La gestion des désistements

Publié le lundi 23 octobre 2017 dans Articles

Par

Tags:

--


Différentes raisons, bonnes ou mauvaises, peuvent amener un joueur à annuler sa participation à un GN. Cela m’est moi-même déjà arrivé en tant que joueur, et le but n’est ici ni d’analyser les raisons des désistements, ni de jeter la pierre à ceux qui se désistent.

Cela étant dit, les désistements peuvent énormément perturber le travail des organisateurs, surtout si ces désistements sont nombreux ou s’ils se produisent peu avant le GN (et en particulier lorsqu’il s’agit d’un GN peu flexible – voir ci-dessous).

Bien sûr, éliminer entièrement les désistements est impossible. En revanche, les conseils suivants peuvent vous aider à en limiter le nombre et l’impact sur le prochain GN que vous organiserez :

1/ Envisagez des GN flexibles

Certains types de GN sont plus flexibles que d’autres vis-à-vis des désistements (le GN romanesque classique étant parmi les moins flexibles). Ayez conscience que les choix de conception de votre GN auront des implications sur l’impact d’un éventuel désistement de joueur, et donc de l’effort nécessaire pour le gérer le cas échéant.

Une source de flexibilité généralement facile à mettre en place est de ne pas donner de sexe/genre prédéterminé aux personnages (sauf si votre GN traite du statut des femmes), ou de permettre à tout joueur d’incarner tout personnage (quelque soit son sexe/genre). Cela vous évitera de devoir absolument remplacer une femme par une femme, par exemple (ce qui revient à se priver de 50% des remplaçants potentiels).

Une autre source de flexibilité est d’écrire un GN dont le bon déroulement ne repose pas sur la présence d’un personnage donné.

2/ Sensibilisez les joueurs

Dans votre communication aux joueurs, indiquez que gérer des désistements est un travail chronophage et pénible, afin qu’ils aient bien conscience des problèmes engendrés par leur éventuel désistement.

3/ Faites payer les gens longtemps à l’avance

On peut le déplorer, mais c’est un fait : les gens ont moins tendance à se désister lorsqu’ils ont payé. Donc fixez une deadline bien en amont du GN (plusieurs mois), et informez les joueurs que ceux qui n’auront pas payé à cette date ne participeront pas au GN.

4/ Ne remboursez pas les joueurs qui se désistent

Indiquez clairement dans votre communication qu’un joueur qui se désiste ne sera pas remboursé. Libre à vous de rembourser quand même après le GN, à hauteur de ce que votre budget permet.

Deux variantes :

  • Rembourser partiellement ceux qui se désistent suffisamment longtemps à l’avance (idéalement avec des deadlines clairement communiquées en amont)
  • Exiger du joueur qui se désiste de trouver un remplaçant avant de le rembourser

5/ Favorisez les bons élèves

Une autre idée toute simple : lors des inscriptions, favorisez les joueurs qui ne se désistent jamais. Par exemple, si vous sélectionnez vos joueurs parmi les inscrits par tirage au sort (méthode que je recommande personnellement), vous mettez deux papiers dans le chapeau pour les joueurs fiables au lieu d’un seul. Vous pouvez aussi tout simplement refuser l’inscription de joueurs se désistant trop souvent.

6/ Surveillez les joueurs non-réactifs

L’expérience montre qu’un joueur ne participant pas aux discussions de la phase de préparation du GN (co-voiturages, costumes, développement de personnage, questions diverses des orgas, etc.) aura plus de chances de se désister que la moyenne. Demandez-lui clairement s’il compte toujours participer au GN, et commencez à préparer un plan B.

7/ Gérez bien votre liste d’attente

Tenez à jour une liste d’attente précise. Laissez vos inscriptions ouvertes jusqu’au jour du GN afin d’alimenter cette liste. Relancez régulièrement (une fois par mois, par exemple) les gens sur la liste d’attente pour vérifier qu’ils sont toujours disponibles en cas de désistement.

8/ Sollicitez vos co-organisateurs

Prévoyez une équipe orga suffisamment nombreuse pour qu’un membre de l’équipe d’organisation puisse remplacer un joueur manquant. Sollicitez à l’avance vos organisateurs pour savoir lesquels seraient partants pour endosser tel ou tel rôle. Des joueurs ayant déjà participé à une session précédente de votre GN sont aussi une source potentielle de remplaçants de dernière minute.

En conclusion, on constate que minimiser la probabilité et l’impact d’un désistement est tout à fait possible, mais nécessite un peu d’organisation et une communication claire. L’expérience montre toutefois que le jeu en vaut la chandelle, permettant aux organisateurs d’aborder leur GN avec plus de sérénité et d’énergie. Ils pourront ainsi être plus créatifs et réactifs, améliorant la qualité de leur GN et la prise en charge des participants et situations nécessitant leur attention.

The following two tabs change content below.
Hoog

Hoog

J'adore le GN, et m'efforce de participer à son évolution en diffusant le plus largement possible les bonnes idées glanées ici ou là. En dehors de ça, ma vie est une joyeuse balade entre terrains de volley et mosh-pits !
Hoog

Derniers articles parHoog (voir tous)

5 réactions à La gestion des désistements

  1. Je tique un peu sur les « bons élèves » et tout ce que ça sous-entend.

  2. On va finir par re-rentrer dans la polémique des listes noires…

    Relancer tous les mois les joueurs des listes d’attente ça peut peut-être vite devenir frustrant pour les joueurs de cette liste, surtout si le jeu se déroule dans un an.

  3. @Julien :
    Adaptez la fréquence à vos joueurs et délais, si nécessaire (tous les trimestres, par exemple).

  4. C’est malheureux à dire, mais je rejoins Hoog sur ce point : un joueur qui a payé est un joueur qui a beaucoup moins de chance de se désister. Et plus ça va, plus je fais payer tôt les joueurs avec de moins en moins de flexibilité. Car c’est au moment du paiement que trop de joueurs se posent des questions concrètes : « où se situe le jeu », « comment y aller et avec quel budget », « aurais-je les congés nécessaires » etc. Avant j’encaissais les PAF après le jeu… mais ça c’était avant…

  5. Merci pour ces pistes, en effet les choix de game design et le fait d’imposer le paiement de la paf bien à l’avance et de ne pas la rembourser sont importants.

    Comme Moz je tique un peu sur les « bons élèves » car le fait de se désister est parfois lié au boulot, à la famille etc. Quand on ne travaille jamais le week-end et qu’on n’a pas d’enfants il y a moins de risque de devoir annuler, ça ne veut pas dire qu’on est un bon élève et ceux qui ont ce type de job et de vie de famille non.
    Certes, il est moins risqué de privilégier la première catégorie, mais personnellement je préfère ne pas en tenir compte.
    Évidemment, si quelqu’un a tendance à se désister sans raison valable c’est une autre histoire.

    J’apprécie l’angle « il ne s’agit pas de culpabiliser les joueuses et joueurs qui se désistent », vraiment, mais j’espère que celles et ceux qui liront cet article n’en tireront pas la conclusion que si des orga se plaignent de désistements c’est qu’en réalité ce sont eux qui n’ont pas bien géré les choses. Car même avec un jeu très flexible et en faisant payer la PAF non-remboursable longtemps à l’avance on n’est pas à l’abri de désistements « de confort ». Surtout quand on organise des jeux volontairement peu onéreux.

    (je sais que ce n’est pas du tout le sens de cet article, mais ça me semblait bon de le rappeler)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *