

Que ce soit en GN ou dans la vie, il faut se mettre d’accord dans notre communauté sur ce dont nous sommes en train de parler : en 2015 lors de la première table ronde sur le sujet à Labo-GN, nous nous sommes ainsi accordés sur plusieurs caractéristiques définissant et différenciant l’agression du harcèlement :

Lors de l’atelier que nous avons construit avec Lila et présenté à Labo-GN 2016, le but n’était pas de débattre de solutions collectives (charte, plainte, black-list, etc.), mais de commencer à discerner les pistes à explorer : 

  • l’éducation / la sensibilisation de la communauté
  • ne pas citer de noms en public lorsqu’on témoigne / relaie une histoire d’agression
  • renoncer à ses privilèges
  • communiquer
  • généraliser l’usage des safe-words à tous les jeux

 

 

J’ai depuis co-écrit avec une autre organisatrice de Rôle, une fiche technique sur les questions de sécurité à destination des associations et des organisateurs. Une petite équipe de traduction s’est montée récemment pour traduire les documents proposés sur ces enjeux par Maury Brown au Knutepunkt 2017 (à venir, en cours de traduction), en particulier sur le phénomène de la marche branlante ou manquante (Missing Stair) qui est depuis peu un enjeu de réflexion important dans les communautés gnistiques à travers le monde.

La parole commence à se libérer et les témoignages à se multiplier dans des espaces de parole publique, tant en France (Rôliennes de charme ; Larp Women Unite section France) qu’à l’international (Larp Women Unite), mais les prises de parole restent malaisées, entraînant régulièrement des réactions d’incompréhension, de remise en question, voire d’agressivité, en particulier de la part de personnes craignant les amalgames et les généralités (ce que nous essayons d’ailleurs de ne pas faire dans cet article).

Nos communautés sont en effet soumises à des effets de groupe classiques, ce que nous avons commencé à délimiter en 2015 : qui dit rumeur et milieu associatif, dit attention aux dérives de dénigrement, diffamation ou injure publique.

Il faudrait idéalement :

  • savoir bien distinguer actions communautaires / associatives et actions légales / pénales
  • créer et respecter des espaces de parole sécurisés où les “victimes” peuvent témoigner
  • éviter les propagations d’histoires vécues par autrui et ne témoigner que des choses qui nous sont arrivées personnellement1
  • encourager la médiation en direction des agresseurs / harceleurs / prédateurs
  • et s’il y a une volonté d’action, encourager la recherche d’aide auprès de la maison de la justice et du droit (accès libre et gratuit), des associations de lutte contre le harcèlement et les violences faites aux femmes
  • que la règle de consentement suivante s’applique en jeu comme hors jeu : oui = oui ; non = non ; peut-être = non ; silence et absence de réaction = non ; raidissement et fermeture corporelle = non

***

L’atelier

Le but de notre atelier était donc de réfléchir ensemble à la gestion émotionnelle, rationnelle et personnelle qu’on peut construire face à ces situations dans le milieu du GN, à l’aide des techniques du théâtre de l’opprimé.

Nous avons placé notre groupe d’atelier en situation de travail (ceux qui souhaitaient participer bien sûr) par petits groupes (4-6 personnes par groupe) qui devaient faire l’exercice suivant :

1 – réalisation / choix / construction d’une scène inventée ou vécue

idées de scène :

  • je me suis senti-e harcelé-e / agressé-e sur un jeu, je vais parler à la personne 2 semaines après
  • agression verbale / physique
  • harcèlement répété pendant un we de jeu par un inconnu / par un ami
  • harcèlement répété sur plusieurs jeux

2 – présentation de la scène au reste du groupe une première fois sans intervention ni commentaire

3 – présentation de la scène une deuxième fois et quand une personne du public estime qu’il y a un « problème »  (à savoir que le harcèlement commence), elle lève la main en silence

4 – présentation de la scène une troisième fois et une personne du public souhaitant échanger avec une personne du groupe de passage prend sa place et continue la scène différemment (répliques, gestes, etc)

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Conclusion : to be continued…

Nous pouvons expérimenter sur plusieurs propositions de scène comme les retrouvailles post-gn entre gnistes dans un bar, jouer une famille sur un jeu en campagne, jouer une scène de domination professionnelle à une réception sur un jeu contemporain, etc.

