Retour d’un débutant aux GNiales Aquitaines 2014

Publié le lundi 8 septembre 2014 dans Articles,Slide

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Ce bilan fait suite à la conférence que j’ai animée aux GNiales Aquitaine 2014. Je vais donc reprendre en grande partie le contenu que j’y ai présenté mais aussi ce que le débat a pu apporter.

Tout d’abord j’ai eu l’idée de cette conférence après avoir passé une année à chercher et à débuter le GN. En effet, certaines choses m’ont beaucoup plu (la majorité) et certaines m’ont moins plu. D’autant qu’une bonne partie des choses qui me dérangeaient ne semblaient pas affecter les GNistes « expérimentés ». Après en avoir parlé avec un ami qui débute aussi dans le milieu, j’ai décidé de faire le point et de trouver une façon de présenter ça à la communauté GN.

gniales aquitaine

Je vais diviser ce bilan en 4 parties inégales en longueur, désolé :
– Premiers pas dans le GN
– Premier vrai GN
– Analyse
– Apports du débat

Premiers pas

Tout d’abord et avant tout, je suis rôliste depuis une dizaine d’années. Ainsi, comme la plupart des rôlistes sur table, je connaissais le GN de loin. Pour être précis mes seuls contacts avec le GN étaient le rayon dédié dans feu l’Antre des Dragons à Bordeaux ainsi que ce que je qualifie de « Proto-GN » essentiellement le Loup-Garou.

Mais surtout, mon premier vrai contact vient d’un (puis d’autres) GNiste(s), et au fil des discussions, leurs histoires vraiment extraordinaires m’ont convaincu de me pencher un peu plus sur tout ça. Assez rapidement se posent les premiers soucis : où sont les GNistes ? Comment les contacter ? Où trouver de quoi se costumer ? Mais les GNistes que je connais m’opposent des arguments comme « Ne t’en fais pas, on te préviendra ! » ou « On te prêtera du matériel ! Les assos t’en prêterons au pire ». Bon… Mais après plusieurs mois sans opportunité de leur part (alors qu’eux partaient en GN), je continue mes recherches, jusqu’à ce qu’on me propose la Nuit du Huis Clos Occitane (NDHCo).

Pour rappel, c’est une série de murders regroupées sur une nuit organisées par tout un tas d’assos dans un lieu assez sympa (ici, le Collège Eugène Atget à Libourne, qui s’avère être mon collège de jeunesse !). Je participe à « La mort s’habille de blanc », un grand classique (trouvable dans le commerce), grosso modo, une bonne expérience, mais les points qui me dérangent commencent déjà à apparaitre (j’y reviendrai plus tard).

Puis quelques semaines plus tard, l’un de mes amis GNistes me dit de venir aux GNiales Aquitaine 2013 car ça peut être enrichissant. Effectivement, je découvre l’envers du décor (avant d’en voir l’endroit !), beaucoup d’ateliers et conférences intéressantes. Surtout il y a cet accord consensuel comme quoi le GN est un univers « quasi parfait ». Du coup, tout cela achève de me convaincre de m’y mettre sérieusement, malgré aucune ouverture pour les GN estivaux (tous étant complets d’après les gens sur place).

Après l’été, rebelote avec la NDHCo 2013 avec « En attendant la mort » très bonne murder, très bien écrite. Malheureusement, calibrée pour plus de temps que celui imparti (4 heures, il en aurait fallu au moins le double) et je suis assez déçu de ma prestation. Mais le concept reste plaisant !

Enfin, vient le temps de trouver le premier « vrai » GN. De base, je n’ai pas pu compter sur les GNistes autour de moi, c’est un peu par hasard que j’ai réussi à trouver. Il est vrai que j’avais un certain nombre d’exigences :
– Pas de MedFan (pour certains raisons, notamment le trop grand manichéisme de ce genre d’univers et le fait d’en avoir énormément fait en tabletop/jeux vidéos)
– Budget limité : j’avais pour budget 100€ et je ne partais de rien, autant dire qu’il y aurait du boulot
– Je souhaitais faire le GN seul, c’est-à-dire sans mes amis habituels, c’est une démarche discutable, mais je voyais mon premier GN ainsi.

Et donc me voilà parti pour Odyssey 2.0 chez Cent Balles Et Un Mars (CBEUM), un monde cyberpunk et un GN immersif…

G. COEYMANS

Premier « Vrai GN »

L’approche se fait sans souci, les documents sont clairs, intéressants, le budget est respecté. Le seul bémol est que mon personnage me semble assez léger en termes de BG et de description… Par ailleurs un contact par internet se fait avec les gens qui joueront ma « famille » en jeu et le courant passe bien. Tout cela m’indique que je vais passer un excellent long weekend (3 jours de jeu, deux dans la « réalité » et un dans un jeu vidéo).

En soi, le GN est très, TRÈS immersif, le décor est incroyable malgré le peu de budget mis en place. Le Centre d’Animation du Grand Parc est vraiment devenu un quartier miniature de l’Arcologie de Gibraltar, avec ses habitants, ses lieux chics, ses ruelles sordides, ses personnages hauts en couleurs, ses habitudes. Vraiment bluffant.

Mon personnage n’a pas grand-chose à faire, mais cela me convient, et me permet d’apprendre en observant comment les autres jouent, tout en me laissant porter par mon « grand frère » GNiste plus expérimenté. Dès le second jour je joue avec plus d’assurance. Le troisième est différent car dans le jeu vidéo, mon personnage est bien plus puissant et donc a plus de choses à faire.

Analyse

Points Positifs

Pour un premier contact avec l’univers du GN « pur et dur » c’est une réussite ! Pêle-mêle :

– Les gens avec qui j’ai pu brièvement discuter hors-jeu ont été vraiment super ! (j’y reviendrai plus tard)

– En jeu, les rapports se sont faits finalement assez naturellement, même si jouant un personnage plus effacé, ce n’était pas très expansif. J’ai eu quelques scènes RP qui m’ont fait vraiment ressentir des sensations fortes.

– Le système de jeu, contre lequel on m’avait mis en garde, m’a au final assez plu. Je m’explique : il m’avait été rapporté qu’un système par annonce brisait le RP et forçait des rapports peu naturels, avec l’exemple « Imagine, je te dis « Les barbares arrivent ! » alors que c’est faux, tu peux me croire, alors que si je fais « Les barbares arrivent ! Charme-Baratin ! » tu vas pas me croire mais tu vas être obligé d’agir en conséquence ! ». Pour moi c’est un faux problème, qui tient plus du manque de fair-play ou de bon sens. Le système d’annonce vient pallier une faiblesse plutôt que d’être systématique. Je vais prendre l’exemple de ce qui m’est arrivé en GN : mon personnage avait des objets illégaux sur lui, et lorsque je suis retourné à notre « planque » histoire de chiller un peu, j’étais dans ma tête, sorti du jeu, même si en théorie j’y étais toujours. Puis les forces spéciales ont débarqué dans l’optique de me piéger… Un peu désorienté car je ne m’y attendais pas, et je n’étais plus du tout dans le truc ! J’ai sorti un simple « charme-ami, je suis sûr qu’on peut s’arranger ! » histoire de simplement gagner du temps car je ne savais pas quoi faire. Au final, cela a permis de calmer la situation. C’est le seul moment où je me suis servi de ce genre d’annonce, car quand il s’est agi de mentir, j’ai menti sans me servir de mes capacités ! Cela peut paraître un peu long pour une simple anecdote, mais c’était une des choses qui me perturbait pas mal avant d’y être confronté.

– Mais les points négatifs commencent de plus en plus à être apparents …

Points Négatifs

Ces points apparaissent plutôt sur l’ensemble de la communauté GN et des GNistes en général plutôt que sur des personnes ou des joueurs. Il m’a paru important de revenir dessus plutôt que sur les points positifs qui font consensus.

