Le grooming dans la communauté du grandeur nature

Publié le mercredi 14 avril 2021 dans Articles

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An anti-abuse event in Berlin. Photo by Mika Baumeister on Unsplash.

 

Lien de l’article original : https://nordiclarp.org/2021/03/29/grooming-in-the-larp-community/

 

Billet d’opinion par Sanne Harder, le 23/03/2021

 

Clause de non-responsabilité : Les opinions exprimées dans cet article sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la politique ou la position officielle de Nordiclarp.org ou de toute autre communauté de jeux de rôles grandeur nature (GN).

 

Cet article est la première partie d’une série sur le “Grooming” (NDT : la définition se trouve dans l’article) dans la communauté du grandeur nature.

 

Avertissement de contenu : abus sexuels, problèmes de santé mentale.

 

Dans un bus en direction de la Pologne, j’ai rencontré Julie1, et nous avons brisé la glace.

Il est assez connu que les adolescentes peuvent sembler faussement matures, mais en tant que personne ayant travaillé professionnellement avec des adolescents, je ne suis généralement pas surprise par l’âge des gens. Dans le cas de Julie, elle semblait vraiment mentalement plus âgée que ses 19 ans. Je n’ai pas pensé à l’époque que sa maturité avait eu un coût.

Nous avons découvert que nous avions beaucoup de choses en commun et avons convenu de nous retrouver autour d’un café une fois de retour chez nous. Ce n’est qu’après quelques discussions que j’ai appris ce qu’elle avait vécu.

Le jeu de rôles (au sens large) est un passe-temps qui comble le fossé entre les adultes et les enfants. Si cela nous donne une excellente occasion d’interagir et même de nouer des amitiés avec des personnes d’un autre âge, cela signifie également que des relations romantiques et sexuelles peuvent se produire. En ce sens, le jeu de rôles n’est pas différent du football, du basket-ball, du scoutisme et de nombreux autres passe-temps.

La différence est que dans le jeu de rôles, il n’y a pas de directives claires sur ce qui est acceptable ou non. Contrairement au mouvement scout, vieux de 113 ans, nous sommes un jeune hobby sans hiérarchie ni procédures établies.

J’ai remarqué que de nombreuses personnes acceptent ces relations. Mais doivent-elles l’être ? L’amour fait-il fi de toutes les différences, y compris de l’âge ?

Les relations entre adolescents et adultes sont-elles nuisibles ?

Il s’est avéré que Julie était l’une des nombreuses rôlistes qui avaient fait l’expérience du grooming.

Selon le Cambridge Dictionary, le grooming est “l’activité criminelle qui consiste à se lier d’amitié avec un enfant afin d’essayer de le persuader d’avoir une relation sexuelle”2, et c’est exactement ce qui est arrivé à Julie, avec le jeu de rôles en toile de fond.

Julie se décrit comme ayant été une enfant solitaire. Elle se sentait ostracisée à l’école – elle était harcelée parce qu’elle était une intello. Ses centres d’intérêts étaient les mangas, Harry Potter et les jeux, tandis que ses camarades de classe parlaient de garçons et de maquillage.

Les choses n’étaient pas faciles chez elle non plus.

Les parents de Julie ont divorcé quand elle avait cinq ans. Sa mère, avec qui elle vivait la plupart du temps, avait trouvé un nouveau mari, qui n’aimait pas les enfants et qui posait des règles très strictes. Il s’est interposé entre Julie et sa mère et a clairement indiqué son impatience pour le jour où Julie sera en âge de quitter la maison.

Son père, quant à lui, alternait les critiques sévères et les louanges imméritées.

Julie m’a raconté comment elle est entrée en contact avec son agresseur : “Quand j’ai rencontré H., j’avais 12 ans et j’étais affamée de gentillesse et d’acceptation, et quand il m’en a offert, j’ai tout avalé. On devient moins difficile quand on a vraiment, vraiment faim.”

H. travaillait dans un club périscolaire pour jeunes (une forme courante de garde d’enfants au Danemark). Julie le décrit comme “l’adulte le plus cool qui soit”. Il était gniste et organisait des sorties pour que les enfants aillent en GN. Il disait également à Julie qu’elle était sa préférée.

Quand Julie a eu 13 ans, H. a commencé à l’inviter chez lui, où ils pouvaient être seuls. Il l’emmenait aussi dans des restaurants de sushis. Un soir, après avoir été au restaurant, H. a emmené Julie dans une cabane isolée en forêt et lui a fait faire une fellation.

