GNiales 2012 : Le bilan de la convention du jeu de rôle Grandeur Nature

Publié le vendredi 9 novembre 2012 dans Actualités du GN

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Il y a des périodes comme ça où les événements incontournables s’enchaînent. Il y a une semaine je vous parlais du jeu de rôle Grandeur Nature d’Arte et maintenant je reprends le clavier pour vous parler des GNiales.

Au risque de provoquer l’ennui de ceux qui connaissent déjà, faisons un bref rappel de ce dont il s’agit : Convention née en 2005 d’une initiative de la FédéGN, dédiée au jeu de rôle en grandeur nature, les GNiales ont pour objectif de réunir des passionnés de GN le temps d’un week-end pour discuter de techniques et de théorie. Conférences, tables rondes, ateliers et débats s’enchaînent pendant deux jours pour le plus grand bonheur des organisateurs, qu’ils soient expérimentés ou néophytes. D’année en année, l’événement a pris de l’ampleur. Aujourd’hui, il commence à rayonner en Europe et accueille des intervenants et des visiteurs venus de Belgique, de Suisse, d’Italie, d’Allemagne, du Danemark et même de Bretagne.

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Cette année l’événement se déroulait au Centre Vercingétorix, dans le 14ème arrondissement de Paris, et proposait rien de moins qu’une trentaine de conférences et ateliers, avec par moments jusqu’à quatre interventions en simultané. Le thème directeur de cette édition était le Mass Larp, autrement dit les très gros GN de plusieurs centaines de joueurs. Pour autant, comme chaque année, il y en avait pour tous les goûts et les visiteurs indifférents à la thématique centrale pouvaient facilement trouver de quoi alimenter leur curiosité et leur soif de découvrir des horizons nouveaux. Je ne résiste pas, d’ailleurs, à joindre à ces déclarations péremptoires une preuve en bonne et due forme : le site des GNiales, où vous pourrez explorer le programme complet.
http://www.gniales.com

Évidemment, il n’était pas possible d’assister à toutes les conférences. Il y en avait tellement, il aurait fallu quelque chose s’apparentant à un pouvoir de super héros. À défaut d’être Super Ubiquitousman, j’ai dû me contenter d’être Ultra Frustratedboy. C’est la vie. Je vais donc vous parler de ce à quoi j’ai pu assister et laisser à d’autres le soin de remplir les blancs.

L’aventure débute vendredi soir au Dernier Bar, un établissement respectable. Nous sommes conviés à nous réunir afin de nous rencontrer, bien sûr, mais aussi pour faire connaissance avec les visiteurs des divers pays voisins. J’ai ainsi l’immense privilège de faire la connaissance de Peter Munthe-Kaas, Prince du combat Taï-Chi (oui je sais c’est un concept étrange), pape de l’Ars Amandi, Roi des Workshops et concepteur du GN Kapo. Autrement dit, d’un point de vue international, ce type est un peu l’équivalent d’Alfred Hitchcock en 1960. Autant dire que mon premier réflexe est la génuflexion. C’est quelqu’un de fascinant ce Peter, dont l’approche du GN est radicalement différente de celle qu’on connaît traditionnellement en France. Par exemple, loin de la théorie selon laquelle le point commun de tous les GN est le fait de raconter des histoires, lui considère que le récit est dépourvu d’intérêt et ne s’intéresse qu’à l’expérience vécue. Dès qu’on lui parle d’un GN, sa question quasi immédiate est « Quelle expérience allez-vous faire vivre aux joueurs ? ». Mais je m’égare, Munthe-Kaas fera l’objet d’un autre article/interview, recentrons-nous sur les GNiales.

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Samedi matin, j’arrive de bonne heure avec l’intention de donner un coup de main à l’installation. Après quelques déplacements de tables et de chaises je suis bientôt rattrapé par une lourde fatigue dont la soirée de la veille a sans doute quelques responsabilités. Accablé par ailleurs d’une  pouvantable toux, je me vois parti pour passer un misérable week-end. Je n’aurais pu être davantage dans l’erreur.