– Tout d’abord, il convient de revenir sur une phrase que j’ai entendue sous toutes ses variantes en discutant avec des GNistes : « Le GN c’est accessible à tous ! » et ses corollaires « t’en fais pas, on te prêtera du matériel s’il faut », etc. ….
o C’est à relativiser grandement, quand on a un budget serré (étudiant, chômeur, …) et qu’on manque de contacts, c’est plus compliqué, mieux vaut penser à faire des économies.
o La communauté GN a beau être très fière d’elle-même (à raison !) elle est incroyablement discrète, plus dure à trouver qu’un lutin nain en pleine forêt des Ardennes ! Le seul moyen de la rencontrer est de connaître un GNiste et que celui-ci se révèle. La communication externe est quasiment nulle, donc le GN n’est accessible qu’à celui suffisamment persévérant pour trouver à jouer. On attire donc peu de néophytes ou de curieux. Mais cela peut s’expliquer par la complexité et l’investissement que nécessitent ce genre de jeux (d’où l’intérêt de démarches telles que la Nuit du Huis Clos !)
o Conséquence du point précédent : se faire prêter du matériel n’est réellement possible que sur place en fonction de ce qui est disponible, quasiment. Admettons que j’ai eu besoin d’une armure et que je n’aie pas les moyens d’investir, je n’aurai simplement pas pu jouer.
o Cependant, il est vrai qu’une fois ces problèmes contournés, il n’y a pas d’autres pré-requis pour démarrer !

– Autre point « noir » que je tiens à soulever, l’encadrement des débutants :
o Lorsqu’on commence à jouer, on est très facilement perdu, car on n’a pas les « automatismes » du joueur confirmé (surtout lorsqu’on ne connait personne). Trouver quoi faire ou à qui parler peut être une vraie galère. De plus, on se sent vite laissé « en plan » par les orgas, qui ont d’autres choses à gérer (normal). Si, comme moi, on est un peu réservé, le départ peut être un peu laborieux.
o A mon sens, ce qu’il faudrait faire (ce sont des pistes de réflexions que j’ai élaborées, la partie « débat » en apportera d’autres) :

– Des ateliers de pré-GN, pour en avoir testé aux GNiales 2013. C’est, je pense, un des meilleurs moyens d’intégrer les joueurs, de leur faire vivre quelque chose qui brise la glace la veille ou juste avant (les jeux présentés l’an dernier, ou une simple partie de Loup-Garou peut suffire). Une des oppositions que j’ai entendue à ce sujet, qui m’a laissé comme on dit « comme deux ronds de flan» est la suivante : « Nan, mais ça sert à rien de faire des trucs comme ça, ça prend du temps, et puis de toute façon quand j’arrive à un GN je connais déjà 75% des gens ! donc ça sert à rien »… Ça me choque un peu comme réflexion, car du coup, quid des 25% des gens que tu ne connais pas ? Et s’il y a dans le lot, des débutants qui sont timides ? Ou même des gens formidables avec qui tu pourrais devenir pote ? Tout ça pour dire que, de mon point de vue de débutant, c’est plus qu’une bonne idée de mettre ça en œuvre.

– Avoir un orga dédié aux débutants : je ne dis pas qu’il faille qu’un orga ne fasse QUE s’occuper des débutants, mais qu’il leur serve de référent, afin que le débutant puisse se fixer sur une seule personne pour l’aider, une personne qui sera capable soit d’avoir des activités à faire faire au néophyte soit sera capable de croiser les demandes de débutant pour améliorer le déroulement de la partie. Ainsi, les autres orgas n’auront pas à gérer les débutants et leurs questions parfois… incongrues.

– Quelque chose qui me parait élémentaire aussi, avant le début du GN : penser à prendre quelques minutes pour présenter tout le monde à tout le monde, penser aussi à démarquer un peu les débutants afin que les nouveaux connaissent un peu les gens avec qui ils jouent. De plus, les joueurs confirmés sauront qui sont les débutants et pourront plus spontanément les intégrer à leurs actions.

– Corollaire du point précédent : Après l’encadrement, l’intégration :
o « Le GN c’est une grande famille ! », J’ai envie de répondre à cela : oui, mais… ! À titre individuel, le contact entre joueurs est possible et facile (après tout, on a au moins un point commun !) de même à grande échelle (au sens de la communauté en son ensemble). En revanche l’échelon intermédiaire pose un souci : plusieurs fois, après un GN ou une murder, je me suis retrouvé sans personne avec qui débriefer individuellement, cela peut paraître un peu « pleurnichard » mais ça manque un peu. Après, c’est une dynamique que l’on retrouve dans tout groupe social, pas forcément typique du GN mais qui, du coup, ne le différencie pas d’un autre groupe social.
o Les contacts en jeu ne posent aucun souci vu que c’est de personnage à personnage.
o Enfin, hors-jeu et hors contexte de GN, c’est là que j’ai été épaté : on est considéré comme totalement intégré. Des gens avec qui j’ai peu interagi mais que j’ai recroisé plus tard dans des contextes totalement différents se sont comportés comme de vieilles connaissances !

– Enfin dernier point à améliorer, et non des moindres : la communication et la visibilité. C’est peut-être le plus gros souci par rapport aux débutants :
o Les associations sont peu visibles de l’extérieur, comme évoqué plus haut.
o Du coup les informations filtrent très peu vers l’extérieur (malgré parfois le soutien de municipalités ou de structures publiques).
o Le fonctionnement par bouche à oreille/invitation est logiquement un énorme frein à l’intégration de nouveaux joueurs (tout comme – dans une certaine mesure – le « premier inscrit premier servi », car le débutant aura très probablement l’information en retard), mais il est aussi un moyen de garder un certain « niveau de jeu » dans l’association.
o La maîtrise des outils « 2.0 », là, je vais me faire des amis, mais les assos étant souvent gérées par des gens peu familiers aux nouvelles technologies, le fonctionnement par forum/groupes (facebook) est assez mal optimisé quand il n’est pas carrément inadapté. Certaines assos ont la totale : page et groupe facebook, forum, site, mailing list… Mais pourtant ne relaient pas les infos sur tous les médias, ce qui fatalement rend inutile l’intérêt d’avoir autant de plates-formes de contact. N’hésitez pas à prendre de jeunes adhérents pour s’occuper de tout ça ou à lire des ouvrages sur le sujet ! Il est toujours utile de se doter d’une sorte de « community manager » !
o Cependant, comme je l’ai dit, je peux comprendre que ça soit une volonté de garder le GN « privé » et ainsi de s’assurer de n’avoir que des joueurs « sérieux » (c’est un autre débat) mais je suis là pour parler des débutants !

le coeur d'une meĚre

Synthèse

Clairement, le GN est un monde à part, une sous-culture d’une sous-culture (celle des rôlistes). C’est aussi un levier très puissant. Je m’explique : vous connaissez beaucoup de milieux « underground » capable de réunir autant de gens, de matériel et de costumes dans un seul endroit ? Et sans que personne d’autre ne le sache ? Sans parler que le GN est vecteur d’émotions et de moments très forts ! (que ça soit l’assaut d’un château à 80 contre 80 en plein monde MedFan ou trouver une boite de sardines à l’huile en plein GN post-apo/survivaliste). Cependant, le GN gagne à prendre en ampleur pour proposer de plus en plus de choses, et surtout il gagne à s’assumer.

Mon avis, globalement, est que le GN est un milieu extra et que je rempile dès que l’occasion se présente ! Malgré les critiques formulées plus haut, ne vous y trompez pas, si je devais mettre une note à mon expérience (ce que je n’aime pas faire, car c’est un peu réducteur) je mettrai 17/20, si il n’y avait eu que du positif ça serai monté à 19. Mon regard est forcément biaisé par mon inexpérience (et le vôtre biaisé par votre expérience) et va être amené à changer, du coup, je vous dis rendez-vous dans quelques années !

Pistes de réflexion

Au cours de la préparation de cette intervention, j’ai dû me limiter dans les réflexions que j’ai présentées, aussi je vais lister quelques questions ouvertes qui devraient aider le débat à suivre et proposer des réflexions toujours utiles.
o Comment créer et utiliser de l’enjeu ? (Pourquoi avoir peur vu qu’on ne va pas mourir ? Pourquoi ne pas dépenser mon argent vu qu’à la fin du jeu ça vaudra plus rien ?). Du coup, quid de la mort ?
o Quel système de jeu adopter ?
o Qu’est-ce qu’un GNiste ? À partir de quand est-on GNiste ?
o Comment gérer l’alcool ? (j’ai vu ou entendu des trucs incroyables à ce sujet !)
o Que faire des relations amoureuses/sexe en GN ?