“Je me souviens avoir vomi et tremblé de dégoût”, raconte Julie. “Mais je me sentais aussi tellement heureuse de pouvoir crier que j’étais sa préférée.”

 

Le prix de l’appartenance à une communauté

Pour Julie, la douleur et le dégoût étaient un prix qu’elle était prête à payer pour l’attention de H.

En même temps, H a commencé à emmener Julie dans des GN pour adultes. Il devait signer un formulaire indiquant qu’il prenait la responsabilité de Julie pendant le grandeur nature, puisqu’elle était mineure. C’était comme si le loup signait pour le mouton.

“J’étais si fière”, m’a dit Julie. “Il m’a dit de mentir aux autres participants et de leur dire que j’avais 14 ans. Comme ça, ils nous accepteraient plus facilement, disait-il.”

H. a également emmené Julie à ses événements de jeux de société. Julie estimait qu’elle était la seule personne de moins de 30 ans à ces séances. Elle savait que les personnes qu’elle y rencontrait n’étaient pas vraiment ses amis – elle était considérée comme une extension de H. – et elle le savait. Mais c’est toujours mieux que de ne pas avoir de vie sociale.

Au fur et à mesure que Julie vieillissait, les exigences de H. empiraient. Bien qu’elle dormait toujours chez elle en semaine, elle rendait visite à H. tous les jours dans son petit appartement et jouait avec lui à “faire semblant”. C’était comme s’ils faisaient un RP d’un couple d’adultes.

“J’étais tellement reconnaissante pour la compagnie que je le laissais faire de plus en plus d’actes sexuels différents sur moi à mesure que les précédents l’ennuyaient”, explique Julie. En plus du sexe à sens unique, il est devenu plus autoritaire. Il exigeait que Julie compte les calories pour rester mince et qu’elle s’épile. Elle a commencé à développer des troubles de l’alimentation. La famine l’épuisait et elle n’avait presque plus d’énergie pour autre chose.

Lorsque Julie est entrée au lycée, elle a trouvé la force de quitter H.. Elle était tombée amoureuse d’un garçon à l’école, ce qui lui a donné une raison d’aller de l’avant. “Je suppose que j’ai eu un aperçu de quelque chose de différent”, dit-elle. “Pourrais-je simplement être une personne normale qui va à l’école, a un petit ami, qui sort une fois l’école finie plutôt que quelqu’un devant prendre le premier train après les cours pour pouvoir faire la vaisselle de cet homme adulte qui était devenu ma vie ?”

 


An anti-abuse event in Berlin. Photo by Mika Baumeister on Unsplash.

Où sont les parents ?

Voici un autre témoignage, du point de vue d’une mère.

Karin est la mère d’une enfant de 13 ans heureuse et intelligente, qui adore le GN. Elle décrit sa famille comme plutôt harmonieuse. Elle et son mari étaient divorcés, mais avaient une relation très amicale et savaient travailler ensemble lorsqu’il s’agissait de leurs enfants.

Comme Julie, la fille de Karin était entourée de nombreux adultes. De plus, comme Julie, sa fille est perçue comme étant mature pour son âge.

Karin se considère comme une personne ouverte d’esprit. Elle pensait que les enfants pouvaient apprendre beaucoup de choses en ayant des amis adultes, et elle aimait la communauté des jeux de rôles. Convaincue que ses amis protégeraient sa fille, elle les a laissés s’occuper d’elle. Elle était loin de se douter que ces soi-disant amis utilisaient sa jeune fille pour des relations sexuelles sans lui dire.

Il s’agissait d’un détournement de mineur, mais à l’époque, la fille de Karin l’aurait nié.

“Le problème, c’est que les gens sont très concentrés sur le “non, c’est non””, m’a expliqué Karin. “Mais les adolescents ne disent pas non. Ils disent un ‘oui’ retentissant. Ils acceptent, corps et âme, d’avoir des relations sexuelles avec cet adulte qui s’intéresse tant à eux.”

Et elle poursuit : “Les enfants n’ont aucune idée de ce que ce “oui” signifie. Ils ne le savent tout simplement pas. Ils peuvent aussi penser que descendre une bouteille entière de vodka peut être une bonne idée, même si cela peut les tuer.”