L’exercice permet de percevoir les différences de sensibilité des personnes face au harcèlement, de mieux comprendre la distinction avec une séduction saine et respectueuse, que ce soit dans la vie ou hors jeu. L’atelier permet aussi de proposer une alternative ou expérimenter une solution pour sortir de l’oppression de la scène, chacun comme il.elle le sent et aller vers un jeu plaisant pour tous sans pour autant perdre en intensité ou en émotion. Prendre conscience de la façon dont on fonctionne, notamment en gn, et dont on peut s’adapter aux autres peut se faire alors en douceur.

L’atelier n’a pas pour but de déterminer qui a raison sur quand il y a harcèlement, mais bien de prendre conscience que chacun a des limites différentes et qu’il faut laisser de l’espace pour qu’elles s’expriment. L’alibi du rôle en GN ne devrait pas empêcher de s’informer du confort de jeu de son partenaire d’intrigue : une belle scène se construit à deux ou à plusieurs, pas en imposant quelque chose à un co-joueur qui n’a pas la possibilité ou la réactivité de montrer ou verbaliser que ça lui convient. Il s’agit de prendre conscience que parfois on peut tous être lourd.e.s, dans la vie comme en gn, souvent sans s’en rendre compte.

En sortant de cet exercice, nous avons eu l’impression de tenir un truc peut-être pas formidable mais qui, d’après les retours des participants, avait une utilité réelle et qui pouvait être, qui sait ? un outil à développer, qui pourrait être mis à disposition de notre communauté, dans nos associations et nos milieux, pour faire des formations impromptues de sensibilisation (sans pour autant, toujours, prétendre détenir un saint Graal, étant pour ma part plutôt bocal à anchois et Lila plutôt pierre incandescente).

Pour terminer, nous tenons quand même à dire ceci : « s’il vous plaît, ne remettez pas en cause la pertinence du sujet abordé, si des personnes en parlent, c’est parce que ça existe. Commentez et débattez tant que vous voulez, mais veuillez ne pas remettre en question la réalité dont il est sujet. Merci.

crédit dessin : Anne-Emmanuelle


1 – Il s’agit de protéger les personnes qui ont vécu des agressions et du harcèlement : Parler de leur histoire à leur place revient à leur ôter voire à s’approprier leur voix. Beaucoup d’histoires dans la communauté gnistique française sont « non-gérées » par la rumeur. Nous en parlions dans la table ronde qui a donné lieu au précédent article sur le sujet (voir lien plus haut), il n’y a pas de solution satisfaisante ni pour les personnes accusées d’agression ni pour les victimes. La plupart des statistiques sur le sujet ne suivent pas un protocole scientifique suffisamment fiable pour les mentionner, néanmoins depuis une petite dizaine d’années des études universitaires (principalement) québécoises commencent à se pencher sur ce phénomène (je tiens les références bibliographiques à disposition). Nous n’avons pas de solution miracle donc, mais nous avons une opinion (qui vaut ce qu’elle vaut) : les victimes doivent être accompagnées dans un climat de confiance et de sécurité pour pouvoir en parler, on devrait éviter de parler à leur place mais les écouter. Et si ils.elles souhaitent mener des actions groupées communautaires (témoignages, réunions avec les dirigeant.e.s d’asso, plainte judiciaire, etc.), il semble bienveillant de les écouter avant de s’insurger. Je reviendrai sur ces questions délicates lors de mon prochain compte-rendu du Knutepunkt pour vous parler de la co-écriture du manifeste « Dare to ask, dare to tell » auquel j’ai participé.