Débat

L’intervention que j’ai préparée avait justement pour but de faire réagir et de créer le débat. Ça n’a pas loupé et un débat animé a eu lieu en suivant. Je ne peux bien sûr pas décrire tout ce qui s’est passé, mais je vais essayer de synthétiser :

– Encadrement-intégration des nouveaux :
o D’autres solutions existent déjà, notamment des binômes nouveau-ancien, ou des initiatives individuelles notamment.
o L’idée de l’orga délégué aux nouveaux a plutôt plu.
o Tout simplement, faire confiance aux débutants et leur proposer des rôles consistants.
o Globalement le souci semblait un peu sous-estimé par les gens présents, et une sorte de prise de conscience a semblé avoir eu lieu.

– Visibilité-communication :
o Globalement, il y effectivement un aveu de manque de compétences à ce sujet et un sentiment de « mais on a toujours fait comme ça ! »
o Surtout chez les assos « jeunes » ce problème est plus maitrisé mais dans celles plus « classiques » cela peut être un obstacle à l’arrivée de nouveaux.

– Autres :
o L’alcool en GN est effectivement une préoccupation, certaines personnes le gérant mal (sans parler du coût que cela peut occasionner) mais il y a une sorte de « liste noire » non officielle des gens infréquentables une fois ivres.

Dans l’ensemble, j’ai trouvé les gens présents très réceptifs au thème des nouveaux, avec un vrai débat de fond et des choses à dire sur le sujet. Une des choses qui m’a choqué c’est que pas mal de participants avouent avoir vécu le même genre d’expériences… Il y a 15-20 ans ! Et que désormais qu’ils sont expérimentés et à la tête d’associations, tout cela continue de poser souci ! J’espère que ma modeste intervention pourra aider les futurs débutants à vivre non pas quelque chose de très bien, mais quelque chose d’excellent !

Enfin, merci à ceux qui sont venus me soutenir à la fin de l’intervention et qui m’ont motivé à publier ce rapport, même si c’est avec plusieurs mois de retard j’espère que ça vous a plu ! À bientôt sur les terrains ! Et surtout un grand merci à Cédric et son équipe, pour que ce genre de rencontres existe et fasse avancer les choses !

Note de la rédaction : Cette conférence a inspiré un article en réponse sur les différentes façons d’accueillir les débutants, que vous pouvez trouver ici.

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Guillaume Coeymans

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37 réactions à Retour d’un débutant aux GNiales Aquitaines 2014

  1. Bravo pour ce constat lucide. Quelques réactions :

    – Coût du GN : Si tu n’as pas d’argent, tu peux néanmoins faire pas mal de choses avec du temps en fabriquant toi-même tes costumes. Cela dit, il est certains que les GN « à gros costume », surtout historiques, te seront difficilement accessibles.

    – Intégration : Les ateliers pré-GN, ça devrait être obligatoire.

    – Débrief : Les ateliers post-GN, ça devrait être obligatoire aussi…

    – Visibilité : J’ai tout de même le sentiment que l’apparition des NDHC, GNiales, StudioGN et LaboGN ont amélioré les choses. Sans parler du travail de fond de la FédéGN en général.

  2. Pour les costumes, c’est ce qui m’avait rebuté au début (Etant moi même un roliste papier de base)

    Ca dépendra du gn mais plusieurs options sont à la disposition du débutant. Bricoler soi même, faire les puces, demander de l’aide d’autres gniste voir de l’orga, passer pnj et se faire habiller par l’orga sur une base noire. Il est clair que si on veut se lancer dedans, il y a un investissement de base.

    Concernant la visibilité, les calendriers des fédégn et electrogn sont des sources d’informations intéressantes mais ca fonctionne encore trop par le bouche à oreilles ou par les contacts facebook. Mais la situation actuelle est beaucoup plus confortable qu’avant.

    Hoog, les atelier pré et pos gn sont sympa mais c’est pas toujours pratiques à organiser au niveau temps et ils peuvent parfois être même contreproductifs pour certaines personnes (Surtout en ce qui concerne les prégn d’animation et les débrief à chaud) Ce sont des outils intéressants mais chronophages et ne devraient certainement pas être obligatoire 😉 (C’est du moins mon avis et celui de plusieurs de mes potes gniste)

  3. Salut, super analyse et réflexions très intéressantes. J’avais moi-même noté il y a quelques années que la quasi-totalité de mes amis GNistes avaient découvert le GN par des amis (ou connaissances) qui les avaient amenés sur leur premier GN au moins incité à y aller installant dans notre communauté une forme de cooptation de fait. Si il existait des statistiques établissant le ratio de ceux qui ont découvert notre loisir « par leur propres moyens » j’ai le sentiment qu’elle ne pourraient qu’étayer ton propos sur la visibilité / communication « dirigé » vers l’extérieur de notre milieu.

    Et c’est précisément sur ce point que pour moi ton angle d’attaque dénote des cas « généraux » ce qui rend ton analyse d’autant plus riche : « Je souhaitais faire le GN seul, c’est-à-dire sans mes amis habituels, c’est une démarche discutable, mais je voyais mon premier GN ainsi. ». Découvrir une activité seul est une expérience très différent que de la découvrir en groupe d’amis large comme restreint (ou même en couple), et c’est d’autant plus différent quand une ou plusieurs autres membres du groupe sont déjà des GNistes.

    Le fait que le GN soit une activité peu connue du grand public, qui demande un grand investissement (en temps et/ou en ressources) dès la première participation peut être un facteur intimidant pour des débutants qui partent souvent avec le petit stress de ne pas vouloir : « rater » ou « passer à côté de » leur GN.

    Pour moi cet élément les incite à rester (au moins au début de leur premier jeu) « dans les pas » d’un GNiste plus expérimenté (souvent l’ami expérimenté du groupe) au moins pour se rassurer, pour pouvoir se dire qu’ils participent « comme ils sont supposés participer ». Bref débuter en prenant volontairement le contre pied de cette tendance c’est inhabituel donc intéressant.

    Au sujet de l’investissement (au sens très large) à déployer pour être GNiste on est là face à une problématique beaucoup plus habituelle. Je parle ici d’investissement tant en termes d’argent, de temps, ou de disponibilité / réactivité (pour envoyer ses inscriptions aux jeux dans les temps). Personnellement j’y vois la conséquence du fait que tous les GNistes que je connais sont des gros malades passionnés. Je m’explique : je n’ai pas encore trouvé de GNistes réellement blasés/déçus par le GN. Des GNistes déçu par un GN en particulier ça on en trouve plein mais ceux qui n’accrochent pas ne dépassent la plus part du temps pas leur premier GN, et l’investissement initial à déployer « a l’aveugle » sur le premier jeu doit d’autant plus pousser le clivage.

    Ainsi les débutants qui rempilent sont ceux qui sont suffisamment satisfait de ce qu’ils ont eut pour leur investissement « a l’aveugle » sur leur premier jeu et seront (logiquement) prêts à investir (parfois beaucoup) plus sur les suivants (vu que ce n’est plus à l’aveugle).

  4. Faudrait-il encore savoir pourquoi on rendrait le GN visible par le grand public. On a une culture du toujours plus, toujours plus grand… Mais à quoi bon ? A-t-on un seul argument pour défendre cette ouverture ? Le système actuel fonctionnant principalement par le bouche à oreille ne suffit-il pas déjà à conserver un niveau convenable de quantité et de qualité parmi les GN et les joueurs ? Voulons-nous réellement massifier le milieu du GN ? N’y a-t-il pas un risque de le dénaturer, de lui faire perdre de sa puissance ?

    En plus des dégâts irréversibles potentiels, il me semble qu’augmenter le nombre de joueurs ne répond pas aux besoins et enjeux actuels de la communauté. En effet, et tu l’as relevé dans ton article, c’est déjà la course aux inscriptions… C’est que l’offre n’est pas suffiante. Or, aucune prévision ne pourra être fait sur une augmentation mécanique du nombre de GN par une plus forte participation de nouveaux joueurs.
    En revanche, ta proposition d’améliorer qualitativement l’accueil des débutants est une piste très intéressante ; en effet, en plus d’améliorer l’expérience du joueur, je pense pouvoir affirmer qu’un joueur intégré rapidement et convenablement aura plus de chance de participer ultérieurement en tant qu’orga, ce qui permettra de développer le nombre de GN et d’absorber la forte demande de la part des joueurs.