Il a fallu de nombreuses années avant que Karin ne comprenne ce qui se passait. Au début, sa fille ne lui a rien dit, mais elle a commencé à tomber malade. Elle a souffert d’une grave dépression et a eu des difficultés dans ses études. Karin est désorientée : qu’est-il arrivé à son enfant vive et intelligente ?

Ce n’est que lorsque sa fille a atteint la fin de l’adolescence qu’elle a commencé à parler de ce qui s’était passé. Elle avait gardé tout cela secret.

Lorsque Karin l’a découvert, elle a immédiatement contacté la police. Les deux hommes ont finalement été condamnés et sont allés en prison.

Quant à Julie, elle et sa mère ont traversé une période d’éloignement. H. avait dit à Julie de ne pas faire confiance à sa propre mère : “Elle voulait juste nous séparer parce qu’elle ne comprenait pas notre amour”, lui avait-il dit.

La mère de Julie a accepté qu’elle ne pouvait rien faire. Même lorsque Julie lui a parlé de ses expériences, celle-ci croyait qu’elle aurait alors menacé de s’enfuir et de ne plus jamais la revoir si elle avait dénoncé H. à la police. C’est dire l’emprise qu’il avait sur elle.

 

Le rôle de la communauté gniste

En pensant aux expériences de Julie et Karin, je me sens honteuse. Honteuse de la communauté du grandeur nature – ma communauté – mais aussi à un niveau personnel. Cela dure depuis que j’ai commencé à jouer aux GN. Pourquoi n’ai-je rien fait à ce sujet ?

Vous pourriez penser que ce qui est arrivé à Julie et Karin est unique ou du moins rare. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Je prends la parole ici pour vous l’indiquer.

Alors pourquoi n’ai-je pas réagi ?

Parce qu’à ces moments, je n’en savais pas plus. Les agresseurs et leurs amis m’ont dit à plusieurs reprises que je devais accepter ces relations. Les enfants eux-mêmes m’ont même dit de m’occuper de mes affaires.

Il y a des voix très fortes au sein de la communauté danoise qui nous disent d’être ouverts et d’accepter tous les types d’amour, quelle que soit la différence d’âge. Poser des questions est perçu comme “âgiste”. Ne pas accepter les relations entre adultes et adolescents est perçu comme une attitude prude et indiscrète.

La position générale des GN et des conventions de GN au Danemark est qu’à moins qu’il n’y ait une condamnation, il n’y a aucune raison de dénoncer ce comportement. Les personnes connues pour être sorties à plusieurs reprises avec de très jeunes gnistes peuvent utiliser notre communauté pour draguer des adolescent·e·s.

Cependant, pour Julie, il s’est avéré que même une condamnation ne changeait pas la façon dont les gens voyaient la relation qu’elle entretenait avec H.. Début 2018, elle s’est rendue à la police. Elle est passée par une procédure mentalement épuisante où la police a remis en question tout ce qu’elle avançait et a exigé d’elle des preuves.

Une fois confronté à ses actes, H. a nié avoir eu des relations sexuelles avec Julie alors qu’il travaillait encore au club de jeunes. Comme cela ne s’était produit que lorsqu’ils étaient seuls, Julie n’avait aucun moyen de prouver son accusation.

En décembre 2018, l’affaire est passée devant le tribunal. H. a été condamné à une amende et à des travaux d’intérêt général.

Après la sentence, Julie a subi un retour de bâton de la part de la communauté danoise des jeux de rôles. H. faisait partie d’un vaste réseau d’amis prêts à le soutenir, et qui ont attaqué Julie pour l’avoir traîné en justice. Le sentiment général était qu’elle avait été une participante volontaire et qu’elle était assez âgée pour être tenue responsable de ses choix. Ils considéraient les accusations comme une tentative de “ruiner” H.

De toute façon, si elle n’était pas heureuse dans cette relation, pourquoi est-elle restée si longtemps ?

“Pouvez-vous savoir que vous êtes malheureux, alors que vous n’avez connu que différentes saveurs de malheurs ? Je ne veux pas paraître excessivement dramatique, mais c’était ma situation”, m’a expliqué Julie, lorsque je lui ai posé la même question.