10h00 – Notre premier rendez-vous est la conférence d’ouverture, tenue en salle plénière par Christophe Pichon (alias Lapinou), Olivier Artaud, Vincent Choupaut, Vincent Marty, Tonton Copt, et dont la traduction simultanée est assurée par Thomas B. Sans surprise, on nous présente l’état du GN en France, ses 50 000 joueurs estimés, les 170 et quelques associations affiliées à la FédéGN et l’avenir radieux qui se présente. Un discours communautaire assez convaincant nous décrit le GN comme une activité vaste, regroupant à la fois le Mass Larp, le huis clos, les murder parties, le GN medfan traditionnel, l’airsoft, le paintball et les soirées de tante Micheline autour d’une tasse de thé. Tout cela est du GN du moment qu’on raconte une histoire, soyons tous frères. Bon. Je ne devrais pas faire de l’ironie dans la mesure où j’adhère au concept général, mais il est vrai qu’après avoir discuté longuement avec un larper nordique, j’étais un peu en difficulté sur l’idée que le GN consiste systématiquement à raconter des histoires. Pour le reste en revanche, c’était vraiment très bien, très fédérateur et carrément bon signe.

11h00 – Première conférence théorique, sur le gâchis en GN, présentée par Marine Schwab, Baptiste Cazes et Vincent Choupaut. On nous décrit brièvement le fond du sujet : il s’agit de démontrer que nous (organisateurs de GN) avons souvent tendance à privilégier nos envies au dépend de l’efficacité. S’ensuivent différents exemples de situations de gâchis d’énergie et de temps. L’artificier qui envoie son spectacle pyrotechnique ruineux pour deux spectateurs, parce que bon… y a pas le choix et que de toute façon les autres joueurs sont allés faire un truc ailleurs. La sœur perdue, ou l’art de concevoir une formidable intrigue entre deux personnages, qui va finalement échouer dans une cacophonie de scènes parasites ayant pour effet de les empêcher de se croiser sur le terrain de jeu. Le 5-15-3 qui va nous démontrer que le format de jeu traditionnel vendredi-samedi-dimanche conduit inévitablement à pédaler dans le vide. La tragédie du mariage interrompu, le syndrome du marché aux poules, etc. autant d’exemples très parlants que vous aurez sûrement l’occasion de découvrir dans un rapport plus complet sur le sujet. Globalement, l’objectif est  atteint, on a bien compris la nécessité de soigneusement réfléchir au préalable à ce qui est vraiment utile dans notre GN.

12h30 – Repas : sandwich + canette. Ça n’a pas l’air de casser trois Twix, mais en réalité c’est tout à fait suffisant. On a peu de temps, ça reprend dans une heure trente et il y a plein de gens à voir, on fera un vrai repas ce soir.

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14h00 – Les Workshops, un atelier en trois heures présenté en anglais par le danois Peter Munthe-kaas. Là aussi c’est sans surprise : juste du bonheur. Peter nous explique le principe général des Workshops et de leur utilité. En résumé : il s’agit, préalablement au GN, de préparer les joueurs à s’immerger dans leur personnage, voire à le concevoir, à s’entraîner au roleplay adapté, à se dynamiser, à se connaître les uns les autres et à se mettre en confiance. Bref, les workshops sont une introduction au GN, qui peut durer quelques heures ou quelques jours, qui va permettre de décupler formidablement les sensations et la puissance des expériences vécues. On entre dans une autre dimension. Notre intervenant nous demande de lui donner de la matière. Il veut qu’on travaille sur un GN qu’un d’entre nous est en train d’écrire. Et là pour moi c’est le coup de bol ! Personne d’autre ne se propose, c’est le mien qui sera le sujet de l’expérience. Nous sommes donc partis pour une série d’ateliers sur les classes sociales et la misère des artisans sur fond d’émergence des grands magasins parisiens. Nous effectuons divers exercices de dynamisation, de décontraction et de mise en confiance. Je fais le pingouin, le flamand rose, je palpe le ridicule, constate qu’il ne mord pas, je découvre mes partenaires dans des exercices de speed dating. Tout ça est bel et bien dynamisant et générateur de confiance. Nous passons ensuite à divers exercices de construction, de développement et d’appropriation des personnages. C’est incroyable, en à peine deux heures d’exercices ce qu’on peut se sentir immergé dans un rôle conçu en dix minutes sur la base de deux photos et d’un mot clef. L’ensemble de l’atelier n’aura duré que trois heures mais nous aura permis de toucher du doigt une façon résolument différente mais incroyablement riche d’approcher le GN. Évidemment, il y a un site internet : workshophandbook.wordpress.com. On parle également des Workshops dans cet article en français.

17h00 – Alternate Reality Games, Larp in public, une conférence présentée en anglais par les allemands Vivien Havemann et Thomas Erkwoh. Les deux conférenciers nous présentent un concept de jeu qu’on pourrait vouloir simplifier en le comparant aux vieux killer games qu’on pratiquait il y a quelques années. En réalité, malgré une ou deux similitudes superficielles, il s’agit de quelque chose de très différent. Les Alternate Reality Games (ARG) existent depuis 2008 et ont pour principal but l’éducation civique. Eh oui, rien que ça ! Les thèmes abordés sont évocateurs : le terrorisme, la guerre, l’extrémisme, etc. L’ARG cherche donc à réaliser un travail éducatif autant que culturel auprès d’un public… large et… grand public. Les joueurs n’ont pas de personnages et restent eux-mêmes. Ce sont les événements du jeu qui vont venir les cueillir, dans leur vraie vie !  Curieux ? Pas tant que ça dans la mesure où c’était déjà le concept de base des jeux killer. À la différence toutefois qu’on parle ici de GN avec de très gros budgets, des moyens à faire pâlir de jalousie nos plus grosses productions. Et puis surtout, on parle d’éducation civique.
Évidemment, ça pose de nombreuses questions : Quid de la séparation entre le réel et la fiction ? N’y a-t-il pas des incidents comme on peut les imaginer dans un jeu qui se déroule durant la vie de tous les jours ? Les organisateurs nous affirment que tout est toujours resté sous contrôle depuis quatre ans et une trentaine de jeux organisés. Plutôt impressionnant.

19h30 – Une amie, une bouteille de La Louvière 2002. Décidément cette édition des GNiales est plutôt d’un bon cru.

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20h00 – Repas : mis à part le fait que le bœuf bourguignon a fini sur ma chemise, c’était plutôt une réussite. Les petites mains bénévoles en cuisine ont sacrément du mérite, compte tenu du fait que le traiteur les a lâchées deux jours plus tôt pour cause de camion en panne. Comme quoi il arrive que la malchance s’abatte sur les autres… et sur mes chemises.

21h00 – Into the wild, un Jeepform écrit par Baptiste Cazes, Lucie Choupaut et Vincent Choupaut. Nous sommes huit touristes dans un minibus en panne au milieu de la forêt amazonienne. Objectif : savourer l’ennui. Je joue le fils adolescent d’un père trop souvent absent qui veut se racheter en offrant à sa progéniture un voyage d’exception. Ils vont être servis. Première phase, nous improvisons l’histoire au format GN traditionnel. En fait d’ennui, l’action se déroule à 100 à l’heure, dans une cacophonie de joueurs déterminés à ne pas passer la moindre seconde à contempler le silence. Surprenant mais bon… ok. Seconde phase, les organisateurs nous fournissent quelques outils traditionnels du Jeepform, flashback, flashforward, intervention dans la narration, il ne manque que le monologue intérieur. Puis ils nous rappellent les consignes sur l’ennui et sur l’écoute. On repart, et c’est encore plus délirant. Pêle-mêle, je vous livre l’arrivée impromptue d’un camion militaire, le dépeçage d’un jaguar, le minibus envahi par un nuage de cocaïne. Je crois que ça aurait mérité qu’on écrive un vrai scénario de GN sur la base de ce qui a été improvisé ce soir là. Bon, je ne vais pas vous raconter d’histoires, je n’ai pas tellement aimé. Le jeu et les organisateurs n’y sont pour rien. Je crois que ça aurait pu être très bon si les joueurs avaient respecté les consignes pourtant largement répétées. Du coup, au lieu d’un jeu contemplatif et profond, on a eu un vaudeville ultra-dense et sans queue ni tête. Pas ma tasse de thé. Terminé pour aujourd’hui, je file me coucher, épuisé mais heureux.

Dimanche matin, j’arrive à 10h10, un peu en retard. J’attrape vite un croissant et un des excellents cookies tout juste sortis du four, puis je file en salle plénière pour assister à la première conférence du jour.

10h00 – L’unité de jeu et la part du virtuel, une conférence proposée par Pierre-Olivier Blondont. L’orateur nous présente une liste quasi exhaustive des cas d’utilisation du virtuel dans les GN.
On va donc de l’objet qui représente à lui seul une profession et l’atelier qui va avec, aux jeux vidéo simulant les batailles spatiales, en passant par les descriptions orales et les inputs de jeu sous forme d’enveloppes. Au bout d’une heure je me prends à admirer l’exhaustivité de la liste, mais à m’interroger sur l’objectif. Is it pointless ? Pas tant que ça en réalité. Le but est de nous amener à considérer qu’une utilisation du virtuel est souvent inévitable, parfois très bien gérée, mais qu’il est avant tout impératif qu’elle soit : – équilibrée, – adaptée au jeu et au public, – au même  degré pour tous, – clairement repérée, – écrite et sauvegardée quand il s’agit d’une intervention orale, – qu’elle ne provoque pas de cloisonnement dans le jeu. Ok, admettons.
Ensuite, par un tour de passe-passe qui me prend complètement par surprise, Pierre-Olivier en vient à se demander s’il faut définir ce qu’est le GN « classique ». L’idée est de poser un « ground zero » du GN, sans trop se préoccuper de savoir s’il correspond à une pratique encore existante et de permettre ainsi à chacun de définir son propre GN en s’appuyant sur les différences par rapport à cette base. Par exemple : le steak à cheval c’est un peu comme l’escalope de poulet, mais avec un steak à la place du poulet et un œuf dessus. Enfin c’est ce que j’ai compris.

11h30 – Designing Surrealist Larps, une conférence proposée en anglais par Peter Munthe-Kaas. Le désormais célèbre Danois nous présente cette fois sa vision de l’utilisation des sons et de la lumière pour générer des effets surréalistes. Alors là attention, ne faites pas la même erreur que  moi : il ne s’agit pas d’utiliser la lumière et les sons pour rendre une ambiance cohérente et palpable, comme des sons d’écoulement d’eau et de crissements de petites pattes dans ce qui devrait figurer un égout. Non, là on parle de surréalisme. Munthe-Kaas va donc nous donner à réfléchir sur le sujet au travers de plusieurs exemples de jeux à la conception desquels il a participé : principalement Delirium (2008) et Kapo (2011). Il nous explique comment le choix de lumière et notamment de couleur va avoir une influence sur la façon dont la scène est perçue par les joueurs, comment elle peut influencer leur état d’esprit, particulièrement s’ils y ont été préparés (durant un workshop au hasard). Le choix de couleur peut avoir une signification en jeu : rouge vous êtes sous la surveillance des infirmiers, bleu vous n’êtes pas surveillés. Au bout d’un moment, le jeu de lumière transcende le raisonnement et devient un réflexe. Pavlov n’a qu’à bien se tenir. Il est relativement clair à l’issue de la conférence qu’il y a un grand potentiel à exploiter. Les nombreux exemples issus des deux jeux cités en référence donnent une idée de ce qui peut être accompli. On se prend à espérer une prochaine intervention d’un spécialiste en son et lumière. Si vous voulez en savoir plus et découvrir les nombreuses idées développées par les créatifs déjantés des pays scandinaves, je vous recommande de vous intéresser aux objets rouges, à la décorrélation temporelle, au « color in focus » et autres techniques :

www.kapo.nu

www.vimeocom/nordiclarp.com

nordiclarptalks.org

nordiclarpwiki.org

www.fastaval.dk (en danois)

www.solmukotta.org

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13h00 – Repas : sandwich + canette le retour, sauf que cette fois il y a du vin chaud en option à la place de la canette, cool. J’en profite pour me caser dans un rendez-vous avec Bruno Freyssinet, ex-GNiste, acteur et producteur dans le secteur du théâtre. Nous sommes une dizaine à nous intéresser à son projet : le « World Crisis Theatre », pour lequel il souhaite un rapprochement avec le GN. L’objectif serait de travailler simultanément sur un même thème européen de crise géopolitique. Il se chargerait de collecter de nombreux témoignages, puis de nous nourrir avec les interviews obtenues, de façon à ce que nous puissions tous, chacun avec le média qui lui est propre, produire un spectacle ou un GN traitant du sujet. Les passerelles envisageables ensuite sont bien sûr nombreuses, du spectacle théâtral relayé par un GN (à la façon du GN d’Arte), au GN qui nourrit une pièce de théâtre. Ça fait bien envie cette idée. Affaire à suivre.

14h00 – Initiation à l’improvisation théâtrale, un atelier présenté par le célébrissime Joël Dirninger. Trois heures d’expériences d’impro, menées tambour battant par un Joël convaincu, convaincant et en pleine forme. En trois parties sans pause et sans concession, on apprend à gérer le ridicule (encore tiens, ça doit être important), à accepter les propositions de l’autre, à rebondir, à prendre des risques, à embrasser l’échec, à jouer de son image, de son statut. Bref, c’est prenant, épuisant, formateur, j’ai adoré. L’utilité pour un joueur de GN me semble plus qu’évidente.

20h00 – C’est terminé. C’est un peu triste mais les meilleures choses ont une fin. À l’année prochaine…

Si vous avez assisté à d’autres ateliers ou conférences, n’hésitez pas à proposer vos comptes-rendus en commentaires.

Et une première pour commencer (en anglais) : http://www.thomasbe.com/2012/11/05/paris-larp-convention-gniales-2012-a-subjective-recap-part-1/

Crédits Photos : Frédérique Boursicot

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Pascal MEUNIER

Pascal MEUNIER

Pascal est rôliste depuis 1982 et GNiste depuis 1987. Il a fondé quelques associations et organisé une véritable horde de GNs dans différents contextes. D’abord membre fondateur de Rajr, illustre association rhodanienne de GN, il intègre en 1998 l'association Wargs, une autre illustre rhodanienne, et en devient président à partir de 1999. Il écrit encore de nombreux GNs, dont les plus fameux sont sans doute Histoire de Fantômes Chinois et Jedi Knight. Parallèlement à son activité associative, il crée en 2004 événement Grandeur Nature, une société d’événementiel proposant du jeu de rôle en grandeur nature pour entreprises et collectivité. Il organise à ce titre divers huis-clos, rallyes scénarisés et murder parties, avec soit une vocation team building, soit une vocation culturelle. Avec quelques potes motivés, il fonde en 2011 le portail www.murder-party.org, un vaste site de mise en commun de connaissances et de discussions autour du huis clos et autres petits GNs, qui offre aujourd’hui la scénariothèque de GN francophone la plus fournie.

6 réactions à GNiales 2012 : Le bilan de la convention du jeu de rôle Grandeur Nature

  1. Merci pour le retour, ça avait l’air cool ! Dommage que j’ai raté tout ça… Ah et au fait, ça n’avait pas grand-chose à voir avec le thème (Mass LARP) ?

  2. Merci aussi. Je plussoie : les workshops c’est révolutionnaire !

  3. Merci Pascal. J’y vais de ma petite contribution parce que nous n’avons pas toujours suivi les mêmes conf’.

     

    Samedi matin, je suis allée écouter la conférence de Matthieu Nicolas sur le GN en institutions (c’est-à-dire des jeux qui se passent dans des organisations réglementées type écoles, prisons,
    hôpitaux, commissariats, sociétés totalitaire, etc.). Son postulat était de dire que ce type de GN a du succès parce qu’il met l’accent sur l’ordinaire plutôt que sur l’exceptionnel. Il permet,
    en principe, de se focaliser sur le quotidien des personnages, de se focaliser sur la routine plutôt que sur l’aventure.

    Matthieu regrettait notamment que les personnages qui ont un métier dans un GN sont très peu souvent confrontés à l’exercice de ce métier. Il n’a malheureusement pas eu le temps de développer
    tout son propos, mais je pense (j’espère !) que sa conf sera disponible en articles ici même.

     

    En début d’après-midi j’ai suivi la présentation en anglais d’un allemand, Artur Schoenhuette, qui devait nous expliquer pourquoi la Corée
    du Nord écrivait de bonnes histoires de GN. J’y suis allée intriguée. Il se trouve en fait que cela n’avait pas grand-chose à voir avec la Corée du Nord, mais plutôt avec le gâchis d’énergie.
    Pour faire court, la présentation visait à nous faire comprendre que notre imaginaire commun rend non pertinente la description de 120 pages d’un doc de monde quand on organise un GN. (Si
    certains ont suivi cette conf et ont compris autre chose, je vous laisse donner votre avis)

     

    Ensuite j’ai suivi la conférence de l’excellent Daniel Bonvoisin sur le GN et les médias qui nous a présenté toute la recherche de la Fédération de GN Belge pour contrôler le discours des médias
    sur le GN (et particulièrement sur le Mass Larp Avatar). Suite à la fâcheuse expérience Mireille Dumas, les GNistes belges ont voulu empêcher qu’une telle chose arrive en Belgique et ont donc
    fait parler d’Avatar dans des termes qui donneraient, pensaient-ils, envie aux médias. Suite à plusieurs années de journaux télévisés qui ne parlaient toujours pas du GN comme elle le voulait, la
    Fédé belge est arrivée à deux conclusions :

    1)   si on communique en disant qu’on n’est pas fous on va nous prendre pour des fous

    2)   les médias parlent de ce dont on leur dit de parler. Donc il faut contrôler les communiqués qu’on leur envoie, et bien
    les diriger lorsqu’ils viennent sur nos jeux faire des reportages.

     


    Le lendemain j’ai suivi à peu près les mêmes conférences que Pascal et j’ai aussi assisté à la présentation de Utopion et Epic Empires par l’allemand Matthias Trennheuser. Je pense que le projet
    Utopion fera l’objet d’une présentation sur electro-GN. Il s’agit du projet fou de Matthias Trennheuser qui a acheté un ancien terrain militaire de plus de 100ha à la frontière franco-allemande
    et qui le tient à la disposition des GNistes pour une somme très modique. Il se trouve que Matthias est francophile et qu’il est venu nous inviter, nous français, à venir organiser sur ce terrain
    qui n’est pas très loin de chez nous. Forcément, ça donne envie.

  4. Je peux apporter mon point de vue sur 2 autres conférences que j’ai suivi :

    « Ecrivez votre GN en 4 heures! » était un atelier animé par Vincent Choupaut et Baptiste Cazes. Il se déroulait le samedi après midi et comme son nom l’indique en 4 heures. La conférence du matin
    sur le gachi en Gn était presque un teaser pour cette présentation. En effet, nous avons pu découvrir une méthode par étape pour organiser un GN. Quand je dis organiser un GN, cela signifie que
    nous avons envisagé également tout ce qui tourne autour de l’écriture du scénario, jusqu’au rangement suivant le jeu ! Je pensais venir en touriste pour picorer cette présentation, mais la
    construction live était passionnante. Pourtant, travailler avec 4 personnes que je ne connaissais pas et le temps très limité aurait pu être un frein sévère. Bref, nous sommes parvenu à définir
    des bases solides sans que le jeu soit jouable dès demain, mais je n’ai pas vu le temps passer. Nul doute que cette méthode arrivera sur votre blog préféré dans quelques temps.

    Le lendemain, comme le disais Pascal, j’ai pu animer un sujet sur le virtuel et une proposition de règle sur « l’unité de jeu ». Je tâcherais également d’en faire une restitution sur ce blog (avec
    quelques ajustement et la recette du steack à cheval…)

    L’après-midi se déroulait l’atelier de Nicolas Prevost, alias Tonton Copt : « FX révolution »(conférence en anglais). En ce qui me concerne, je savais à quoi m’attendre, car j’avais assisté à une
    autre du même genre l’an passé, et je crois pouvoir dire que je venais au GNiales spécialement pour cet atelier/conférence. Tout d’abord, l’atelier est très visuel et les explications en anglais
    tout à fait accessible à mon humble niveau. Ensuite, comme la fois précédente, j’ai passé 3 heures à rêver à toutes les merveilleuses possibilités qu’apportaient les trucs et astuces présentés :
    L’ingénierie de la logistique GN et de la création de décors et d’ambiance accessible à (presque) tous! Comment créer des effets de jeu impressionnants avec un budget de GN ? Pour ceux qui
    voudrait découvrir une partie de ces trésors, je recommande le site de Tonton : http://www.creavapeur.com/

    Au passage, j’ai failli venir en covoiturage depuis Le mans, mais j’ai finalement pris le train (56€ AR). J’ai pu être hébergé chez un ami. Ce WE revient moins cher qu’un GN, mais j’en repars
    avec autant de rêves et de rencontres. L’année prochaine, N’hésitez pas à nous rejoindre !

  5. Salut,

    Y a t’il un enregistrement (sonore ou bien vidéo) disponible pour les conférences des Gniales ?

    Merci

  6. Il va y avoir sur ce blog plusieurs épisodes de radioGN et des articles résumant une partie des conférences. Mais ce sera tout pour le moment.

    Certaines conférences seront redonnées à nantes aux réGNiales, à Lyon et en PACA également mais je n’ai pas de dates.

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