    En résumé, augmenter la visibilité auprès du grand public gonflerait le nombre de joueurs alors que l’offre GN-istique n’est déjà pas suffisante dans l’état actuel des choses. Ce n’est donc pas une priorité. L’accent devrait plutôt être mis sur l’engagement de joueurs en tant qu’orga afin de permettre l’augmentation du nombre de GN tout en gardant un niveau de qualité convenable. L’amélioration des conditions d’accueil des nouveaux joueurs pourrait être une piste, tout comme les ateliers post-GN permettant de « brancher » les joueurs sur l’engagement en tant qu’orga (c’est juste une idée).
    Lorsque la demande sera absorbée, le recrutement de nouveaux joueurs, par exemple par une plus grande ouverture au grand public, pourra être envisagé, débattue et calibrée.

  5. Merci de nous faire part de ton (in)expérience, c’est un sujet super intéressant que tu nous proposes là. Attention toutefois à ne pas juger la « communauté GN » trop hâtivement, y’a quand même un sacré paquet de connards/d’égoïstes.

    Du côté des joueurs t’en as qui trichent, qui se barrent avant la fin, qui tiennent pas l’alcool, qui jouent leur rôle n’importe comment sans tenir compte des indications qu’on leur donne, y’en a même qui payent pas parfois !
    Du côté des orgas y’en a qui s’en branlent de faire payer leur GN très cher, qui écrivent pas ton BG, qui font de la bouffe dégueulasse, qui filent les rôles « importants » à leurs potes…

    Tu as eu la chance de tomber sur des gens plutôt sympathiques dans les 2 GNs où on a pu se croiser (n’y vois pas une coïncidence :D), je crois effectivement que tu reverras peut-être un peu ton jugement avec les années à venir. En tout cas bienvenue parmi nous !

    PS : c’est pas tant des ateliers pré/post GN que vous devriez faire, c’est des apéros pré/post GN !!!

  6. Tilleul :
    Chronophage : Passer une heure à faire des ateliers pour améliorer l’expérience de jeu de chacun, ça me paraît être un bon calcul à tous les coups.
    Obligatoire : Bien sûr chacun organise son GN comme il le souhaite :). Mais quand tu as ne serait-ce que quelques joueurs qui ne connaissent pas tout le monde, c’est tellement utile. Et je ne parle même pas de l’effet sur l’ambiance, sur la maîtrise des techniques de jeu, sur la connaissance des autres personnages, etc.
    Post-jeu : Aucun atelier post-jeu n’est jamais obligatoire, évidemment. Mais j’ai du mal à comprendre comment on peut s’opposer au fait de s’assurer que chacun ait quelqu’un à qui parler s’il en éprouve le besoin (comme c’est souvent le cas). Les ateliers de distanciation et de sortie du personnage me semblent également salvateurs.

    Cyprus :
    Rendre le GN plus visible, c’est donner l’occasion aux gens qui souhaitent jouer de le faire. Il semble normal de vouloir partager un loisir que l’on apprécie, non ?
    Et je ne vois aucune raison pour laquelle l’actuel déséquilibre offre/demande serait accentué : pourquoi n’y aurait-il pas autant de futures organisateurs parmi ces nouvelles recrues que d’habitude ? J’ai moi-même pu me lancer en GN grâce à la NDHC. Depuis j’ai écrit et organisé plein de jeux.

    Bab :
    L’apéro avant et après le GN, pour l’avoir maintes fois expérimenté, c’est effectivement chaudement recommandé ! En revanche, pendant le GN, à mon humble avis, ça devrait être interdit ^^

  7. Sans vouloir engager une discussion personnelle, je me permets une réponse à Hoog afin de clarifier mon propos.

    Il est compréhensif qu’on veuille partager sa passion. Libre à toi de brancher tes potes débutants, c’est comme ça que la majorité des joueurs font leur entrée actuellement. Mais rendre le GN plus visible du grand public, par de la communication en dehors de la communauté par exemple, me semble une acrobatie périlleuse, car le ciblage est approximatif et on risque de se retrouver avec une bonne dose de « touristes » qui, n’ayant pas été « parrainés » et n’étant peut-être pas habitué du monde rolistique et ludique, ferait baisser la qualité du jeu et rendre les places encore plus difficiles à obtenir. Le « parrainage », tel qu’il existe de façon informel aujourd’hui, a l’avantage de filtrer en nombre et en « qualité ». Ceci est d’autant plus important que, encore une fois, les GN ne portent pas souvent leur effort sur l’intégration de nouveaux joueurs. Mettons d’abord en place une culture de l’accueil et de l’initiation avant d’ouvrir plus grand les portes du public, sinon on risque d’être débordé, de décevoir les nouveaux non préparés/adaptés, et de faire chuter la qualité de jeu. Personne n’a donc intérêt aujourd’hui à faire du GN une activité grand public ou même connu de lui.

  8. Tout d’abord, félicitations pour ce retour suffisamment proche de la réalité.

    Le point noir que je note dans ton retex et dans mon vécu d’orga, c’est bien l’intégration de nouveaux.
    Contrairement à Cyprus, je pense qu’il faut ouvrir notre communauté, pour insuffler un sang frais souvent nécessaire (voire les assos qui tournent constamment avec les mêmes joueurs). Pour autant, il a raison en disant qu’on communique mal avant le jeu et qu’on intègre mal une fois l’événement lancé.

    Côté comm’ : il faut en penser 2. Une axée sur les GNistes expérimentés pour détailler le projet de l’équipe d’orgas et les spécificités du jeu en question. Une deuxième à destination des nouveaux joueurs et pour moi, cela passe par un échange a minima par tel, au mieux en personne. Il faut être honnête sur l’investissement demandé, le costume attendu et le rôle play à fournir et guider le joueur. Chez nous, on te propose un costume si c’est ton premier GN. A toi de te débrouiller pour les suivants.

    Côté intégration :
    Lui proposer d’être PNJ est une fausse solution car ça devrait être réservé aux joueurs expérimentés justement.
    Lui faire rencontrer les autres membres de son groupe, virtuellement a minima, est déjà une bonne chose.
    On organise régulièrement des chantiers pré-GN pour fabriquer des éléments de déco ou des installs. On recommande vivement aux nouveaux de participer, pour rencontrer d’autres joueurs dans un contexte hors-jeu. Ça fonctionne bien et les joueurs prennent plus vite conscience de ce que requiert l’organisation d’un jeu.

    Mais, à la fin d’un jeu, il y a toujours quelques joueurs dont on sait qu’ils ne reviendront pas, car ne les a pas assez suivis. Etre orga, ce n’est pas évident et malheureusement, nous sommes régulièrement trop peu pour prendre en charge les nouveaux (ça marche aussi pour les joueurs expérimentés qui débarquent sur un jeu d’une asso qu’ils ne connaissent pas).

  9. Notes aux modérateurs d’Electro-GN :

    Cet article et l’article « 13 façons d’accueillir, accompagner et faire jouer des débutants en GN » de Graz ( http://www.electro-gn.com/8089-13-facons-daccueillir-accompagner-et-faire-jouer-des-debutants-en-gn ), qui (si j’ai bien suivi) était écrit en réaction à la conférence de Guillaume mériteraient d’avoir des renvois l’un vers l’autre sous forme d’hyperliens.

  10. Bonsoir ! Ici l’auteur
    Tout d’abord, merci à electro-gn de me publier ^^
    J’écris alors que je rentre juste de mon second GN =)

    Je réponds juste à Bab ==> C’est clair que mon avis n’est ni exaustif ni reflet de la réalité je partage juste mon expérience jusqu’ici, on verra ce qu’il en est dans quelques temps

    Enfin, je suis ravi qu’il y ai un débat qui s’organise autour de ce thème et j’espère que ça fera avancer les choses et que des solutions seront tentées, il n’y a pas de formule miracle mais il faut essayer .

    N’hésitez pas à faire tourner le débat un peu partout je pense que ça sera enrichissant 🙂

    Sinon suis disponible si vous avez des précisions à demander ou autre (et pourquoi pas des propositions de GN :p ) vous me trouverez par mail ou sur FB facilement =)

  11. Hoog: Passer une heure à faire des ateliers pour améliorer l’expérience de jeu de chacun, ça me paraît être un bon calcul à tous les coups.

    (pas toujours, parfois il est préférable d’arriver totalement ‘blanc’ devant l’expérience. Personellement, j’ai eu de très bonne expérience de rp avec des gens que je n’avais jamais vu hors jeu, du coup je ne voyais que leur personnage et par le joueur.

    Mais j’ai du mal à comprendre comment on peut s’opposer au fait de s’assurer que chacun ait quelqu’un à qui parler s’il en éprouve le besoin (comme c’est souvent le cas).
    Ces personnes existent et s’appellent les organisateurs. Que ce soit avant, après ou pendant, il sont (du moins dans les gn que je joue) à la disposition des joueurs. Et il est fréquent que des joueurs juste après le gn viennent trouver un orga pour lacher leur sac s’ils sont incapable d’attendre. Mais c’est en privé.

    Et je suis pour les débriefs, mais je pense simplement que ce n’est pas le bon moment juste après le gn. Il vaut mieux attendre et le faire à froid (mais encore une fois c’est mon point de vue)

  12. @ Josef : Merci pour ta remarque, les liens sont ajoutés.

  13. Cyprus :
    Avec ta logique, je n’aurais jamais pu commencer le GN :). Le pire, c’est que non seulement j’ai piqué la place aux protégés des GNistes en place, mais en plus j’ai fait baisser le niveau. Je m’en veux terriblement…

    Tilleul :
    Commencer à jouer « froid », sans connaître les autres joueurs ? J’ai du mal à imaginer un cas de figure où ce serait préférable. Parce que ça signifie que je n’ai aucun repère, aucune confiance, aucun accord explicite sur les aspects sensibles du jeu, aucune certitude sur la compréhension mutuelle des règles, de l’univers, des personnages, etc. Pourrais-tu me donner un exemple s’il te plaît ?

    Et concernant le debrief à chaud, aucun problème pour que les orgas y participent (à part qu’ils sont en général fatigués et débordés). Et si ça doit être en tête à tête, aucun problème non plus. Je dis juste qu’il est utile de créer cet espace de discussion juste après le jeu. Et le debrief à froid, c’est bien aussi, encouragé même. Pour clarifier, je parle ici de debrief sur la manière dont le joueur a vécu le jeu, son état émotionnel, ses besoins, et la distanciation vis-à-vis du personnage. Pour tout ce qui est « identification des éventuels problèmes du jeu », là le debrief à froid est clairement préférable, ne serait-ce que pour permettre aux orgas de se reposer et de prendre un peu de recul.

  14. @hoog : pour avoir écrit un jeu où aucun personnage ne se connaissait et où le début de jeu était pour le joueur « j’ouvre la porte, je ne sais pas ce qu’il y a derrière et je commence à jouer », je dirais que c’est faisable et que l’effet recherché était efficace mais spécifique à ce scénario
    après on ne peut pas dire que le jeu débutait « à froid »

    en gros, l’absence d’atelier était en soi un atelier 😉

  15. OK. Donc il y a probablement de rares exceptions.

  16. Exemple: Un gn tiré du jeu de rôle patient 13. Les joueurs se réveillent amnésiques dans un hopital sordide, sans se connaitre mutuellement.

    Effectivement, s’il y a des aspect sensible dans un gn hardcore, ca doit être préparé avant. (Mais bon a part dans les gn nordiste underground, cela reste des exceptions)

    Je comprend pas trop ton idée d’utiliser le prégn pour créer des repères et une relation de confiance ? Cela ne se fait)il pas naturellement en jeu ?

    J’aime découvrir des joueurs en jeu sans jamais les avoir vu avant. Chaque joueurs, peu importe son personnages a des « pattern » des modes de fonctionnement au niveau meta. Je n’ai pas toujours envie de les découvrir avant le jeu car je risque de voir le joueur au dela du personnage (ce qui arrive très souvent)

    Evidemment à force, on finis par connaitres les joueurs et leur fonctionnement avant même d’être sur site.

    Pour le débrief à chaud, c’est une question de gout et sans doute de culture gnistique.

    En Belgique, je ne pense pas me tromper en disant qu’une quantité non négligeable de gnistes (dont je fais partie) n’aime pas cette pratique et prefère rentrer directement après les remerciements. Et ce pour mieux y revenir par la suite,que ce soit de visu ou par forum. (C’est mon expérience en tout cas) Histoire de prendre du recul et d’être reposé.

    Notez que j’ai cette même approche quand je lis un livre ou que je regarde en film, je préfère dormir dessus avant de revenir sur mes impressions avec d’autre personne ^^

    Bon j’arrête les disgression, au plaisir de vous lire. Et merci d’être la 😉

  17. @Cyprus : Je te préviens je vais employer des mots forts, je ne porte et ne sous-entend AUCUN JUGEMENT, c’est simplement pour te faire comprendre mon point de vue. Remplace dans ton intervention les mots « passion/GN » par « pays » et « touristes » par « étranger » : tu noteras du coup que ce positionnement est un peu extrême. Je suis néanmois d’accord avec toi sur la fin de ton commentaire, la politique d’intégration est trop souvent alaissée au bon gré des rencontres inter-joueurs, ce qui est insuffisant.

    @Hoog : Tu parles de la nécessité de commencer le jeu en ayant fait un « atelier connaissance », mais quand tu rencontres qqun dans la rue pour la première fois, tu ne le connais pas non plus. Tu ne sais pas s’il joue un rôle, s’il te ment, s’il est de confiance, s’il te veut du bien ou du mal. N’en est-il pas de même quand un grouillot rencontre un marchand au détour d’un chemin sinueux ? Arrêtez de vouloir enlever toute dimension humaine aux échanges du jeu, c’est la caractéristique principale du GN ! Vous devez comprendre que d’intéragir avec autrui c’est SE METTRE EN DANGER (comme dans la vraie vie), si vous voulez parler à un écran d’ordinateur ou à un robot restez chez vous !… C’est le même principe pour la picole chacun doit savoir se gérer (c’est aux orgas de faire la police si c’est nécessaire), mais c’est quand même plus sympa d’être reçu dans un campement par une bière et une tranche de saucifflard que par un verre de banga. Qui plus est, ça désinhibe un peu les quelques timides qui en auraient vraiment besoin pour se lâcher et S’AMUSER.

    En ce qui concerne le debrief, chez nous ça se fait par les organisateurs juste après le GN (en général après le repas, ce qui permet déjà à chacun de discuter un peu du week-end passé). Après le dimanche soir on fait toujours la fête avec ceux qui veulent. Même si cela se fait de moins en moins les gens viennent ensuite poster sur le forum de l’asso leurs remerciements et papotent du jeu librement. Je comprends l’intérêt d’un « debrief à froid » mais plutôt dans le cadre du côté orga que du côté joueur. De toute façon ils peuvent faire des remarques n’importe quand en privé (ou en public sur le forum).

    M’enfin tout ces trucs c’est un peu de la branlette quand même, de la sociologie à deux balles. Les gens feraient souvent mieux de se creuser un peu plus la tête sur leur scénard et leurs rôles que sur ce genre de choses… On revendique le fait que le GN ets un loisir comme un autre, je crois pas que les joueurs de foot en clubs amateurs fassent des ateliers pour « sortir de leur match ». 🙂

  18. @Bab : d’abord, je te trouve un peu excessif car les enjeux ne sont vraiment pas comparables. Ensuite, tout dépend du contexte : dire que les Papous souffriraient d’une immigration massive dans leurs forêts n’a rien de choquant. Ou, autre exemple, le Bhoutan, qui limite drastiquement ses visas touristiques pour protéger son équilibre social, environnemental et culturel. En l’occurrence, le milieu du GN est pour moi comme les forêts papoues ou le Bhoutan; je ne suis pas sûr qu’il sortirait indemne d’un coming-out, et encore moins dans l’état actuel des choses (voir mes commentaires précédents). C’est un milieu supporté par des passionnés, un truc un peu fou, et donc très fragile. Et si jamais une ouverture s’effectuerait, il faudrait que ce soit avec discernement, en toute conscience qu’un tel acte n’est pas anodin et aura des conséquences irréversibles. Je pense à d’autres milieux comparables, un peu underground, qui ont souffert de leur popularité. C’est un débat à prendre très au sérieux et il est nécessaire de questionner les motivations.

