Still Water Runs Deep

Publié le lundi 15 février 2016 dans Previews de GN

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Titre du jeu de rôle Grandeur Nature : Still Water Runs Deep

Association organisatrice : Rôle

Date d’ouverture des inscriptions : tout le temps

Lien vers le formulaire de pré-inscriptions : https://docs.google.com/forms/d/1fAi_bp-_gW_efBeR0LQX1JlzfjuuFGWNKu6lMtF2zM/viewform?c=0&w=1

Localisation : pour la session V, en région parisienne

Date du jeu : pour la session V, 25 mars 2016

Durée de jeu : 8-9h de jeu + 2-3h d’ateliers

Nombre de Pjs : 9 (Gentry) et 11 (Servants)

Nombre de Pnjs : 3

A-t-il déjà été organisé, et si oui, quand ? Le jeu a été organisé quatre fois en 2015 (mars et septembre)

Les auteurs : Saetta & Sioban (Rujha Team)

 

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D’où vient l’idée de ce jeu, qu’est-ce que ce jeu est et qu’est-ce qu’il n’est pas ?

Ce jeu vient de plusieurs choses : un goût prononcé pour la littérature britannique dix-neuvièmiste explorant la condition humaine avec une focalisation sur les visions de Jane Austen et Charles Dickens, Elizabeth Gaskell, les sœurs Bronté ou encore Thomas Hardy ; le constat que le XIXe siècle a (eu) tendance à être “glamourisé” en GN et que s’il est agréable de mettre des costumes historiques et de vivre de folles romances, ce qui nous intéressait c’était l’expérience émotionnelle à travers l’engagement fictionnel pour explorer les pressions sociales et les conditionnements culturels d’une période.

Il ne s’agit donc pas d’un jeu d’action, et je ne suis pas sûre qu’on puisse même parler d’un jeu romanesque à la française car s’il comporte son lot de secrets, il est plus Dickens que Austen. Il n’y a pas de sublimation des personnages et la réalité décrite est assez froide, pragmatique et dure sous couvert de bienséance et de vernis social.

Les sources d’inspiration télévisuelles sont : North & South, Little Dorrit, The Mill, Dowton Abbey, Miss Austen Regrets, Greats Expectations, Pride & Prejudice, Emma, Jane Eyre, Dickensian, … Comme on peut le voir beaucoup de BBC drama.

Qui sont les personnages (en gros) et quelle est la raison de leur présence ?

SWRD suit une famille, ses domestiques, ses voisins et leurs visiteurs, lors d’une soirée conviviale relativement informelle (a gentry call) dans une maison de petite noblesse dans la campagne anglaise en 1803.

Les personnages ont les défauts de leur temps, liés à des normes fortes et des contraintes socio-culturelles marquantes, ce qui veut dire qu’ils n’ont pas toujours conscience de ce qui les dirige. Et s’ils peuvent se débattre avec leurs choix de vie, ceux-ci doivent rester cohérents avec les préjugés de la période (et le joueur appréciera le fossé culturel et la façon dont la pression d’un groupe social s’exerce sur l’individu).

Les joueurs devront composer avec le rythme lent de la vie au début du XIXe siècle dans la campagne anglaise. Côté maîtres, ils auront à gérer parfois l’ennui de leur personnage, que ce soit en contemplant le feu ou en s’occupant à des petites choses triviales comme lire une poésie, broder parler de l’état des routes ou encore écrire une lettre. Côté domestiques, ils auront à gérer le fait d’être tout le temps physiquement occupés aux corvées et tâches de leur emploi du temps de service, tout en jouant malgré tout.

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Comment travaillez-vous ? Avez-vous une méthode d’écriture ? Écrivez-vous vos fiches dans votre coin ? Quelle est votre méthode, telle que vous l’expliqueriez à un nouveau venu dans l’équipe ?

Nous avons une méthode de fonctionnement relativement simple : nous nous réunissons pour lancer des idées de personnages et de ce qui peut leur arriver dans un espace-temps précis. Nous déterminons le nombre de personnages et remplissons deux tableaux.

Le premier est une liste de personnages pour laquelle il faut ensuite remplir les colonnes “âge/naissance”, “archétype”, “occupation/métier”, “caractéristiques psychologiques”, “origine”, “vécu”, “motivations, “objectifs”, ‘intrigues avec quels autres personnages”, “objets de jeu”, “place au début du jeu”.

Le second tableau est une bête time-line chronologique qui nous permet d’associer les évènements marquants des vies des personnages et les évènements historiques pouvant impacter le jeu (lois, changements sociaux, évènements politiques, etc) ; de voir où en sont les personnages les uns par rapport aux autres à tel moment.

Une fois ce travail fait, nous nous répartissons les fiches, suivant nos envies. C’est l’avantage de ne travailler qu’à deux, en se connaissant très bien et en ayant les mêmes références culturelles. Dans chaque fiche, nous indiquons les données techniques en haut, suivies d’une citation et d’une image synthétisant le personnage ; puis nous établissons un “squelette” : les dates-clés du personnage sont reportées chronologiquement avec quelques mots résumant l’enjeu à chaque entrée, comme une sorte de journal de bord. Vient ensuite la rédaction, qui est facilitée par ce système (et par l’écoute d’une bande originale élaborée à partir de morceaux marquants des films et séries ayant inspiré le SWRD), une fiche de sept pages peut ainsi être écrite (premier jet) en deux heures.

Nous travaillons sur google drive donc au fur et à mesure de l’écriture des fiches, nous lisons les fiches l’une de l’autre ce qui nous permet de recadrer et adapter les fiches suivant les relations des personnages entre eux, pour limiter les bugs.

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Logistiquement, c’est un challenge ? Pourquoi ce site de jeu, ces décors ? S’il y a des règles de jeu spécifiques, qu’apportent-t-elle au jeu ?

Il y a en fait deux jeux : l’un a a lieu dans un salon (que nous appelons le “Gentry”), l’autre a lieu dans une cuisine (nommé le “Servants”). Les deux sont en parallèle, dans le cadre d’une soirée tranquille entre connaissances et voisins, sans bal ni dîner assis. Il y a peu d’interactions ni d’échanges d’informations importantes entre les deux par respect de l’authenticité historique et pour permettre aux joueurs ayant joué le Gentry de jouer le Servants sur une session ultérieure.

Bien sûr, les “maîtres” utilisent les “domestiques” suivant les codes de l’époque (service, demande), et les deux groupes se déplacent dans la maison dans les limites autorisées de son statut social, ils peuvent aller au jardin, les “maîtres” passent la soirée dans le salon, le boudoir, etc. ; les “domestiques” travaillent dans les communs à différents endroits (cuisine, office, salon, chambres, etc.).

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Si c’est important et spécifique, pourquoi ce format (nombre de joueurs et durée de jeu) ?

Le format est globalement classique avec une dizaine de personnages pour chacun des deux pendants. Le jeu se déroule environ entre 16h et minuit. Il est précédé d’ateliers pendant environ 2h, sur le contexte du jeu, les convenances, le rythme (gestion de la parole et de l’interaction sociale de l’époque : la conversation de l’époque Régence donc la gestion des propos anodins et l’utilisation du silence),  les souvenirs et les relations entre les personnages.

S’il y a eu des sessions avant celle-ci, quelles ont été leurs qualités, leurs défauts ? Qu’est-ce qui a changé sur cette autre session ?

La version “complète” du jeu n’a pas encore été jouée : pour l’instant, nous avons organisé quatre sessions du Gentry pour voir si nos idées plaisent et fonctionnent, histoire de nous rassurer comment c’était notre première organisation et écriture de GN. Sur les trois premières sessions, le jeu a globalement tourné de la même façon.

Par ailleurs, le jeu se joue “à la chandelle” une fois la nuit tombée, ce qui peut est problématique pour trouver un site à louer (assurance, sécurité). La dernière session, nous avons donc tenté les chandelles à led, ce qui a été un désastre niveau luminosité, heureusement que nous avions pris le stock de vraies bougies au cas où…

Sur cette quatrième session, il y a eu des différences marquantes, inhérentes en grande partie au changement de site (une maison différente, ce qui a modifié le placement de début de jeu), des incompréhensions de l’univers et sans doute un briefing trop insistant sur les limites.

Un des grands enjeux consiste justement à respecter les “frustrations” de ces normes et à jouer avec, quand les respecter, quand les transgresser comme une personne de l’époque y serait confrontée, ce qu’il faut essayer de transmettre clairement aux joueurs : par exemple, si je ne peux parler directement à une personne pour des raisons de convenance, je vais peut-être utiliser un messager ou écrire un petit mot ou faire des sous-entendus en parlant d’autre chose…
Nous voulions ensuite utiliser ce jeu pour tester différentes choses, la première étant cette idée de dédoubler le jeu – à partir de la session VI – et d’avoir ainsi deux groupes, Gentry et Servants, évoluant en parallèle pour reproduire le fossé social des classes et tester s’il était possible d’avoir l’intégralité des maîtres et des domestiques en PJ (donc en roue libre, sans PNJ).  Le rythme de jeu des maîtres se régule par l’observation des convenances (silences et conversations broderies) alors que celui du jeu des domestiques par le fait de jouer “les mains occupées” à des tâches.

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La deuxième idée était d’inverser un jeu historique (les femmes sont jouées par des joueurs et les hommes sont jouées par des joueuses) – ce que nous allons essayer dans la session V – pour expérimenter toujours les conditions et les pressions socio-culturelles mais cette fois de l’autre genre, dans un but réflexif bienveillant. Nous avons eu tout juste le nombre de personnes pour essayer cette version inversée sur la prochaine session, donc il y a peu de chances que cela soit retenté.

Dans les deux cas, nous avons un peu peur que tout foire mais il faut bien expérimenter…


Pour cette session, qu’est-ce que vous espérez, que diriez-vous à vos joueurs pour être sûrs qu’ils comprennent bien votre volonté ?

La session V est donc la session inversée. Le sujet de cette session n’est pas la transformation – toute la préparation du travestissement se fait en amont du jeu – mais bien les pressions sociales et les conditions culturelles subis par l’un et l’autre genre. Le but de cette session inversée est d’expérimenter cette aliénation vécue par l’autre genre que le sien dans une société passée.


Si on devait parler de votre jeu dans une critique sur Electro-GN, quel serait le meilleur angle d’attaque ? De quel aspect de votre jeu devrait-on parler avant tout ?

C’est un jeu hybride, à la fois émotionnel et réflexif, d’ambiance historique (je vous ai dit que l’éclairage était exclusivement à la bougie?), avec un peu de romanesque, un peu d’expérimental… Il n’y a pas de grandes intrigues transversales, ce sont des petites histoires inhérentes aux personnages, personne ne sauvera le monde et votre vie ne changera pas obligatoirement du jour au lendemain.

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Présentez-nous un peu l’asso et son identité !

Tout le monde connaît Rôle voyons… Plus sérieusement, Rôle nous héberge légalement et nous prête du matériel, ce dont nous sommes très reconnaissantes mais ça s’arrête là, nous faisons notre truc seules dans notre coin, et le jeu pourrait s’organiser sans problème chez une autre association. Le vrai problème, c’est de trouver un site qui conviennent, avec deux parties jouables pour les deux pendants, qui “fasse ancien”, sans faire exploser la PAF…


Et vous ? Le groupe des auteurs, qui êtes-vous ?

Saetta et Sioban, jumelles, une en France, une en Australie, pour les auteurs. Nous faisons du gn depuis 2007, comme joueuses, pnj, cuisine et technique et Saetta participe aux conventions de GN comme les Gniales, LaboGN, Knutepunkt. Nous avons plusieurs projets en cours, un GN de 40 personnes, “le Chant du Cygne” sur le monde de Frédéric II de Bavière, un GN de 30 personnes une dystopie Harry Potter punk, ou encore un GN de 20 personnes sur l’entourage de Frida Kalho, et un vieux projet de GN de 10 personnes sur un atelier d’artiste siennois en 1348… Mais nous sommes très attachées au SWRD et nous voulons continuer à nous impliquer à le faire vivre, donc pour le moment, ces écritures avancent en douceur. Quand nous aurons fait jouer la “complète” deux ou trois fois, nous mettrons le jeu à disposition pour des réorganisations par d’autres (en gardant un droit de regard pour garantir l’esprit et filer un coup de main si besoin).

Le SWRD, c’est aussi une aide logistique, photos et PNJ : Bruno, Manue, Pauline, Clairotte, Jérome, Yann.

Il y a d’autres points que vous voulez aborder ?

La fiche questionnaire de pré-inscriptions est ouverte ad vitam : vous remplissez et vous vous retrouvez dans notre base de joueurs. Quand il y a une nouvelle session, nous faisons le casting et contactons les personnes concernées, s’ils ne sont pas disponibles, nous prenons la personne suivante dans la liste des personnes qui “colleraient” sur le rôle en question.

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Liens divers : https://www.facebook.com/gnSWRD/  // http://www.asso-role.fr/phpBB/viewtopic.php?t=5817
Crédits photos : Jérôme, Pauline, Yann

Une réaction à Still Water Runs Deep

  1. Merci pour la présentation. C’est super de construire le GN petit à petit en testant différentes parties.

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