Au sein de la communauté danoise, il existe plusieurs exemples de rôlistes appréciés et influents qui ont eu des relations avec de jeunes adolescent·e·s ou des personnes qui étaient en fait leurs élèves. Bien que certaines de ces relations ne soient pas autorisées par la loi, les gens sont prêts à les ignorer, en raison du sentiment général de bonne volonté envers ces personnes. Cependant, ce dont les gens ne sont probablement pas conscients, ce sont les dommages à long terme causés aux adolescent·e·s en raison de la répartition asymétrique du pouvoir dans une telle relation.

Karin, elle aussi, se dit déçue par la communauté du jeu de rôles.

“Il n’y avait pas que ces deux types !” a-t-elle déclaré. “Ce sont 30-40 autres adultes qui ont acheté de l’alcool à ma fille, qui l’ont vue ivre et qui l’ont vue flirter avec des adultes sans me le dire, à moi, sa mère”.

Une gniste que Karin considérait comme son amie était au courant des viols répétés de sa fille pendant une année entière avant de finalement lui en parler.

 

Les effets à long terme

Selon un rapport du conseil national danois des services sociaux3, le syndrome de stress post-traumatique est l’une des réactions les plus courantes chez les adultes ayant vécu des maltraitances durant leur enfance. Bien que les réactions soient individuelles et dépendent à la fois de la gravité de l’abus, de sa durée et du rôle de l’abuseur, il existe une longue liste de symptômes communs :

  • anxiété
  • dépression
  • faible estime de soi
  • problèmes d’image corporelle et de sexualité
  • comportement suicidaire
  • excessivement sexualisé

 

C’était la même chose pour Julie.

“Plutôt, qu’est-ce que ça n’affecte pas chez moi ?” a-t-elle répondu lorsque je lui ai demandé comment elle était encore affectée.

Elle a poursuivi en décrivant les dommages physiques à long terme causés à son corps par le strict comptage des calories qui lui a été imposé. Les dommages causés à ses os, à ses dents et à sa fertilité.

“Les cauchemars sont moins concrets mais tout aussi importants sur ma santé. Il est très rare que je puisse passer une nuit complète de sommeil sans me réveiller une ou deux fois à cause de cauchemars. Parfois, il me touche, parfois il se tue (comme il a menacé de le faire un nombre incalculable de fois), et parfois je suis simplement de retour dans son appartement, à faire des choses de tous les jours. Ce sont ces derniers rêves qui sont les plus effrayants, car ils sont souvent les plus réalistes et ceux dont je mets le plus de temps à me débarrasser une fois réveillée.”

Julie a tenté de se suicider à plusieurs reprises et a attribué ces tentatives à ces maltraitances.

Elle a également du mal à avoir des relations amoureuses. Elle m’a décrit comment sa première expérience des relations et du sexe avait déformé son idée de ce que devait être une relation normale.

“J’ai du mal à gérer les conflits, car mon corps et mon cerveau s’éteignent pour se préparer pour la suite, persuadés que la situation s’aggravera en violence physique. En même temps, des choses que je devrais considérer comme des signes d’alarme ne sont même pas enregistrées par mon cerveau. Certains comportements que d’autres personnes me disent être manipulateurs et cruels me semblent normaux, et au contraire un comportement humain standard que je rencontrerai chez tout et un chacun — et pas seulement chez un partenaire romantique — peut me faire pleurer parce qu’il me semble si gentil et que je ne le mérite pas.”

Il n’y a rien que Julie aurait voulu plus que de passer à autre chose. Mais elle n’a pas pu se débarrasser des conséquences de ces abus.

Pour la fille de Karin, il s’est écoulé plus de dix ans entre le moment où elle a été violée et celui où elle a enfin pu surmonter le SSPT (Syndrome de Stress Post-Traumatique) : l’anxiété et le trouble de la personnalité qui étaient des conséquences directes de l’agression.

 

La relation saine ?

 

Est-il même possible pour un adolescent de 16 ans et un adulte d’avoir une relation saine ? La question suivante est peut-être plus pertinente : que veut obtenir un adulte en ayant une relation avec un enfant ?

Étant donné que l’équilibre des forces entre adultes et enfants penche naturellement en faveur de l’adulte, il n’est pas exagéré de penser que ce qu’il recherche est une situation dans laquelle il se sent maître de la situation. Nous sommes alors en présence d’une pulsion narcissique de domination sexuelle et autre, dans laquelle l’adulte ne s’intéresse ni à sa responsabilité ni au devoir moral de protéger l’enfant.

Dans la communauté gniste, beaucoup d’adultes ont grandi en se sentant stigmatisés. On nous traitait de tous les noms — intellos, geeks — et nous n’avions peut-être pas beaucoup d’attention. Grandir et devenir le sujet de l’adoration d’un enfant peut être tentant. Peut-être même trop tentant. Nous, les pairs, devons intervenir. Nous avons besoin de poser des questions. Il se peut même que nous devions dénoncer nos meilleurs amis à la police s’ils refusent de changer de comportement, si c’est ce qui est nécessaire pour mettre fin à cette culture de l’abus.

 

[1] Tous les noms ont été anonymisés. Les vrais noms ne sont connus que de l’autrice.
[2] Cambridge Dictionary. N.d. “Grooming.” Cambridge Dictionary
[3] Lien du rapport (en danois)

Rédaction du contenu : Elina Gouliou, Mo Holkar

Traduction française : Kilian Lamberdière, avec l’aide de Wim Dammans

2 réactions à Le grooming dans la communauté du grandeur nature

  1. Merci d’en avoir fait un article, c’est important que ce genre de comportement destructeur ne soit plus tabou.
    Je veux bien rejoindre brièvement l’avis danois : qui sommes nous pour juger de l’amour d’autrui ? Si on un arrête un couple dans cette aventure, cela fait de nous des tueurs de Cupidon.
    Par contre j’emmerde profondèment, cette culpabilité sournoise, vicieuse qui se cache derrière : Combien de couple heureux pour combien d’humains détruits mentalement ?
    Et pour ces couples heureux aujourd’hui, ils ont eu un manuel de l’amour ? Des mise en garde ? Évidemment non, personne ne va au cours de l’amour à l’école puisque ce cours n’existe pas. Ce qui sous entend un manque d’appréhension d’autant plus grand et dangeureux.
    Conduire une voiture pour la première fois, ce n’est pas aussi risqué que d’aller chercher son pain pour la première fois en étant seul.
    Pour l’amour c’est pareil, comme le reste, ce ne sont pas les pratiques chelous qui manquent. Par contre, c’est de notre responsabilité de faire en sorte que l’activité puisse se faire avec la préoccupation n°1 de bien être psychique et physique comme étant la priorité la plus importante.

    Car c’est bien parce-que c’est une pratique méconnue qu’il est d’autant plus difficile de survivre à la situation et plus facile d’y entrer.
    Il faut bien du vécu pour pouvoir comparer, évaluer, re-tester,… Le tout pour ne pas perdre ou pour développer ce qui constitue notre curiosité, notre émerveillement, notre envie de nous lever tout les matins.

    Même en admettant qu’il y ait 20 couples heureux pour une personne traumatisé c’est totalement inacceptable. On est pas entrain de laisser passer des personnes qui pleure de tristesse parce qu’elle se sont fait larguer brusquement.
    Là on parle de personne qui ont perdus une partie de leur être et qui n’interragiront peut-être plus jamais avec ce petit quelque chose qui les caractérisent. C’est lorsque le temps de guérison et supérieur à leur temps de vie que c’est irréparable.

    Alors si, ni les agresseurs, ni les victimes ne veulent s’en sortir une fois dans la spirale du vice. C’est forcément aux personnes alentours d’agir. En ayant la sagesse et la pédagogie de pouvoir l’écouter, l’exprimer et le partager, si l’on ne souhaite pas que ça dégénère encore plus que la situation actuelle.

  2. Merci pour cette traduction, je n’avais pas vu passer l’article sur Nordiclarp alors qu’il me paraît d’une importance cruciale.

    Je me retrouve parfois dans des situations étranges, d’incompréhension sociale je suppose, parce que j’émets des avis tranchés concernant, notamment, le fait qu’une relation entre une jeune personne (je pense également aux “adultes” qui attendent que la personne désirée atteigne 18 ans) et une personne de dix, vingt, trente ans sont aînée érige un drapeau rouge – même quand ça se passe bien, c’est un terreau à abus et à relations de pouvoir. Alors oui, sans doute, quand les personnes sont ensemble depuis cinq ou dix ans, on se dit qu’après tout, ça n’est pas si grave que leur relation ait commencé lorsque l’un·e avait 17 ans et l’autre plus de 30 : mais nous avons la responsabilité collective de questionner ces comportements et ces relations lorsqu’ils se produisent, car il vaudra toujours mieux s’excuser d’avoir douté d’une relation que s’excuser d’avoir laissé se produire une relation d’emprise et d’abus…

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