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Marianne

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7 réactions à Drague & Harcèlement en GN II

  1. Je suis hyper impressionné par le travail de sensibilisation que tu accomplis depuis trois ans autour de cette question, et fier d’y avoir apporté ma pierre. Hasta la victoria siempre <3

  2. Lors d’un jeu récent, j’ai eu l’occasion d’échanger en aparté, dans le cadre d’un atelier, avec une joueuse avec laquelle j’allais avoir une relation privilégié durant le jeu. Elle a pris en main l’échange pour me passer un message clair. A savoir ce qu’elle ne souhaitait pas. Son propos a été limpide et explicite. Pour être en mesure de formuler ce qu’elle a formulé, au choix, elle avait au préalable bénéficié d’échanges éclairés de la communauté sur la problématique, ou elle avait elle-même été confronté à la problématique. J’espère sincérement la deuxième option sans trop y croire malheureusement tant le sujet est récent dans la communauté GNiste française.

    S’il vous plait continuez à dire factuellement ce que vous avez vécu en GN(anonymement ou pas), parce que ça aide à ne pas se mettre d’oeillières. Ca nous aide à comprendre ce qui se cache derrière des mots parfois génériques. Oui, c’est long de comprendre certaines choses quand on y est pas confronté. Et les témoignages mis bout à bout, peuvent aussi éclairer, dans la violence de leur factualisation la plus neutre, celleux qui ont mis trop de paillettes sur notre « belle communauté où il n’y a que des gens bien ».

    J’en veux profondément à cette personne qui oblige maintenant une joueuse à me dire qu’elle n’a pas envie que je lui roule une pelle de force… ou que je lui touche les seins. Putain mais comment on en est arrivé là ? On ne devrait pas avoir besoin de formuler ce type de requête. On ne devrait pas avoir besoin de trouver la force de le dire à un (quasi) inconnu. Et moi j’avais pas envie de l’entendre. J’avais pas envie, un quart de seconde, par projection, que je puisse être associé à ça. Mais pourtant c’était nécessaire…

    Parce qu’on vit pas dans une bulle GNistique avec des gens qui n’habitent pas dans le monde réel. Même si on aimerait bien parfois… Et dans le monde réel, ces agressions elles existent, ce harcélement il existe. Alors please, lâchez rien. Continuez à nous en mettre plein les claviers, ça finira bien par rentrer.

  3. C’est extrêmement intéressant. D’après mon expérience personnelle il y a également tout un tas de situations d’inconfort qui ne sont pas de l’ordre du harcèlement et qu’on voudrait éviter en venant jouer (par exemple une interaction sociale très stressante style « à la Cour du Roi » lors d’un jeu dans l’univers de Vampire, dont je garde un mauvais souvenir).

  4. Article vraiment très intéressant. Mais aussi parfaitement effrayant, et je tombe sur le cul en lisant/entendant des témoignages comme celui de Pink.
    Perso, de précédentes discussions m’ont poussé à prendre contact en amont avec des joueuses avec qui j’allais potentiellement avoir des relations privilégiées. Ca rassure des deux côtés, mais ça ne dispense pas de l’empathie durant le jeu, la réaction de l’autre pouvant tout à fait évoluer depuis le briefing.

  5. Comme quoi, quand c’est flou…. c’est flou.

    Petite note importante cependant: Je pense que cet article ne met pas la barre au bon endroit.

    En effet, la subtilité de la chose implique qu’on ne peut pas toujours déterminer précisément s’il y a un intérêt et ça ne saurait donc être la ligne de démarcation.

    Par exemple:

    « La même scène mais quand je dis « non merci je ne suis pas intéressée », il.elle se rapproche et/ou reste dans mon axe de vision et/ou essaye de maintenir le contact visuel, puis fait des commentaires sur mon physique et/ou mon comportement, me donne des injonctions (au sourire, au dialogue, à la réaction), » -> peut-on franchement reprocher ça à qui que ce soit à partir du moment où la seule différence objective avec certaines expériences plaisantes, c’est que la demoiselle n’est pas intéressée.

    « la personne force le rapport : finit par m’insulter et/ou faire des remarques désobligeantes, envahit mon espace vital, me touche sans me demander mon avis, etc. » -> Et là par contre, c’est complètement de l’autre côté de la ligne de façon relativement objective.

    « Certaines personnes ne voient pas ou refusent de voir un malaise facilement palpable :

    regard fuyant -> avez-vous jamais rencontrer quelqu’un souffrant de timidité
    tentative de s’éloigner physiquement -> là clairement si la tentative ne réussit pas, on a un souci grave
    corps tout raide -> pareil, vous connaissez des timides ?
    peu ou pas de paroles (parfois confuses ou mal assurées) -> pareil, vous connaissez des timides ?
    tentative de se rapprocher d’autrui ou d’inclure un tiers dans une conversation -> Pas franchement clair ni nécessairement associé à un malaise

    « que la règle de consentement suivante s’applique en jeu comme hors jeu : oui = oui ; non = non ; peut-être = non ; silence et absence de réaction = non ; raidissement et fermeture corporelle = non » -> Et donc, les millions de gens mariés et heureux après avoir bravé un non et un peut-être, ils ont tort sans doute ?

    Bref, si vous voulez régler ce problème – et pitié à en lire les témoignages, faites-le -, il faut vous affranchir du manque de clarté qui est à l’origine de celui-ci.

    Un baiser forcé n’est pas un malentendu.

    Une insistance suite à une incompréhension (ou un refus) du refus, ça fait partie des choses normales de la vie et ça ne peut raisonnablement être mis à charge de l’un ou de l’autre.

  6. « « La même scène mais quand je dis « non merci je ne suis pas intéressée », il.elle se rapproche et/ou reste dans mon axe de vision et/ou essaye de maintenir le contact visuel, puis fait des commentaires sur mon physique et/ou mon comportement, me donne des injonctions (au sourire, au dialogue, à la réaction), » -> peut-on franchement reprocher ça à qui que ce soit à partir du moment où la seule différence objective avec certaines expériences plaisantes, c’est que la demoiselle n’est pas intéressée. »
    Euh la différence objective c’est surtout que la personne indique ne pas être intéressée. On peut discuter de l’ambiguïté des réactions corporelles (il n’est pas toujours facile d’oser formuler clairement un malaise) mais là on parle d’enfreindre des règles clairement posées.
    Entre cet exemple et le suivant (où le rapport est forcé par des insultes ou par un contact physique) on est plus face à une différence d’intensité que de nature.

    @Pink et @MoZ : Intéressantes vos démarches de prises de contact avec d’autres co-joueurs avant la partie. Il y a à mon avis un vrai sujet (un vrai article d’Electro-GN ?) parce qu’on sent bien que les joueurs plus expérimentés le font plus naturellement et en identifiant des limites plus spécifiques (j’ai en tête l’exemple d’une joueuse ayant spécifiquement emmenée une autre joueuse -avec qui elle allait jouer un couple- à part, avant les ateliers, pour discuter des contacts physiques possibles avant le jeu).

  7. Bonjour.

    Dans un des derniers GN auxquels j’ai participé, les orgas avaient mis au point un jeu très sécurisant pour tout le monde, qui permet de tracer très facilement les lignes « TI » et « TO » (temps en et hors jeu). Les cènes d’amour et de séduction se jouaient donc, en fait, à pierre /papier/ ciseaux. Ceux qui étaient « galants » (hommes ou femmes) et donc supposés l’emporter plus facilement dans les jeux de séduction, possédaient entre un et trois jokers par jour (selon leur niveau), qui leur permet de modifier les annonce une fois les résultats révélés. Il y a bien sûr un jeu verbal à jouer à côté, mais aucun jeu physique n’est permis, et un jeu verbal sans joute pierre/papier/ciseau peut être dénoncée comme manque au jeu (au mieux) ou harcèlement TO (au pire). Voilà voilà 🙂

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