    @Hoog : sincèrement, je ne pense pas que tu aies fait baisser le niveau. Quand je parle de « touristes » qui font « baisser le niveau », je parle des campeurs en costumes qui ne font absolument aucun effort d’interprétation (et certains GN plus « grand public » justement en sont parfois victimes). Perso, je trouve que ça dénature le jeu. Pour l’instant, le milieu est relativement restreint, voire fermé, donc ces gens sont rapidement repérés et black-listés. Quant aux débutants un peu paumés, c’est à la fois un grand plaisir et une noble cause de les accueillir lorsqu’ils sont en petit nombre, qu’ils sont briefés, qu’ils savent un minimum à quoi s’attendre, ce que permet le « parrainage » actuel.

  19. Alors un exemple comme ça en passant : sur mon prochain jeu je veux mettre en scène une bande potes qui se connaissent bien depuis longtemps. Paradoxalement, je veux caster des joueurs de différents horizons. A moins que vous ne jouiez tous avec des pros du théâtre, vous aurez tous remarqué la période de réserve, entre quelques minutes et quelques heures, pendant laquelle les joueurs se découvrent, se placent, s’observent. Pour ce jeu, je veux réduire cette période voire la supprimer. La solution est pour moi, à moins de ne caster que des extravertis notoires, de prévoir des ateliers pendant lesquels les joueurs pourront s’aprivoiser, s’insulter, se marrer, etc. Et je sais que ça marche pour en avoir bénéficié sur un jeu que je ne citerai plus parce que Beus risque de croire que je suis amoureux.

    A l’inverse en effet, nul besoin d’échanger , selon moi, avec par exemple le joueur qui jouera l’ambassadeur que je rencontrerait pour la première fois. C’est une question d’ambiance que l’on veut donner. Utiliser les bons outils au bon moment pour arriver au résultat désiré.

    Et je crois qu’il aussi obtus de refuser en bloc tous les ateliers que de vouloir en plaquer partout.

  20. @Beus : J’ai pensé au même exemple que toi et je peut en lister quelques autres.

    Toutefois le cas le plus courant reste le cas où le fait d’être étranger çà la familiarité entre les personnages est une spécificité d’un ou d’un petit nombre de personnages données. Et j’ai joué des jeux où cette différence était effacé par la « période de réserve » que pointe Moz.

    Bref, ne pas faire d’atelier alors que les autres en font un peut être également un atelier 😛

  21. Pour moi, le jeu que Moz ne veut plus citer de peur d’être taxé de Beussophilie, m’a convaincu d’une chose :
    si tu crées un jeu avec un groupe « constitué » (famille, bande de potes, troupe de mercenaires etc) alors il faut des ateliers préparatoires pour aider les joueurs à le jouer.

    En fait si t’es un joueur un GN un tant soit peu sérieux, tu vas après la lecture de ton personnage réfléchir à comment tu vas le jouer. Et cette démarche est naturelle.
    Mais un joueur ne joue pas seul. Donc il faut aussi « réfléchir » à comment il va interagir avec les autres de son groupe.
    C’est donc à mes yeux naturel de le faire AVANT le jeu. Ainsi les joueurs seront prêts et la période de « flottement » réduite voir inexistante. Et ton jeu gagne en efficacité car tes joueurs sont à l’aise et peuvent se concentrer sur le jeu (et non sur la façon dont ils vont jouer)

    Bref je ne fais que répéter ce qu’a dit Moz.

  22. Généralement, les joueurs crèent un groupes avec des potes ou du moins des connaissances et préparent la manière dont il vont le jouer.

    L’atelier préparatoire prends son sens quand tu joues avec des inconnus des personnages qui sont censé être proches (exemple classique: une murder ou les personnages sont les membres d’une famille)

    D’un autre coté, autant intégrer cela directement dans le gn en considérant cette période de jeu comme un prélude à la session. Pourquoi préparer quant on peut le jouer ?

  23. >L’atelier préparatoire prends son sens quand tu joues avec des inconnus des >personnages qui sont censé être proches

    Pas vraiment d’accord.

    C’est pas parce que je joue avec mon meilleur pote et que j’ai joué 200 fois avec que je sais comment il va jouer mon père sur un jeu.
    L’atelier est là pour acter « la façon dont on va jouer » et c’est sans doute encore plus important avec des inconnus. Après avec quelqu’un que tu connais bien cela peut être rapidement compris. Mais c’est un accord tacite.

    L’atelier est pour moi une forme mais cela peut-être aussi une simple conversation entre deux joueurs pour se mettre d’accord sur la façon de jouer leur relation.
    Il ne faut pas oublier qu’une relation écrite dans deux personnages peut être interprétée par deux joueurs de façon totalement différente. Et donc en parler en jeu ça permet d’éviter les incompréhensions et les moments de flottement.
    Et ca améliore le jeu, j’en suis convaincu.

    > Pourquoi préparer quant on peut le jouer ?
    Bah pour moi, on joue pas à se préparer à jouer une relation.
    Quand le GN démarre, je suis le fils de mon père. Je ne me prépare pas pendant une heure à devenir le fils de mon père. Je veux être direct mon personnage.

  24. Tilleul :
    La confiance entre les joueurs peut se créer pendant le jeu, j’en conviens. Mais ce sera par tâtonnement, avec des échecs probables, et cela nécessitera une forte attention de la part des joueurs, diminuant d’autant leur aisance de jeu.

    Un exemple très simple : Mon personnage débarque au commissariat pour déposer plainte. Un policier l’interroge. Je me dis que ce serait super dramatique que mon personnage s’énerve contre le policier, lui crie des insultes et le bouscule, pour finir par perdre ses moyens. Mais je ne sais pas si le joueur du policier appréciera ce genre d’interaction. Si j’avais interagi avec lui pendant les ateliers pré-GN, peut-être d’ailleurs centrés sur ces questions, je saurais si je peux y aller franco ou si c’est plus intéressant pour nous deux de la jouer autrement.

    Et ça n’est absolument pas réservé aux GN nordiques hardcore. Combien de GN français traditionnels mettent en scène des relations de couple ou de famille dysfonctionnelles ? Ou des affrontements entre gangs ? Je pourrais citer des dizaines d’exemples où s’entrainer et établir des relations de confiance avant le jeu est tellement bénéfique que ça devrait être obligatoire.

    Faire ces ateliers pré-GN n’empêche en rien de découvrir le roleplay des joueurs pendant le GN, ou d’avoir des surprises sur les réactions et décisions prises. J’ai pu le constater moi-même régulièrement. Par exemple en allant jouer à l’étranger, avec des gens que je n’avais jamais vu, mais avec qui j’avais discuté et fait des exercices d’échauffement.

    Pour ce qui est de quitter le GN dès la fin du jeu et débriefer par forum, je veux bien admettre que ça fasse l’affaire pour détricoter les intrigues. Mais pour ce qui est de sortir de son rôle, (re)découvrir qui sont réellement les autres joueurs, dissiper les malentendus et les éventuelles tensions, c’est clairement inférieur à un débrief de visu.

    Enfin, ton idée de jouer des préludes, pour l’avoir testée, c’est excellent.

    Bab :
    On arrive sur le jeu et on joue un couple homo. Je te mets une main au cul après 30 secondes de jeu. Tu vois l’intérêt d’en parler avant le jeu ? Ou alors ton perso largue horriblement le mien pendant le GN, alors que IRL je suis en plein dans une séparation douloureuse. Un petit atelier « de couple » avant le GN te semble toujours superflu ? Les ateliers pré-GN permettent notamment à chacun de doser le danger auquel ils souhaitent s’exposer.

    La picole : j’ai vécu plusieurs GN où les gens étaient hors-jeu parce qu’ils étaient bourrés. Sans parler des questions de sécurité.

    Ateliers post-GN : déjà la troisième mi-temps, c’est un atelier post-match (et il y a aussi des échauffements avant le match). Ensuite, cette « sociologie à deux balles » répond à un besoin exprimé par des GNistes (moi par exemple). Pourquoi les empêcher de faire ces ateliers, si simples à mettre en place, s’ils en éprouvent le besoin ?

    Moz :
    Si les persos ne se connaissent pas, point besoin d’atelier de familiarité entre les persos, ça semble évident. Mais il y a tellement d’autres domaines sur lesquels les ateliers sont utiles. Il y a d’ailleurs plein d’ateliers possibles pour les jeux où les persos ne se connaissent pas, voire sont méfiants ou méprisants.

  25. @Bab : « M’enfin tout ces trucs c’est un peu de la branlette quand même, de la sociologie à deux balles. Les gens feraient souvent mieux de se creuser un peu plus la tête sur leur scénard et leurs rôles que sur ce genre de choses… »

    Je pense que le mot « branlette » est le point Godwin d’electro-GN. Pour l’intérêt des débats ce serait bien d’arrêter de l’employer à tout bout de champ.

    En outre, d’expérience je dirais que ceux qui s’intéressent à ce genre de choses sont justement ceux qui se creusent la tête sur leurs scénars et leurs rôles. Ceux qui réfléchissent, quoi, et qui ont envie d’améliorer au maximum ce qu’ils proposent à leurs joueurs.

  26. Dans tous les sports collectifs, il y a un brief et un débrief.
    Dans tous les GN, il y a un brief et un débrief.

    Le brief et le débrief sont préparés par les orgas, ils y perdent beaucoup de temps et d’énergie. Mais on considère que parler aux joueurs des règles qu’ils ont déjà lu et du livre du monde qu’ils ont déjà lu est normal. J’ai jamais entendu quelqu’un dire qu’on pouvait se passer du brief ou du débrief, aussi informel et bateau soit-il. Il y a toujours un sas pour rentrer dans le jeu, et un sas pour en sortir. Vous pouvez appeler ça brief, debrief, atelier pré-GN, livre du monde, mon cul sur la commode, ça existe déjà.

    L’atelier pré-GN, c’est juste intégrer les joueurs au brief et expérimenter, faire des tours pour rien, leur permettre d’échanger sur leur groupe, leur personnage, le monde dans lequel ils évoluent. On le fait déjà en fait. On le fait déjà, de façon informelle dans la voiture ou sur le forum.

    Pourquoi le formaliser ?
    Pour la même raison qu’on formalise un brief ou un débrief : pour contrôler, accompagner l’expérience des joueurs de la façon la plus efficace et en étant le plus à l’écoute possible.

    Et ceux qui me disent « et la liberté d’interprétation ? » Tu donnes des fiches de persos ? Un livre du monde ? Une note d’intention ? Tu écris un scénar ? Tu te réunis avec les orgas pour parler du jeu ? Donc tu as déjà une idée de ce que tu veux faire vivre aux joueurs. J’entends tellement de retours de GN où les orgas me disent « ils ont pas compris ce qu’on voulait leur faire vivre » ou de la part des joueurs « putain machin est venu me dire à la fin du GN que nos persos étaient liés, moi dans ma fiche y’avait une ligne sur lui, lui il avait une page ». Vous scriptez votre GN, même un peu, vous avez besoin d’ateliers. Et c’est pas forcément s’envoyer un ballon imaginaire pour apprendre à se connaître. ça peut être un brief personnel, dans le cas d’un GN à secret, ça peut être un test d’une règle nouvelle (un tour pour rien), ça peut être laisser les gens parler de leur limites… ah, vous le faîtes déjà ? beh tu vois c’est pas si compliqué.

    Les ateliers pré-GN, on en fait déjà. Il en existe juste d’autres, c’est tout. Et ça vaut le coup de les connaître. Y’a aucune branlette là-dedans, juste une ouverture vers d’autres possibilités de jeu.

  27. Merci Lila pour cet intervention qui est limpide et très intéressante.

    Bon, j’avoue, j’ai joué à l’avocat du diable, j’ai déja fait des trucs qui pouvaient s’apparenter à des ateliers prégn et c’était vachement sympa (voir indispensable dans le cas du jeepform) Dans pas mal de cas, cela apporte une plusvalue au jeu tant qu’on arrive à le caser sur la durée de la session.

    C’était le fait que hoog les considèrent comme indispensables qui m’a fait sourciller. (Sans animosité aucune Hoog, j’aime beaucoup discuter avec vous 😉 )

    Ce sont des outils parmi une gamme finalement assez importante d’outils de préparation de gn par les orga. (Que lila a énumérée en partie) Commes les autres outils, ils ont des avantages et inconvénients.

    Hoog: Concernant ton exemple de policier, oui ca peut être intéressant à faire en atelier prégn, c’est un choix d’orga avec du pour et du contre.

    Je m’explique : Si les orga ont bien fait leur travail, ils ont bien dépeint le ton du jeu et le joueur policier devrait savoir à quoi s’en tenir avant d’endosser ce type de rôle. Si tu sais en tant que joueurs qu’il y aura cette confrontation, l’orga le sait aussi.

    En fonction de l’univers, le joueur peut s’attendre à des réactions plus ou moins hard, un policier dans « The wire: le gn » ne s’attendra pas au même déferlement de violences verbales que dans « Les bisounours: le gn »

    Et il risque de toute manière d’y avoir des agressions verbales à l’attention du policier non « scriptées », ce serait dommage de se réfrèner en jeu sur une ‘engueulade’ parcequ’on a pas demandé la permission avant. (Pour des truc vachement hard comme la simulation d’aggression sexuelle ok, mais bon on est déja dans des gn plus hardcore ou il y a des avertissement préalables et des gardefous)

    De plus,il est toujours possible de checker les limites de l’autre joueurs en jeu
    ( chaque fois que j’ai été « torturé » en jeu de manière non prévue par les orga, les joueurs ont toujours su me demander discrétement si j’étais ok d’aller plus loin, quitte a se distancier un peu si nécessaire)

    C’est un choix de jeu , d’un coté on risque moins de perturber le joueur, d’un autre coté on perd un peu la spontanéité de l’élément de surprise.

    En tant que policier de ton exemple , je me sentirai un peu « spoiler » qu’on me dise que je vais me disputer avec tel personne à tel moment et je serai moins enclin a agir naturellement (Exemple: après deux ou trois insultes, je renvoie le joueur à la dure réalité du jeu en le menottant et en l’envoyant se calmer au cachot,élement de surprise garanti pour le joueur ^^ (sauf si c’est mon boss ou quelqu’un d’important bien sur 😉 )

  28. Tu peux juste faire un atelier « violence physique et verbale », sans révéler que le flic va se faire agresser par le voyou dans la scène N°5.
    Et même sur un jeu « The Wire », je ne sais pas forcément jusqu’où aller : je te crie dessus, avec des insultes hardcore, en t’attrapant par la veste, en te secouant contre le mur, en te mettant des coups retenus ? C’est juste un exemple, mais ça aide clairement d’en discuter ou de tester un peu avant.
    Il y a d’autres techniques, naturellement, comme le code couleur ou les mots de sécurité. Mais l’atelier me semble être un bon investissement à tous les coups (sans mauvais jeu de mot ^^).

  29. Je rappelle juste que le débat n’est pas « pour ou contre les ateliers pré/post GN » mais bien « que faire avec les débutants » x)

  30. Alors pour recentrer et mettre un peu de provoc’, je répondrais « Rien : on s’en fout des débutants »

    Je m’explique :
    Déjà, tu t’es inscrit sur un GN : ça veut dire que tu sais globalement ce que c’est, pas vrai ? Donc tu t’es renseigné, tu as été intéressé, et c’est déjà vraiment bien.
    Après, tu as choisi le jeu. Peu importe le critère (connaissances, proximité, thème abordé), c’est le bon.
    Pour la préparation, vu que tu sais ce qu’est un GN, tu as du comprendre que les deux mamelles sont le role-play et le fair-play. Tout le reste n’est que littérature (Non, pas branlette!:)).
    Tu as du fric ? Tu trouveras sur le net des tas de fournisseurs de matos qui pourront t’équiper de pied en cape. Pas de souci.
    Tu n’as pas de fric mais tu as des amis ? Soit vous préparez tout ensemble, soit tu empruntes par-ci par-là des éléments. C’est très sympa, et motivant.
    Tu n’as ni fric ni copains GNistes ? T’es dans la merde. Non, je déconne. Mais comme tu as pu te renseigner sur ce qu’était le GN, tu trouveras des tonnes de ressources sur le net pour jouer le bricolo, emprunter, récupérer, etc. à moindre frais. Tu seras aussi généralement mis en contact avec d’autres participants, et ça te permettra non seulement de t’équiper pour presque rien, mais aussi d’intégrer la secte, pardon, la communauté.
    En ce qui concerne la préparation du personnage, eh bien tu lis tout ce qui t’est donné par les orgas. Ton personnage, le monde, les règles, tout. Oui, c’est encore de l’investissement en temps.
    Après, comment ça va se passer sur le jeu ? Tu stresses? C’est normal. Ici fais comme pour le reste : du mieux que tu peux. C’est tout. Personne ne te reprochera de ne pas avoir le talent d’un comédien professionnel.

    Le maître mot de ceci, c’est l’investissement, la préparation en amont du jeu.

    J’ai malheureusement l’impression que les solutions que tu avances sont plutôt liées à de l’assistanat qu’à une assistance.
    – Un orga dédié ? Pourquoi pas une nounou ? On a de la chance d’avoir un loisir qui ne soit pas lié à la performance, alors accepte de sauter dans le grand bain. Tu ne te noieras jamais, mais tu seras heureux de ta première longueur. Et la fois suivante, tu auras moins d’appréhension à sauter, et tu boiras moins la tasse.
    – Un binôme ou un mentor pour t’apprendre les automatismes ? Beurk. Pour quoi faire des automatismes ? Pour trouver le crâne ancestral plus vite ? Pour ressortir spontanément des répliques tirées de Naheulbeuk ou de Kaamelott ? Pour apprendre à parler sans ne rien dire dans des scènes de diplo ? Honnêtement, j’ai plusieurs fois été bluffé par la spontanéité de débutants qui, justement, sortaient des sentiers battus sans tomber dans les poncifs. Alors fais profiter le GN de cette fraîcheur avant de devenir un vieux con aigri et prévisible!

    Et on reboucle ainsi sur une autre de tes remarques, à savoir l’aspect fermé, ou au moins pas assez communiquant, du monde du GN. Je ne sais pas si c’est vraiment voulu, mais je dirais que c’est assez louable. Tu auras noté que la participation à un GN demande pas mal d’investissement, mais les efforts à fournir pour s’approcher et s’inscrire ne sont rien par rapport à ceux nécessaires à la participation.

    Alors oui, c’est difficile de préparer un perso, de trouver du matos. Ca demande d’effectuer des démarches, d’aller vers les autres. Ca va à l’encontre du prêt à consommer, et c’est bien.
    Et ça demande du temps pour être connu de certains joueurs, de certains orgas. Mais, sur ton prochain jeu, tu retrouveras certainement d’ancien camarades de jeu, voire des orgas qui te reconnaîtront, et tu te sentiras mieux. Là aussi, on n’est pas dans l’immédiateté, et ce n’est pas plus mal.

    Donc à moins de se spécialiser dans les manifestations pour cadres dynamiques et familles, avec vestiaire et location de costume à l’entrée, le monde du GN restera un peu confidentiel, et les débutants devront faire des efforts pour s’y intégrer.

    L’Aventure Galactique comme dans une moindre mesure les mass-larps pour campeurs avec glacières, c’est le Canada-Dry du GN. Et si nous organisons des GNs pour enfants, ce n’est pas pour former la prochaine génération de GNistes, juste pour qu’ils arrêtent de nous faire chier quand on prépare NOS GNs !;)

    Et pour finir, une anecdote que je trouve pleine d’enseignements : il y a plus de 15 ans, nous avons reçu un courrier d’un animateur social qui nous demandait si nous acceptions des jeunes en réinsertion sur notre prochain GN. Après un peu de réflexion, nous lui avons répondu que non, nous n’acceptions pas des jeunes en réinsertion. Pas plus que nous n’acceptions des étudiants, des chômeurs, des jeunes salarié. Ni des beur, des blacks, des jaunes, des blancs, des femmes, des hommes, des débutants, des vétérans… Par contre nous acceptons sans réserve tous les gens qui veulent participer à un GN. Pour la petite histoire, ce type est venu avec quatre jeunes en situation difficile, et ça s’est merveilleusement bien passé.

  31. Pour ma part, je trouve l’idée de l’orga dédié très bonne, et je pense la garder sur les jeux que j’organiserai à l’avenir.

    Mais ça c’est parce que mon métier c’est nounou, dans la vie 🙂

  32. Guillaume C :
    La raison pour laquelle je parle des ateliers, c’est que c’est un excellent moyen pour un débutant de faire connaissance avec les autres joueurs avant de commencer à jouer. Il pourra aussi y comprendre et essayer les techniques ou règles, et plus généralement trouver des réponses aux questions qu’il se pose. En somme, être intégré au groupe et se créer des repères, afin de mieux s’amuser pendant le jeu.

  33. Merci Guillaume pour ton intervention !
    En espérant que notre Fallout t’aura plu aussi.
    L’atelier ? Ben on a fait une soirée avant et c’était sympa.
    En tout cas ton oral était super cool aux GNiales. On a voulu faire un truc pour le fallout mais la soirée s’est bien déroulée et après j’ai personnellement trouvé que ça s’est bien passé pour les « nouveaux ».

    L’idée de caster les joueurs : ouais ouais quand on fera des GN à 200 000 € et qu’on paiera les joueurs…

    Les ateliers ?
    Comme dit ma Lila (Oui c’est MA Lila (si son mec me lit elle te dira que c’est une blague)) au final tant qu’on passe un bon moment avant ça suffit. Je trouve ça chelou sous une autre forme. Pas « nul », pas « inutile », juste étrange.

    Pour Bab : On va organiser ensemble on fera un atelier-apéro 🙂

    Mais encore merci à Guigui !

  34. Hoog pour te répondre, je trouve toujours que cet « atelier pré-GN » est superflu. J’ai d’ailleurs participé comme joueur à un GN med-fan homo organisé par notre asso cet été et ce genre de comportement n’ aposé aucun problème à qui que ce soit. Au contraire, c’était plutôt marrant. Je suis peut-être extrême mais je refuse d’arrondir les angles des relations entre êtres humains. Et en cas de problème sérieux les orgas sont toujours disponibles pour faire le nécessaire, idem pour l’alcool.

    Pour les ateliers en général (Lila et Lucie C.) : ce que je critique c’est que d’après ce que j’ai pu voir sur internet pour de nombreux orgas, les ateliers étaient plus importants que d’écrire le rôle de leurs joueurs, d’où ma remarque.

  35. Bab :
    Peut-être que la main au cul ça ne te pose aucun problème, mais je pense que tu vois bien que ce n’est pas forcément le cas pour tout le monde. Et le coup de la séparation IRL, je ne pense pas non plus que ce soit discutable.
    Et « les orgas seront là pour régler le problème », là c’est juste n’importe quoi 🙂 (Je me permets d’être un peu direct étant donné que tu ne m’as pas l’air d’être aisément choqué 😉 ).

    Je vais également me permettre de répondre à ta réponse à Lila et Lucie :
    Est-ce que tu as constaté ce problème sur un seul jeu que tu as joué ? Je demande, parce que personnellement, je n’ai encore jamais rencontré ce cas de figure (alors que des jeux avec des ateliers, j’en ai organisé et joué un certain nombre). Par contre, des jeux où le manque d’ateliers (ou de discussion préalable, pour diminuer le côté polémique de la conversation) ou de contrôle sur l’alcool a posé problème, je peux t’en citer plein.

  36. Peut être Hoog que le fait de mettre par surprise et sans consentement direct la main au cul d’un(e) pj est un très mauvais exemple.
    Ce type d’attouchement n’a pour moi pas sa place dans un gn, peu importe le genre de la personne.
    Point bonus au pénal si le/la pj est mineur(e).

  37. Tilleul :
    Je pense que cette main au cul peut très bien ne poser aucun problème si on a évoqué ce genre de chose avant. Elle peut même contribuer positivement à l’expérience de jeu. En revanche, sans discussion préalable, il faut clairement s’abstenir (même si certaines personnes, comme Bab, ne seraient pas choquées). D’où l’intérêt de la discussion préalable, notamment pour établir les zones de confort.

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